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Épargne : Comment investir selon son âge ?

Aux différents âges de la vie, on n’a pas les mêmes revenus, ni les mêmes besoins et priorités, ni le même horizon de placement. Il en résulte des choix différents, au service d’une stratégie évolutive et adaptée à chaque tranche d’âge.

Si chaque épargnant présente un profil d’investisseur singulier, on peut néanmoins dégager des préoccupations relativement communes à tous, liées à leur tranche d’âge.

Épargner au plus tôt

Malek Ziane, dirigeant de Noun Partners, société de conseil financier indépendante pour les particuliers, propose justement une approche de l’investissement par tranche de vie. Selon l’expert, il est judicieux de commencer à épargner tôt afin de « bénéficier de l’effet boule de neige des intérêts composés ». Son expérience professionnelle lui a hélas aussi donné l’occasion de constater, au travers de décès prématurés de clients, qu’il n’est jamais trop tôt non plus pour prendre des dispositions permettant de protéger ses proches.

Dès la naissance

Chaque parent peut avoir à cœur d’épargner pour son enfant, et ce dès sa naissance. À cet effet, divers placements existent : livret A, compte épargne logement (CEL), plan épargne logement (PEL), livret d’épargne bancaire, assurance-vie, plan d’épargne avenir climat (PEAC). À partir des 12 ans de l’enfant, il est également possible d’ouvrir un livret jeune. En plaçant sur ces divers supports des sommes d’argent plus ou moins régulières et conséquentes, même 30 euros chaque mois, vous dotez votre enfant d’une épargne dont il pourra disposer à sa majorité au gré de ses besoins (passer son permis, financer ses études, louer, voire acheter un logement…). Libre à lui d’investir ensuite, à son tour, l’épargne accumulée dans de nouveaux supports de placement.

En début de carrière : poser les fondations

Entre 20 et 35 ans, selon Malek Ziane, il convient en premier lieu de se doter d’une épargne de sécurité, via, par exemple, des livrets, comme le livret A ou le livret de développement durable et solidaire (LDDS). Après quoi, on s’efforcera de poser les bases d’un patrimoine à long terme, « en évitant par ailleurs de contracter des dettes coûteuses comme le crédit à la consommation », conseille-t-il.

Être un jeune investisseur offre l’avantage d’avoir un horizon de placement long et de pouvoir ainsi prendre plus de risques. « Il faut cependant être attentif à l’appétence au risque de l’investisseur, souligne le professionnel. Si celui-ci y est réticent, il vaut mieux ne pas lui proposer de placements en Bourse. Dans le cas contraire, on pourra proposer des ETF (fonds indiciels cotés), un plan d’épargne en actions (PEA) ou encore de l’assurance-vie multisupports. »

Christophe Decaix, associé fondateur de 2B Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine, confirme, lui aussi, la nécessité de solutions adaptées au profil de risque de l’investisseur : « Un PEA PME s’adressera aux profils dynamiques. Dans ce cadre, vous pouvez souscrire du private equity, très intéressant en termes de rendement. Mais il s’agit là d’un placement de diversification ; aussi, il ne faut y placer qu’une part de son épargne et avoir la capacité de laisser celle-ci investie entre 6 et 10 ans, soit un horizon à moyen-long terme. »

Contrairement à leurs aînés, les jeunes ont aujourd’hui des doutes quant à leurs chances de bénéficier de la retraite par répartition. Aussi, nombre d’entre eux songent d’ores et déjà, à ce stade de leur vie, à préparer leur retraite par capitalisation en souscrivant un plan d’épargne retraite (PER). « Mais cette solution est recommandée pour des jeunes imposables dans une tranche marginale supérieure à 41 %, nuance Malek Ziane. Ils pourront ainsi réduire leur impôt en déduisant leurs versements sur le PER dans certaines limites. » À noter que souscrire un PER suppose par ailleurs d’être en mesure de bloquer une part de son épargne sur un temps long.

Christophe Decaix pense, lui aussi, qu’il ne faut pas être obnubilé par l’avantage fiscal du PER : « En revanche, il faut se projeter dans l’avenir afin de définir quels placements, au sens large, seraient judicieux dès maintenant afin de récupérer l’épargne accumulée à la retraite, sans fiscalité, ou du moins avec une fiscalité réduite. »

35-45 ans : des responsabilités accrues

Passé 35 ans, nombre de personnes fondent une famille. C’est l’âge où les responsabilités s’élargissent. On progresse généralement dans sa carrière, avec une augmentation de ses revenus à la clé. Si l’on a des enfants, on peut commencer à penser aux moyens de financer leurs futures études. C’est le moment de constituer et/ou de structurer un patrimoine immobilier, notamment en achetant sa résidence principale, ou encore en investissant dans l’immobilier locatif ou des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). Cette dernière solution offre de fait divers avantages, comme un ticket d’entrée abordable et la possibilité de miser sur la pierre sans en subir les inconvénients (risque de vacance mutualisée, pas de gestion locative…).

« L’achat de sa résidence principale est un premier objectif fréquent, intervient Christophe Decaix, mais cela dépend des projets de vie, notamment professionnels ; par exemple, si l’on envisage de partir travailler à l’étranger dans les trois ans, ce ne sera pas forcément une bonne idée, à moins de louer alors son logement en meublé, ce qui suppose qu’il y ait un marché. » Quant à la souscription de parts de SCPI, elle peut être opportune lorsqu’on a une somme à placer, « par exemple à la suite de la vente d’un bien immobilier », précise Christophe Decaix, « ou de la perception d’un héritage ou d’une prime, l’idée étant qu’il faut pouvoir laisser cette somme bloquée sur au moins 8 à 10 ans ». « On peut par ailleurs diversifier son portefeuille en actions, obligations et fonds thématiques », reprend Malek Ziane.

45-55 ans : des revenus stabilisés

À mi-chemin de la vie, vers 45-55 ans, selon l’expert, les revenus sont stabilisés, les engagements financiers sont importants (remboursement de crédits…). Il est temps « d’ajuster ses placements en fonction de ses objectifs et de réfléchir plus précisément à sa future retraite ». « Les revenus étant plus conséquents, on pourra augmenter ses versements sur le PER, indique le conseiller financier, ce qui présente le double avantage d’augmenter ses futurs revenus à la retraite tout en diminuant ses impôts actuels. On aura également intérêt à investir dans des actifs stables pour limiter l’exposition au risque, comme des fonds obligataires. On peut de même commencer à planifier sa succession via le démembrement de propriété (nue-propriété et usufruit) ou l’assurance-vie. »

À cette période de la vie, il peut aussi survenir des séparations, des divorces, et les familles se recomposent. « Le recours au testament est une solution intéressante afin de prévoir à qui iront tel ou tel bien et protéger un conjoint ou des enfants. L’assurance-vie, ou encore le démembrement de propriété, sont de même des options à ne pas négliger », souligne Malek Ziane.

55-65 ans : l’activité professionnelle diminue

Le moment est venu de finaliser la préparation de sa retraite et d’optimiser ses revenus de manière à s’assurer un niveau de vie confortable une fois que l’on aura cessé son activité professionnelle, mais aussi d’affiner sa stratégie successorale. « Pour ce faire, on pourra renforcer les investissements en SCPI, reprend le professionnel, ainsi que sur des fonds obligataires. Quant à la transmission du patrimoine, on peut la planifier via l’assurance-vie et le démembrement de propriété. Il est également temps d’ajuster les dépenses au regard des revenus afin d’éviter les mauvaises surprises au moment de la retraite. »

65 ans et plus : commencer à transmettre

Les épargnants de cette tranche d’âge ont besoin de simplifier la gestion de leur portefeuille, notamment en continuant de renforcer les investissements en SCPI de rendement et les fonds obligataires, comme indiqué précédemment. On peut de même « explorer les rentes viagères », conseille Malek Ziane : « On a en tout cas intérêt à limiter les actifs complexes et à privilégier des solutions simples qui permettent de s’assurer des revenus passifs stables. » Le temps est également venu de commencer à transmettre. À cette fin, on peut ajuster les dispositifs mis en place — testament, assurance-vie, démembrement de propriété — afin de minimiser les droits de succession. « Dans tous les cas, il faut veiller à conserver une réserve de liquidités, rappelle l’expert, pour être en mesure de faire face aux imprévus. »

On peut procéder à des dons à ses enfants afin de profiter des abattements : pour mémoire, chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 euros à chacun de ses enfants sans droits de donation sur une durée de 15 ans. À noter que cet abattement de 100 000 euros peut être utilisé en une ou plusieurs fois au cours de cette période. Et si l’abattement n’est pas entièrement utilisé lors d’un premier don, on pourra utiliser le solde jusqu’au terme de cette même période. Si l’on a des petits-enfants, on peut de même leur consentir des dons sans droits de donation dans la limite de 31 865 euros pour chacun.

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