Auparavant, le manager était perçu de facto comme un leader. « Sa position hiérarchique et ses responsabilités lui conféraient automatiquement certains attributs : le pouvoir, l’autorité et la légitimité auprès des équipes », explique Vanessa Marcié. Cependant, aujourd’hui, les deux ne vont plus forcément de pair. Le manager porte la dimension opérationnelle de l’entreprise, tandis que le leader incarne une vision inspirationnelle. Les équipes obéissent à un manager parce qu’un lien contractuel les y oblige, tandis qu’elles suivent un leader de manière délibérée parce qu’elles en ont envie. Soit par admiration pour ce que le leader représente, soit par attachement pour les qualités dont ils disposent. « Les équipes aspirent à suivre un leader pour sa personnalité, ses singularités, son humanité », ajoute-t-elle. Voici des astuces pour gagner la confiance des équipes et passer progressivement de la posture de manager à celle de leader.
1. Être à l’écoute des équipes
De manière formelle ou informelle, le manager a tout intérêt à écouter régulièrement ses collaborateurs. Ces temps d’échanges lui permettront notamment de comprendre les motivations et les besoins de chacun d’eux. Il pourra ainsi réajuster les objectifs si nécessaire ou leur proposer des conditions de travail adaptées à leurs contraintes personnelles (télétravail, flexibilité des horaires, etc.) « L’erreur serait d’appliquer des standards managériaux sans distinction aucune, en étant persuadé que tout le monde fonctionne de la même manière. Or, l’autre n’est pas soi et nous ne sommes pas les autres », précise l’autrice. De cette écoute peut découler un dialogue constructif ainsi que la mise en place de solutions durables.
2. Savoir les valoriser régulièrement
Le manager doit également faire preuve d’humilité en se mettant en retrait. Une posture visant à valoriser régulièrement ses équipes. « Il peut, par exemple, être le dernier à parler en réunion afin de laisser ses équipes s’exprimer. S’il donne ses idées en premier, il peut être certain qu’une majorité de collaborateurs vont se rallier à son avis dans le but de ne pas le contrarier. Les échanges seront biaisés dès le départ », poursuit-elle. La valorisation passe aussi par des marques de reconnaissance pour le travail accompli. « La revalorisation salariale n’est pas la première des motivations professionnelles pour tout le monde. De nombreux autres leviers existent et nécessitent, une fois encore, de bien connaître ses collaborateurs. »
3. Reconnaître ses erreurs
Là encore, le manager peut faire preuve d’humilité en reconnaissant ses erreurs devant ses équipes. « Ce serait illusoire de leur laisser penser qu’il est parfait, qu’il réussit tout du premier coup », souligne l’autrice. Reconnaître ses erreurs participe à prendre ses responsabilités, à faire preuve de sincérité, voire à se rendre attachant auprès des équipes. « Il y a plus de chances de tisser un lien étroit avec une personne qui dévoile ses vulnérabilités que quelqu’un d’intouchable qui semble n’être affecté par rien », pense-t-elle.
4. Ne pas sanctionner celles des autres
En cascade, il semble logique que le manager ne sanctionne pas non plus les erreurs de ses équipes. Au contraire, mieux vaut comprendre ce qui a conduit à ses résultats erronés afin de ne pas les réitérer par la suite. Le manager se place alors davantage dans une posture de pédagogie où il explique et aide ses salariés à s’améliorer. En cela, il participe à créer un climat de sécurité psychologique. « Si le manager se montre intransigeant, il peut être certain que ses équipes lui dissimuleront la vérité. A l’inverse, s’il est compréhensif, il encouragera ses collaborateurs à innover, à prendre des risques, à oser s’affirmer », dit-elle.
5. Savoir dire « non » à sa hiérarchie
Enfin, parmi les postures favorisant le leadership chez un manager, on retrouve le courage. Celui de prendre des risques pour ses équipes en s’opposant à sa propre hiérarchie. Notamment lorsque la charge de travail est trop élevée et que le manager sait que ces dernières ne seront pas en mesure de l’absorber. « Prendre la défense de ses équipes est un moyen très efficace pour gagner leur confiance », a-t-elle déjà observé. Ou bien, quand le manager fait lui-même face à un problème d’ordre éthique. Lorsque les décisions prises par la direction vont à l’encontre de ses valeurs personnelles. « La fonction managériale devrait être choisie pour les bonnes raisons. Elle devrait presque être vécue comme un sacerdoce. Une vocation viscérale que l’on retrouve chez les chirurgiens ou les pompiers », estime l’autrice.
Pour conclure, Vanessa Marcié tient à souligner que le leadership peut être situationnel. Un leader ne l’est pas forcément tout le temps et en toutes circonstances. « Le leader peut notamment se révéler dans les moments difficiles, lorsqu’il est capable de rassurer ses pairs et de solutionner les crises« , conclut-elle. Adopter cette posture peut prendre du temps. Mais, une chose est sûre : elle ne se décrète pas. Elle s’obtient.