Associer les collaborateurs aux performances de l’entreprise
C’est ce que permettent les dispositifs de partage de la valeur, tels que l’intéressement et la participation. Des dispositifs qui constituent à la fois un levier fiscal avantageux pour les employeurs et un facteur clé d’engagement pour les salariés. En effet, trois salariés sur quatre estiment que ces mécanismes sont essentiels à leur motivation, renforçant leur attachement à leur entreprise*.
Depuis le 1er janvier 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés, dès lors qu’elles réalisent un bénéfice net fiscal supérieur à 1 % du chiffre d’affaires pendant trois années consécutives, sont tenues de redistribuer leurs bénéfices. “Une obligation qui concerne 75 000 entreprises en France et près d’1,5 million de salariés”, estime Grégory Siesse. Cependant, le directeur du développement d’Eres, spécialiste en épargne salariale, retraite et actionnariat salarié précise que cette nouvelle obligation expérimentale “ne prévoit ni sanctions ni montant minimum, si ce n’est la sanction des salariés mécontents”. Et de souligner que les PME et ETI peuvent offrir les mêmes avantages que les grands groupes : “Les salariés des plus petites entreprises ne sont pas moins méritants et doivent bénéficier de conditions équivalentes.”
Face à l’inflation, certaines entreprises prennent les devants
Alexis Jubert, président du groupe Seiven, a ainsi mis en place un système d’intéressement depuis cinq ans. Spécialisé dans l’univers du post-mortem, son groupe redistribue chaque année une partie de ses bénéfices à ses salariés, avec un montant moyen de 2 000 euros par an et par salarié, augmenté de 50 % en 2023 grâce à ses bons résultats financiers. “Nous avons fixé le montant de l’intéressement en fonction du résultat dégagé par l’entreprise”, précise Alexis Jubert.
L’objectif ? Récompenser le temps et la valeur ajoutée des collaborateurs appliqués à la performance de l’entreprise.
Un outil de management adapté
Pour Philippe Delerive, associé chez Exponens, l’intéressement est “le mécanisme le plus souple”, car il permet d’adapter les critères de calcul chaque année : “Il revient au chef d’entreprise de définir les règles du jeu.” Il peut être basé sur des critères financiers (CA, résultat, marge) ou qualitatifs (réduction des accidents de travail, satisfaction client, taux de défaut en production, taux de remplissage pour un hôtel ou un restaurant, etc.).
Selon lui, “l’entreprise doit choisir des critères adaptés à son secteur et compréhensibles par les collaborateurs pour les mobiliser autour d’un objectif commun.” Il insiste aussi sur l’importance de la communication interne : “Le chef d’entreprise doit être capable de traduire sa stratégie en indicateurs simples et mesurables et les animer régulièrement.”
L’un des grands atouts de l’intéressement est de mobiliser tous les salariés autour d’un objectif commun et de les responsabiliser. “Avec ce dispositif, les collaborateurs sont plus motivés, car directement liés à la réussite du projet de l’entreprise”, se félicite Alexis Jubert. “C’est un vrai outil de management. Si l’indicateur est bien corrélé, le chef d’entreprise peut communiquer avec ses salariés sur les efforts qu’il reste à faire”, ajoute Philippe Delerive.
Des avantages aussi pour les entreprises
En outre, contrairement à la prime de partage de la valeur (PPV), qui est versée de manière uniforme à tous les salariés, l’intéressement prend en compte plusieurs critères tels que le temps de présence, l’ancienneté dans l’entreprise ou le salaire des collaborateurs. Il est donc perçu comme plus équitable par de nombreux dirigeants.
Dans la pratique, les salariés ont le choix soit de toucher immédiatement leur prime, soit de la placer sur un plan d’épargne entreprise (PEE) ou un plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO), bénéficiant ainsi d’une exonération d’impôt sur le revenu.
Pour l’entreprise, l’intéressement offre également un cadre fiscal attractif, via la possibilité de déduction des primes d’intéressement de leur bénéfice imposable, de l’exonération de charges sociales et de l’exonération du forfait social pour les PME. “Tout le monde est gagnant : les salariés augmentent leur rémunération, et l’entreprise améliore sa rentabilité sans alourdir sa masse salariale”, précise Alexis Jubert.
“S’il n’est pas toujours rentable d’augmenter les salaires, l’intéressement permet d’accroître la rémunération variable tout en optimisant la performance de l’entreprise”, ajoute le chef d’entreprise.
Participation et actionnariat salarié
Autre mécanisme qui permet lui aussi aux entreprises de bénéficier d’une fiscalité attractive : la participation. Si l’intéressement reste facultatif, la participation est, en revanche, obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. Le groupe Seiven, qui a récemment atteint 100 collaborateurs, devra ainsi bientôt mettre en place ce dispositif en complément de l’intéressement.
Moins souple, la participation permet néanmoins, elle aussi, de déduire la participation versée de leur bénéfice imposable, d’être exonéré de cotisations sociales patronales (sauf CSG-CRDS) et du forfait social pour les entreprises de moins de 50 salariés.
Dernière solution en plein essor : l’actionnariat salarié. Il permet aux salariés d’acquérir des actions de leur entreprise, et donc de les impliquer encore davantage dans sa réussite. Pour Grégory Siesse, “l’actionnariat salarié aligne les intérêts entre la direction, les actionnaires et les salariés, tout en créant un état d’esprit collectif et engageant.”
* Source : enquête Opinion Way, mars 2023.