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Coronavirus et allocations chômage : la CFE-CGC demande le report de la dégressivité pour les cadres

, par Fabien Soyez

Après la prolongation des allocations pour les demandeurs d’emploi en fin de droit et le report des nouvelles règles de calcul de l’indemnisation chômage, le gouvernement reportera-t-il aussi la dégressivité pour les plus hauts salaires ?

Le 1er mai, la dégressivité de l’allocation chômage pour les plus hauts salaires, mise en place en novembre 2019, devrait commencer à être appliquée. Concrètement, les modalités d’indemnisation tenant compte du niveau de revenu, les salariés de moins de 57 ans qui avaient un revenu du travail supérieur à 4 500 euros bruts par mois verront leur indemnisation réduite de 30 % au début du septième mois d’indemnisation.

Mais face au coronavirus, et après avoir obtenu du gouvernement le report des nouvelles règles de calcul du montant de l’allocation chômage, initialement prévue le 1er avril, les syndicats demandent la même chose pour cette autre mesure, qui devrait toucher plus spécifiquement les cadres.

“Durant la première semaine de confinement, le gouvernement a pris des mesures qui vont dans le bon sens tout en continuant à discriminer la population cadre. Elle augmente encore l’iniquité de traitement entre un chômeur cadre et un chômeur non-cadre. Car l’impossibilité de trouver un emploi face à une économie à l’arrêt est une réalité tout autant pour un cadre que pour un non-cadre”, écrit ainsi la CFE-CGC dans un communiqué.

 

“Une injustice flagrante à l’encontre du personnel d’encadrement”

Pour le syndicat des cadres, “maintenir la disposition de la dégressivité dans le contexte économique, social et sanitaire actuel est, plus que jamais, une ineptie doublée d’une injustice flagrante à l’encontre du personnel d’encadrement.” Il demande donc “solennellement” au gouvernement de reporter l’application de cette mesure “au moins au mois de septembre, afin d’éviter aux cadres concernés une double peine.”

Dans une interview pour Courrier Cadres en septembre dernier, François Hommeril, président de la CFE-CGC, déplorait que les cadres soient “de plus en plus sollicités financièrement, à travers leurs contributions et cotisations diverses, ainsi qu’à travers leurs impôts directs”. Il considérait alors la dégressivité comme une “mesure honteuse et scandaleuse”.

Selon François Hommeril, 42 % des ressources du régime de l’assurance chômage sont “assurées par des contributions assises sur les salaires des cadres”. “On prend donc une mesure contre ceux qui financent le plus, de façon excédentaire, le régime d’assurance chômage”, déplorait-t-il.

 

“La crise touche tout le monde”

“Pour mémoire, l’argument gouvernemental pour justifier la dégressivité était le suivant : ‘comme le taux de chômage de cadres est de 3,5 %, et que les cadres restent plus longtemps que la moyenne au chômage, c’est qu’ils abusent du système’. À de nombreuses reprises, nous avons démontré scientifiquement que ces affirmations étaient fausses et que la dégressivité était inefficace voir nocive pour l’économie. En vain”, constate Camille Allex, juriste en droit social et chargé d’étude sur l’emploi à la CFE-CGC.

“Les premiers cas de dégressivité vont intervenir en mai, pour inciter les cadres au chômage à retrouver plus rapidement un emploi… Retrouver un emploi alors que la France est en quarantaine, que les recrutements sont bloqués, à l’instar des salariés dans leurs domiciles ? Vaste programme ! La crise touche tout le monde”, conclut-il.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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