People pleasing
Management

« People pleasing » : ces managers qui arrêtent de vouloir plaire à tout le monde

De nombreux managers disent "oui" à leurs équipes alors qu'ils pensent le contraire. Au point de le regretter, voire de s'épuiser. Pour remédier à cette posture de "people pleaser", sans culpabilité, Sophia Glandor, coach à ICF France, nous partage quelques clés de compréhension ainsi que des conseils à appliquer au travail dès à présent.

En s’intéressant au management, sur la seconde moitié du XXème siècle, le psychologue américain Taibi Kahler a identifié 5 injonctions principales qui guident nos actions, aussi appelées « drivers de personnalités ». Ce sont des messages contraignants que nous intégrons enfants et transformons en stratégie de résolution de problème. Ils perdurent souvent à l’âge adulte. « Le fait de devoir plaire, être obéissant, gentil, sont des comportements très valorisés quand nous sommes petits. Nous les intériorisons pour faire plaisir à nos parents et les reproduisons plus tard dans la vie en général, même s’ils nous desservent ou qu’ils nous éloignent de notre authenticité », explique Sophia Glandor, coach à ICF France.

  • Sois fort
  • Sois parfait
  • Fais plaisir
  • Dépêche-toi
  • Fais des efforts

Parmi eux, donc ? « Fais plaisir » – soit la fameuse tendance au « people pleasing » lorsqu’on est manager. Cette posture présente des avantages, comme la capacité à créer des relations positives avec les autres ou bien ressentir une sensibilité accrue aux besoins émotionnels des autres. Cependant, ce comportement se traduit par le fait de sacrifier propres besoins en raison d’une incapacité à dire « non ». « Le manager ne sait même plus pourquoi il dit « oui » à tout, tout le temps. Il est sur pilote automatique. En faisant cela, il risque de tomber dans le sur-engagement et de s’épuiser », développe Sophia Glandor, coach à ICF France.

Éviter les conflits, la solution qui n’en est pas une

D’après elle, le « people pleasing » reflète un manque de confiance en soi dans de nombreux cas. Le manager veut éviter les conflits à tout prix. Il n’aime pas se retrouver dans des situations inconfortables. Sur l’instant, cette posture lui permet de « protéger la paix sociale ou l’harmonie d’une relation », mais le « people pleasing » représente souvent une bombe à retardement. « Le conflit éclatera plus tard avec plus d’ampleur« , affirme-t-elle. Dans d’autres cas, cette posture peut être un manque de temps ou d’envie d’entrer dans des confrontations avec une ou plusieurs personnes. Alors, « le manager laisse couler ».

Ce comportement managérial devient « véritablement gênant », ajoute-t-elle, lorsqu’il a un impact individuel (augmentation de la charge de travail) ou bien un impact collectif (favoritisme des uns par rapport aux autres). « Si le cadre n’est pas clair et que les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde, cela peut entraîner beaucoup de sentiments négatifs : colère, jalousie, fatigue, culpabilité, etc. »

Travail d’introspection indispensable

Afin d’y remédier, Sophia Glandor invite, tout d’abord, le manager a en avoir conscience. Ensuite, dans le cadre d’un travail d’introspection visant à mieux se connaître, il va devoir se poser certaines questions comme : Pourquoi ai-je besoin de faire plaisir ? Pourquoi est-ce que je culpabilise quand je ne le fais pas ? Le manager sera amené à reprogrammer sa manière de raisonner, car « dire non à l’autre, c’est aussi dire oui à soi-même. » Le manager pourra aussi reclarifier son rôle et ses missions. « Il a parfois en tête de fausses croyances, comme : « Je dois être tout le temps disponible pour mes équipes »« , indique la coach.

Une fois cette introspection réalisée, le manager sera en capacité d’incarner ce « non » en fonction de ses valeurs, ses envies, ses besoins. Il pourra avancer son « non » de manière bienveillante et respectueuse auprès des membres de son équipe – sans en redouter les conséquences. « Ce « non » deviendra aussi confortable à dire qu’à recevoir du côté des collaborateurs. Il portera en lui une légitimité et une douceur qui le rendra audible. On ne sait jamais à l’avance comment les autres vont réagir. Un « non » peut parfois être à l’origine d’un soulagement général. Alors, pourquoi ne pas le dire ? », pense Sophia Glandor.

Elle recommande, par ailleurs, de mettre – au départ – cet exercice en pratique lors de situations à faible enjeu et de le répéter régulièrement. « Cet entraînement dépourvu de pression permet au manager de s’habituer à l’inconfort, de mettre régulièrement ses limites, quitte à aller se changer les idées ensuite en se baladant dans un lieu agréable, par exemple, pour se sentir bien à nouveau », termine Sophia Glandor.

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