Management

Leadership : comment faire évoluer sa posture managériale efficacement

Le management traditionnel ne suffit plus à mobiliser les équipes. Entre quête de sens, besoin de reconnaissance et exigence de performance, les managers doivent revoir leur posture. Comment devenir un leader aligné, inspirant et efficace ? Les clés de Delphine Zanelli, experte en leadership et autrice de "100 jours pour révéler votre leadership" (Vuibert).

Le métier de manager n’a jamais été aussi exigeant. Nombre de professionnels, notamment parmi les nouvelles générations, expriment des réticences à endosser ce rôle. Stress, surcharge de travail, isolement, manque de reconnaissance : la fonction apparaît plus comme un fardeau qu’une promotion.

Pour Delphine Zanelli, le problème n’est pas tant la fonction que la posture managériale. « On donne souvent des outils aux managers, mais on ne les aide pas à travailler sur leur posture. C’est pourtant elle qui redonne du plaisir, de l’impact et de la performance ». Et de distinguer : « Être manager, c’est mon rôle, ma fiche de poste. Être leader, c’est la posture que je choisis dans ce poste. C’est en travaillant cette posture (plus humaine, consciente, alignée) que les managers retrouvent du sens et donnent envie à d’autres de s’engager. »

L’équilibre des paradoxes : autonomie et cadre

Le leadership moderne fait face à un paradoxe : des collaborateurs qui revendiquent plus de liberté, tout en réclamant un cadre plus clair. « Il y a une épidémie de non-reconnaissance existentielle. Les collaborateurs veulent être vus, compris, considérés dans leur singularité », constate Delphine Zanelli. L’entreprise devient un lieu de quête de sens, qui ne peut plus reposer que sur les « process ».

Face à cela, la tentation du contrôle est forte, mais contre-productive. « Le leadership basé sur le contrôle ou la peur ne fonctionne plus », tranche-t-elle. L’enjeu n’est pas d’enfermer, mais de structurer : « L’attente première des collaborateurs, c’est d’avoir un cadre et une vision claire. Plus ils demandent de liberté, plus il faut leur donner un cadre fort. C’est paradoxal, mais fondamental. »

Une méthode en quatre étapes pour ajuster sa posture

Pour aider les managers à faire évoluer leur posture, Delphine Zanelli propose une méthode en quatre étapes :

  1. Identifier
    Il s’agit d’abord de repérer les moments où l’on se sent pleinement engagé, utile, vivant, légitimes : « ces instants sont révélateurs d’un leadership authentique et naturel ».
  2. Cartographier
    Deuxième étape : analyser ses forces, mais aussi ses fragilités. « Quand on a bien identifié nos vulnérabilités, on peut en faire une force, en mettant en place des stratégies pour ne pas tomber dedans », explique Delphine Zanelli. Et d’ajouter : « Il faut accepter qu’une qualité puisse devenir une faiblesse ». Une authenticité excessive peut blesser ; une trop grande bienveillance sans exigence peut devenir une vulnérabilité. « Il faut avoir des convictions, tout en restant très ouvert. C’est une question d’équilibre. »
  3. Amplifier
    Une fois ces repères identifiés, il s’agit de reproduire plus souvent ces postures ajustées. « La simple prise de conscience de sa posture permet déjà de l’ajuster », souligne Delphine Zanelli.
  4. Ritualiser
    Enfin, il faut ancrer ces changements dans le quotidien par des rituels. « La discipline, c’est la liberté. Il faut créer des rituels pour ancrer ce nouveau leadership », insiste-t-elle. Il peut s’agir de rituels personnels, mais aussi collectifs, « de feedback, d’écoute ».

Exigence, altérité, vulnérabilité : un équilibre subtil

Cette posture d’impact repose sur un équilibre subtil entre bienveillance et exigence, authenticité et altérité, écoute et conviction. « La bienveillance sans exigence devient du laxisme. L’authenticité sans altérité peut blesser. L’écoute sans conviction n’inspire pas. Et inversement, résume Delphine Zanelli. Le rôle des managers est de faire grandir les collaborateurs. Pour cela, il faut commencer par grandir soi-même. »

Pour faire évoluer son leadership, attention en outre à ne pas le faire d’une façon trop solitaire. « Bien souvent, les managers sont très seuls, et ne mobilisent pas leur entourage de manière stratégique ». Delphine Zanelli recommande de s’entourer de mentors, d’un cercle de pairs, et d’« expandeurs » ; des personnes « inspirantes que l’on observe de loin, et qui montrent la voie ».

Ajuster sa posture nécessite aussi une auto-observation régulière. « On ne peut pas être leader sans être hyper discipliné », explique Delphine Zanelli. Elle recommande des rituels personnels, comme un point hebdomadaire de 30 minutes sur sa posture : « Ce temps de recul permet d’ancrer durablement le changement. »

Vers un leadership incarné, relationnel et évolutif

Le leadership ne repose plus sur le titre. « Le pouvoir, c’est ce que confère le poste. Le statut, c’est ce que les autres vous reconnaissent. Et ce statut ne s’impose pas », explique Delphine Zanelli.

Certains managers ne sont pas écoutés, quand d’autres, sans responsabilité hiérarchique, sont suivis. C’est cette influence, bâtie sur l’impact et la clarté, qui compte. « Ce qui inspire, ce n’est pas la toute-puissance, mais l’alignement ; les leaders capables de dire non sans blesser, de reconnaître leurs doutes, de poser une vision tout en restant à l’écoute. Ce qui touche, ce sont les leaders capables de partager leurs vulnérabilités, tout en gardant une forme d’exigence. »

Enfin, Delphine Zanelli recommande de ne pas chercher à coller à un modèle de leadership : « Il y a autant de styles que de personnes. » Le vrai enjeu ? Identifier l’impact que l’on souhaite avoir, puis ajuster sa posture en conséquence, dans la durée : « C’est le chemin d’une vie ».


Article initialement publié en juillet 2025, mis à jour et republié en mars 2026.

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