IA et management enjeux 2026
Entreprise

IA : les 4 enjeux clés qui attendent les managers en 2026

Plus les compétences digitales attendues en entreprise seront élevées, plus ses acteurs devront développer des compétences humaines notables. C’est le grand paradoxe de l’intelligence artificielle ! Et, une fois encore, les managers vont se retrouver en première ligne de ce changement. D'après Rony Germon, enseignant-chercheur à la PST&B, voici quatre enjeux qui en découlent.

1. Maîtriser l’outil

Dans un premier temps, le manager doit comprendre comment utiliser l’IA. Il pourra ainsi en identifier les bénéfices pour lui et pour ses équipes. Maîtriser l’IA revient également à appréhender les enjeux qui gravitent autour. « Le travail du manager est titanesque », reconnaît Rony Germon, enseignant-chercheur à la PST&B, école spécialisée dans les métiers de la tech et du management. D’un point de vue réglementaire, par exemple, il s’agit de s’informer régulièrement sur les évolutions de l’AI Act. Ce cadre juridique — adopté par le Conseil de l’Union européenne (UE) en mai 2024 — vise à encadrer l’utilisation de l’IA dans tous les États membres d’ici à août 2026. L’enjeu sécuritaire, lui, consiste à sensibiliser les équipes afin d’éviter la diffusion de données internes sensibles à l’extérieur de l’entreprise. Vient ensuite l’enjeu éthique. Objectif ? Ne pas reproduire les discriminations existantes dans la vie réelle, comme les inégalités entre les femmes et les hommes, l’homophobie, le racisme, etc. Enfin, l’enjeu environnemental consiste à « garder à l’esprit que l’IA est très énergivore. Il faut l’utiliser uniquement si nous en avons vraiment besoin », précise le spécialiste.

2. Adapter la stratégie

Au-delà de la maîtrise de l’intelligence artificielle et de son environnement, le manager doit l’intégrer efficacement dans le quotidien professionnel de ses équipes. Il peut être amené à redéfinir la stratégie, les priorités et les objectifs, mais aussi à réinventer la manière de travailler et les relations interpersonnelles, afin de répondre à de nouveaux défis. « Le manager doit se poser les bonnes questions pour intégrer l’intelligence artificielle, la faire adopter et anticiper l’avenir. Car, désormais, rien n’est définitif, tout peut évoluer très vite ! Le manager ne déploie pas seulement un outil supplémentaire, il mène une véritable gestion du changement », affirme Rony Germon. Optimiser les tâches revient aussi à estimer que le recours à l’IA n’est pas toujours nécessaire. « L’usage de l’IA doit rester pragmatique. Certains perdent parfois plus de temps à formuler leur demande à l’IA, plutôt que de le faire aussi efficacement par eux-mêmes », note-t-il.

3. Valoriser l’humain

Si 84 % des dirigeants estiment que la maîtrise de l’intelligence artificielle sera la compétence clé à acquérir d’ici à 2035, d’après l’étude de Robert Half dévoilée en juillet 2025, ils ont conscience que ce ne sera pas suffisant. Cette transformation entraînera inévitablement une redéfinition des compétences comportementales. En effet, dans un monde du travail où le numérique prend une place considérable, le manager devient « un gardien du sens », comme jamais auparavant, poursuit Rony Germon. « Avant, on cherchait un manager très bon techniquement. Le but premier, si ce n’est le seul, était la croissance de l’entreprise. Désormais, ces compétences peuvent être sous-traitées ou déléguées. Le manager doit surtout donner du sens au business », complète Sophie Hauret, spécialiste en chasse de tête chez Robert Half. Parmi ces qualités, on retrouve : la vision, l’art oratoire, l’esprit critique ou encore l’empathie. Le manager « doit inspirer les autres, en leur faisant comprendre où va l’organisation et pourquoi », développe-t-elle.

4. Garantir l’employabilité

L’IA peut, par ailleurs, « donner l’impression d’être un expert sur tous les sujets. Or, c’est une illusion », constate Rony Germon. Le manager va fréquemment devoir se demander : qu’est-ce qu’être expert en 2025 ? De quels experts l’entreprise a-t-elle besoin ? Comment mes collaborateurs peuvent-ils devenir des experts augmentés ? Le manager est supposé connaître le profil de ses collaborateurs. Il est le mieux placé pour déterminer qui a besoin de monter en compétences, et à quel moment, afin de répondre aux besoins de l’entreprise. « L’IA évolue rapidement, ajoute-t-il. Il est préférable de ne jamais perdre le fil. Pour autant, il ne faut pas former les équipes simplement pour les former. Sinon, elles ne s’approprieront pas les nouveaux outils après avoir suivi une formation. » Adopter l’IA va donc autant se jouer dans la technicité de l’outil que dans ses à-côtés. Son dernier conseil ? « Il va falloir apprendre, anticiper, décider, bifurquer et protéger les valeurs de l’entreprise. »

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