Management

Emmanuel Boulineau, DRH de Point P. : « Une équipe qui n’a pas un bon manager se délite rapidement »

Face aux multiples défis, notamment technologiques, que soulève cette décennie, les grandes entreprises du CAC 40 et du SBF 120 se positionnent souvent en pionnières en matière d’innovation. Ces changements entraînent le renouvèlement des pratiques managériales. Voici ce que propose Saint-Gobain, groupe spécialisé dans la construction durable (3/6).

Le monde du travail, et plus précisément des entreprises, n’a jamais cessé de se réinventer au gré des époques. Cependant, l’arrivée massive des nouvelles technologies a considérablement accéléré le rythme de ces changements. « L’intelligence artificielle va continuer de redessiner les frontières du management. Elle va repositionner la valeur humaine au travail. Le rôle du manager sera beaucoup plus tourné vers le collectif », explique Simon Péneau, professeur en management et RH à Paris School of Business.

Si 70 % des RH, interrogés dans une étude de Cegos, publiée en avril 2026, estiment que ce nouvel outil sera en tête des transformations dans les deux prochaines années, d’autres sujets viendront également modifier les relations managériales : la prise en compte de la santé mentale, l’évolution démographique ou encore la transition écologique. Voici ce que propose Saint-Gobain Distribution Bâtiment France.

Mettre en place une auto-évaluation managériale

“L’intuition que nous avions depuis de nombreuses années s’est confirmée : la performance économique dépend de la performance managériale. Il n’y a pas un fait générateur d’innovation, mais une cohérence globale. Nos pratiques de management comportent six dimensions (bienveillance, exigence, valorisation, assertivité, vision partagée, développement) avec ce que l’on attend de nos managers et comment cela s’exprime de manière pragmatique dans leur quotidien. Tous les managers bénéficient d’une “formation socle” de deux jours pour apprendre à manager dans un contexte de co-construction. Pas de théorie ou de PowerPoint, mais des mises en situation théâtralisées. L’objectif est de travailler de manière très concrète sur les comportements.

Structurellement, nous avons aussi instauré trois niveaux d’évaluation managériale. Les managers N+1 évaluent leurs managers une fois par an lors de l’entretien annuel. De leur côté, les managers s’auto-évaluent afin de connaître les dimensions qu’ils maîtrisent et celles qu’ils maîtrisent moins. Ils continuent de recevoir des formations en fonction des points à améliorer. Enfin, notre enquête de satisfaction interne et annuelle nous permet à travers 90 questions de récolter des indices sur la qualité managériale.

Plus les collaborateurs sont heureux au quotidien, plus nous en déduisons qu’ils ont un bon manager. Cela signifie que ce dernier maîtrise les six dimensions. Une équipe qui n’a pas un bon manager se délite rapidement. Les meilleures équipes obtiennent les meilleurs résultats grâce au meilleur management.”

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