Depuis plusieurs années, les entreprises encouragent les managers à abandonner leur casquette traditionnelle pour devenir des « managers-coachs ». Objectif ? Répondre aux nouvelles attentes des salariés ainsi qu’aux nouveaux défis du monde du travail d’aujourd’hui et de demain. Cette posture repose sur trois piliers, d’après Maurice Thévenet : un sens relationnel développé, une capacité à être proche de son équipe et à la rendre autonome afin de contribuer à l’évolution professionnelle de chacun.
« Le manager-coach est plébiscité dans de nombreuses organisations, car cette posture le place non plus dans une position de direction, mais d’accompagnement. En se plaçant au même niveau que ses équipes, il augmente ses chances d’être accepté et de les motiver. L’objectif du manager reste, en effet, que le travail soit réalisé, mais c’est la manière d’y parvenir qui change. Il passe davantage par la relation que par la tâche à réaliser », à l’inverse du management vertical fait de règles, d’ordres et de mesures de contrôle.
Concrètement ? Cette posture de manager-coach passe par de la bienveillance, de l’écoute active, de la curiosité à l’égard de l’autre, et un certain niveau de confiance. « L’ingrédient préalable à toute relation professionnelle de qualité, c’est la confiance. Elle nécessite du temps, ne se décrète pas, et n’est pas linéaire. Le collaborateur doit reconnaître la crédibilité et la légitimité de son manager pour se laisser guider.«
Une posture nécessaire, mais pas indispensable !
Cependant, le professeur en management rappelle que « le manager doit sans cesse se demander si cette posture de coach est nécessaire ». Il doit analyser la situation, la relation, les caractéristiques de l’individu. « Ce n’est pas pareil de remettre sur les rails un salarié démotivé ou en manque de confiance, et un salarié complètement autonome. Dans le deuxième cas de figure, cette attitude ne sera pas nécessaire », illustre-t-il.
Pour toutes ces raisons, cette incarnation prend des formes différentes en fonction des managers. « Il n’y a pas de solution miracle. Le manager doit comprendre l’état émotionnel, les forces et les faiblesses, ou encore, les leviers de motivation des membres de son équipe afin d’apporter des réponses adaptées pour les faire progresser. Il peut identifier ce qu’ils aiment, ce qui les anime, ce qui les fait bouger à l’intérieur d’eux-mêmes. Nous rêvons d’un comportement managérial parfait, sans trop savoir à quoi il ressemble au fond. »
Et Maurice Thévenet de conclure : « Cette posture de manager-coach peut sembler limpide, mais reste spécifique à chacun. L’essentiel est de conduire, dans toutes les situations, aussi changeantes soient-elles, les équipes vers le succès en garantissant leur épanouissement et la performance collective de l’entreprise. »
Article initialement publié par Léa Lucas en mai 2025, mis à jour et republié par Fabien Soyez en mars 2026.
Avant d’être manager-coach, il faudrait déjà être manager ! Nombre d’entre eux ne sont pas accompagnés pour endosser ce rôle, et/ou n’ont pas assez de temps a consacrer au management car ils doivent gérer autant de clients/projets qu’ils avaient avant d’avoir la responsabilité d’une équipe… Il reste du chemin à parcourir et des changements culturels pour voir de « vrai » managers !