Passer de discours abstraits à des actions concrètes. En voilà une tâche ardue pour les dirigeants qui souhaitent mettre en œuvre une nouvelle stratégie auprès de leurs équipes. « Bien souvent, le déploiement d’une nouvelle vision bloque à tous les étages, car les managers et les équipes n’ont pas été consultés au préalable. Donc, ils restent attachés à leurs vieilles habitudes. Ils résistent », a observé à de nombreuses reprises Vital Jeantet, dirigeant d’Iday, une solution qui accompagne les entreprises dans leurs transformations. Pourtant, « nous devons embarquer nos équipes. Sans elles, la vision que nous produisons n’a aucune valeur », reconnaît Elodie Rambert, directrice générale d’Omeris depuis trois ans.
« Depuis le Covid-19, notre secteur a du mal à attirer et à fidéliser les salariés. Nous nous sommes donc interrogés sur notre modèle managérial et sur la manière dont on pourrait engager nos équipes, améliorer leurs conditions de travail, renforcer les liens », détaille-t-elle. En avril 2025, à l’aide de la solution d’événementiel Iday, l’équipe dirigeante a alors entrepris le projet de réunir les équipes et de recueillir leurs avis : « Nous ne voulions pas être déconnectés de la réalité du terrain. Nous voulions embarquer les managers et nous nourrir des attentes des collaborateurs. » C’est pourquoi, aux côtés de Vital Jeantet, elle leur a proposé un événement « rythmé, ludique et responsabilisant » de deux jours sur leurs sites respectifs, localisés près de Lyon et dans le sud-est de la France. Objectif ? Créer une émulation collective à travers des compétitions (un établissement en affrontant un autre) avec à la clé une récompense à gagner. « Je suis allée remettre en main propre le trophée aux gagnants. C’est gratifiant », se réjouit Elodie Rambert.
Contourner le filtre du manager
Placer les collaborateurs en situation de proactivité est « plus stimulant et efficace » pour s’imprégner et adhérer à une nouvelle stratégie plutôt que « de simplement écouter », assure Vital Jeantet. Autre avantage, d’après lui ? « Le manager ne peut pas filtrer le témoignage des équipes et les équipes ne peuvent pas se cacher derrière leur manager. Pour une fois, le lien entre le dirigeant et les collaborateurs est direct. Cette démarche le rapproche des équipes. Voire l’humanise dans certains cas », souligne le dirigeant d’Iday.
Dans le même temps, lors de cet événement, les équipes ont l’opportunité de faire remonter leurs idées auprès de la direction. Des suggestions en lien avec les thèmes proposés et orientées vers les solutions (pas vers les problèmes). « Cette démarche ne signifie pas que tous les retours seront pris en compte, mais c’est la preuve que nous sommes à l’écoute, prêts à entendre ce qu’ils ont à nous dire. J’ai lu absolument tous les retours de mes équipes. C’est une sorte d’engagement réciproque », lance la directrice générale.
Et que de retours ! Pas moins de 3 200 propositions ont été décortiquées. Parmi elles ? Trois ont été déployées ces derniers mois chez Omeris – ou sont en train d’être déployées, car elles nécessitent du temps et du budget. On retrouve : la « conciergerie des petits bonheurs » afin de favoriser la convivialité au quotidien ; un groupe d’ambassadeurs dans le but de promouvoir l’activité à l’extérieur de l’entreprise ; et enfin, le développement d’un portail numérique performant et ergonomique de sorte à ce que tous les collaborateurs soient informés et aient le même niveau d’informations au sein de l’organisation.
En définitive, organiser un tel événement revient à organiser « un moment tactique dans la vie d’une entreprise. C’est une manière de renouer officiellement avec ses équipes. C’est le coup d’envoi d’une vision stratégique, termine Vital Jeantet. Cela contribue à la mémoire collective de l’organisation. Chacun repart avec un souvenir positif et va pouvoir en reparler avec ses collègues dans les semaines qui suivent. »