Louis-Maxime Nègre - DRH Sopra Steria
Management

Louis-Maxime Nègre, DRH de Sopra Steria : « Le manager d’aujourd’hui est un architecte du collectif »

Face aux multiples défis, notamment technologiques, que soulève cette décennie, les grandes entreprises du CAC 40 et du SBF 120 se positionnent souvent en pionnières en matière d’innovation. Ces changements entraînent le renouvèlement des pratiques managériales. Voici ce que propose Sopra Steria, groupe spécialisé en transformation numérique des entreprises (5/6).

Le monde du travail, et plus précisément des entreprises, n’a jamais cessé de se réinventer au gré des époques. Cependant, l’arrivée massive des nouvelles technologies a considérablement accéléré le rythme de ces changements. » L’intelligence artificielle va continuer de redessiner les frontières du management. Elle va repositionner la valeur humaine au travail. Le rôle du manager sera beaucoup plus tourné vers le collectif », explique Simon Péneau, professeur en management et RH à Paris School of Business.

Si 70 % des RH, interrogés dans une étude de Cegos, publiée en avril 2026, estiment que cet outil sera en tête des transformations dans les deux prochaines années, d’autres sujets viendront également modifier les relations managériales : la prise en compte de la santé mentale, l’évolution démographique ou encore la transition écologique. Voici ce que propose Sopra Steria.

Donner du sens

“Nous sommes l’un des leaders sur le marché du numérique en Europe. Nous évoluons dans un contexte qui a été marqué pour la première fois par de la stagnation, voire de la décroissance, ces deux dernières années. Nos managers se sont retrouvés dans une situation qu’ils ne connaissaient pas jusqu’à présent. Il était nécessaire de s’adapter et de repenser nos pratiques managériales en profondeur. Dans les années de folle croissance, il est facile d’oublier l’un des éléments clés du management : donner du sens.

Quand le contexte se tend, le rôle du manager change de dimension. Son rôle de guide redevient indispensable pour donner du sens aux actions collectives. Il doit comprendre la nouvelle orientation du projet du groupe afin de se l’approprier et de la diffuser. Pour les équiper en conséquence, nous leur expliquons régulièrement le contexte et la manière pragmatique pour y faire face.

Se pose ensuite la question de comment le manager doit incarner le projet du groupe et le relayer auprès des équipes. C’est une fonction sensible dans les périodes de changements. Il faut redonner aux managers une capacité d’influence et d’action. Dans le même temps, nous avons replacé l’accompagnement de la carrière des collaborateurs au cœur de la fonction managériale.

Aujourd’hui, bien piloter son périmètre ne suffit plus. Il s’agit de connaître et de partager les opportunités de mobilité interne. À l’échelle globale, ce partage nous assure une meilleure agilité des compétences dans l’entreprise – condition indispensable dans un monde qui change rapidement.

Le manager d’aujourd’hui est un architecte du collectif qui sait repérer les talents, les mettre en mouvement et leur donner une direction qui fait sens. Nous avons besoin de managers capables de servir les intérêts globaux de l’entreprise. Ce changement de paradigme est extrêmement important.”

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