Zone de confort : cessez de vouloir en sortir, apprenez plutôt à l’exploiter !
Carrière

Zone de confort : cessez de vouloir en sortir, apprenez plutôt à l’exploiter !

Et si la véritable performance durable ne naissait pas dans la pression constante, mais dans la douceur ? Dans un monde du travail qui valorise l’effort à tout prix, Laure Dodier, autrice de « Exploite ta zone de confort » (Eyrolles), propose une alternative : apprendre à mieux travailler, en arrêtant de vouloir toujours se dépasser.

Dans l’imaginaire collectif, rester dans sa zone de confort serait synonyme de stagnation, voire de paresse. Dans ce nouvel épisode de notre podcast « Good Job ! », Laure Dodier déconstruit cette idée reçue : « La zone de confort, c’est une zone neutre d’anxiété, dans laquelle on se sent en maîtrise et en sécurité, ce n’est pas une zone de mollesse. » Et c’est justement cette base stable qui permet de mieux travailler et de préserver sa santé mentale.

Une vision plus humaine de la performance

Sortir de sa zone de confort à tout prix ? Une injonction contre-productive, selon l’experte en slowpreneuriat : « Quand le stress augmente, les performances cognitives baissent. Plus on va limiter le stress à la source, plus on a de chances de faire du meilleur travail. » La recherche d’un confort durable au travail, loin d’être un caprice, devient une condition pour tenir sur la durée. « La recherche de performance tout le temps, cela finit par nous épuiser. » Et si la véritable révolution était là ? Accepter de se sentir bien au travail. Accepter aussi que le confort ne soit pas un luxe, mais une stratégie. « Le mot confort dans le travail, c’est presque antinomique. Pourtant, quand on s’y met, on se rend compte que c’est ça qui donne du bon travail. »

La zone de confort, un levier d’efficacité

L’un des grands malentendus autour de la zone de confort, c’est de croire qu’on y reste par paresse. Mais comme le rappelle Laure Dodier : « Notre zone de confort, on en ressort quotidiennement dans le monde d’aujourd’hui, malgré nous. » Avec un environnement instable, une surcharge informationnelle permanente, et des urgences à répétition, nous sommes déjà régulièrement poussés hors de nos repères. D’où l’importance de se ménager des espaces où l’on peut souffler. « C’est pour ça que je parle de l’exploiter, faire avec plutôt que d’avoir à en sortir, parce qu’on le fait déjà tout le temps. »

Repenser notre rapport à l’effort

Dans cette approche, l’effort reste présent, mais il n’est plus glorifié au détriment de la santé physique et mentale. Il devient mesuré, ajusté à nos ressources. « La valeur n’existe pas uniquement dans l’effort, insiste l’autrice du livre Exploite ta zone de confort (Eyrolles). On nous a inculqué cette idée que ce qui est facile pour nous n’a pas de valeur. C’est faux. » La zone de confort devient alors un espace d’alignement. Un terrain fertile à cultiver : « Être dans sa zone de confort n’empêche pas d’explorer. On peut l’enrichir. La nouveauté peut aussi être confortable pour certains. »

Une posture à adopter… aussi en entreprise

Et les managers dans tout ça ? Ils ont un rôle fondamental à jouer. « Il y a un vrai sujet d’engagement et de rétention, précise-t-elle. Comprendre la zone de confort de chaque membre de l’équipe permet de réajuster les projets en conséquence. » Elle souligne également l’importance de créer un climat de sécurité : « Comment je fais pour me sentir en sécurité financière, mais aussi émotionnelle dans mon travail ? » Loin d’être un détail, cette sécurité est le socle de la performance durable.

Prendre soin de soi pour mieux travailler

Adopter cette posture au quotidien commence par une meilleure connaissance de soi : « Faire le point : quelles sont les tâches qui me donnent de l’énergie ? Celles qui m’épuisent ? C’est ça, la vraie gestion de l’énergie. » Et si on inversait la question : comment le travail peut-il s’adapter à moi ? « Aujourd’hui, on demande aux gens de s’adapter au projet. Il faut faire l’inverse : partir de l’humain, et adapter le projet à ce qu’on a dans l’équipe. C’est une contrainte créative géniale. »

Alors non, rester dans sa zone de confort, ce n’est pas s’endormir. C’est oser ralentir, pour mieux avancer. Et si c’était ça, la véritable révolution au travail ?

2 commentaires

  1. Christophe

    Merci pour cet article.
    D’un coté je suis d’accord avec l’idée de créer un environnement serein pour et avec les employés. Trop de stress réduit considérablement la créativité (solutions, problem solving, innovation).
    Par contre, pousser ses limites est qqc qui élargit cette resistance au stress, et crée de nouvelles idées, perspectives, …
    Mais le plus important, l’employé doit se sentir responsable de créer cet environnement et ne pas laisser ça à la charge de l’employeur.

    1. Laure Dodier

      Bonjour Christophe, cette idée qu’il faut une juste dose de stress pour obtenir quelque chose est bien ancrée, mais néanmoins erronée. Le stress nous focalise simplement sur sa source (c’est son rôle), et la créativité qu’on va avoir dans la recherche de solution va surtout dépendre du jus qu’il nous reste. Ça fonctionne jusqu’à un certain point, simplement parce qu’il nous reste de l’espace mental pour ça, mais qui réduit par ce nouvel ajout de pression. Après j’admets qu’au quotidien on ne se balade pas avec un stressomètre pour savoir où on en est. La chose à retenir je pense c’est que tout ce qu’on peut s’éviter comme stress à la source, y compris dans nos tâches quotidiennes au travail, nous permet d’avoir encore de quoi traverser les difficultés. Pour ce qui est du renforcement de notre résilience, les aléas de la vie et du boulot se chargent de nous amener l’inconfort nécessaire je crois.
      Je suis d’accord avec vous qu’un environnement propice à la sérénité est aussi à la charge du salarié, mais dans coopération avec son management. Parce que dans les faits, si le cadre ne le permet pas et est trop rigide, il se retrouve vite coincé. Exprimer ses besoins et faire des suggestions qui trouvent toujours une porte fermée devient même épuisant.

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