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La Gen Z délaisse le télétravail au profit de la flexibilité des horaires

Cet article est issu du dossier "Management intergénérationnel : travailler ensemble malgré nos différences"

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La Gen Z, de plus en plus nombreuse sur le marché du travail, se distingue par bien des aspects de ses prédécesseurs. Cette année encore, le "Baromètre du bonheur au travail vu par les jeunes", publié ce mardi 4 mars, par l'ISC Paris et BVA Xsight, dévoile 3 tendances significatives. Décryptage de Jean-Christophe Hauguel, DG de l'ISC Paris.

Cette année encore, l’une des principales attentes des jeunes actifs français porte sur l’équilibre entre leur vie personnelle et professionnelle (53 % en 2024, contre 51 % en 2022), d’après le « Baromètre du bonheur au travail vu par les jeunes », publié ce mardi 4 mars par le groupe ISC Paris et BVA Xsight. Ils estiment que ce critère participe à leur sentiment de bien-être au travail. À une nuance près ! Pour que cet équilibre vie pro-vie perso reste satisfaisant, l’employeur a intérêt de favoriser la flexibilité des horaires plutôt que le télétravail partiel. 53 % des jeunes interrogés y sont, en effet, plus sensibles (51 % en 2022). Tandis que seuls 27 % préfèrent la seconde option. « Le télétravail n’est pas la formule la plus intéressante pour cette catégorie d’actifs. Ils préfèrent pouvoir partir plus tôt du travail certains soirs, pour aller chez le médecin, au sport, ou partir en week-end », confirme Jean-Christophe Hauguel, DG de l’ISC Paris.

Premièrement, développe-t-il, la plupart de ces jeunes travailleurs n’ont pas les moyens financiers et/ou matériels de télétravailler dans de bonnes conditions. « Soit ils vivent encore chez leurs parents, soit ils vivent dans de très petites surfaces. Ils n’ont pas la possibilité d’avoir un bureau indépendant, ne serait-ce, qu’une chaise ainsi qu’un écran d’ordinateur suffisamment confortables pour y passer la journée ». D’autre part, le télétravail les prive d’interactions sociales au quotidien, ce qui peut accroître leur sentiment d’isolement. « Le télétravail participe à détériorer leur santé mentale, surtout face aux différentes crises que nous traversons, qui les empêchent notamment de se projeter sereinement dans l’avenir », regrette le dirigeant. À noter, qu’au regard du contexte actuel, le salaire est l’un des éléments qui tend à les rassurer.

Enfin, ces jeunes actifs – par définition, en début de carrière – ont conscience qu’ils ont encore de nombreuses connaissances et compétences à acquérir, et cela passe par une présence importante « sur le terrain », ajoute Jean-Christophe Hauguel. « Ils ont besoin d’échanger avec des collaborateurs plus expérimentés, de travailler avec différents profils, d’apprendre les codes de l’entreprise, de développer un sentiment d’appartenance, etc. » Selon lui, lorsqu’ils travaillent à distance, « il y a une baisse de l’engagement et de la motivation pour le travail. Tout l’aspect informel et intelligence émotionnelle se perd en route. »

RSE et intérêt pour le secteur public en net recul

Parmi les autres tendances significatives qui se dégagent de ce Baromètre annuel : l’intérêt porté par les jeunes à la stratégie RSE des entreprises recule, passant de 11 % en 2022, à seulement 6 % en 2024. Leur volonté de contribuer à améliorer le monde dans lequel on vit est, elle aussi, en baisse atteignant les 13 % en 2024. « La préoccupation des jeunes pour ce sujet était très élevée à la sortie du Covid-19. Elle continue d’exister, peut-être à titre plus individuel en dehors de l’entreprise, mais d’autres crises ont pris le dessus. La guerre sur le sol européen ainsi que l’inflation sont des inquiétudes désormais prépondérantes, car plus imminentes à leur yeux », pense le dirigeant de l’école de commerce. En d’autres termes ? « La crise environnementale est devenue une crise comme une autre ! » Le sujet a, par ailleurs, été victime de deux phénomènes simultanés ces dernières années : la banalisation d’une part, et la décrédibilisation d’autre part. Des scandales de « green-washing » de certaines organisations ont entraîné une déception. À ce titre, le critère « valeurs de l’entreprise » recule dans ceux contribuant à leur satisfaction professionnelle.

La troisième et dernière tendance à souligner concerne la perte d’intérêt des jeunes pour le secteur public. Un chiffre qui dégringole à 9 % en 2024 (contre 14 % en 2022). Les petites entreprises ne sont pas non plus épargnées avec 7 % en 2024 (contre 9 % deux ans auparavant). « Les jeunes ne sont pas non plus attirés par les grands groupes, nous l’avions démontré dans nos précédents baromètres. Ils sont nombreux à se tourner vers l’entrepreneuriat ainsi que l’envie de travailler à l’international. Ils ont une très grande ouverture sur le monde. Le reste s’éparpille dans tous types de structures. Mais, ce qui est clair : c’est qu’ils ne veulent pas s’enfermer dans une seule expérience. Ils veulent vivre une multitude d’expériences ! »

Globalement, le Baromètre révèle que leur épanouissement professionnel est satisfaisant (77 %). Les 3 piliers qui y contribuent sont : l’autonomie dans le travail, une bonne ambiance au travail / l’instauration d’un climat sain, et comme indiqué précédemment, un salaire convenable pour bien vivre. La relation qu’ils entretiennent avec leur manager, elle, s’est légèrement dégradée (76 % contre 82 % l’an dernier).

*Le 3ème « Baromètre du bonheur au travail vu par les jeunes », mené conjointement par le groupe ISC Paris et BVA Xsight, publié ce mardi 4 mars 2025, est le résultat d’une enquêté réalisée par Internet, auprès d’un échantillon représentatif de 1051 jeunes français âgés de 18 à 24 ans.

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