Le désir de devenir manager s’érode en France. D’après le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), publié en mars 2025, il est considéré par une majorité d’actifs français comme trop vertical et infantilisant. Une partie des jeunes, quant à eux, le perçoivent comme trop contraignant par rapport à ce qu’il rapporte financièrement. Les équipes sont parfois complexes à superviser, les relations entre certains salariés tendues. Quant aux responsabilités, elles peuvent être nombreuses et chronophages. Cette surcharge de travail, cumulée à des manques de moyen et de reconnaissance, peuvent rapidement conduire à une perte de plaisir au travail. « Ce qui devait être un levier d’épanouissement devient une contrainte supplémentaire. La désillusion est encore plus forte si les managers le sont devenus pour de mauvaises raisons », affirme Corentin Boniface. Toutefois, il existe selon lui des leviers simples et concrets pour (re)trouver le goût à la pratique managériale. Voici 5 conseils à mettre en œuvre dès à présent.
1. Sonder ses collaborateurs
Tout d’abord, il s’agit de créer un climat de travail satisfaisant aussi bien pour le manager que pour ses équipes. Plutôt que d’instaurer un style managérial uniforme ou inadapté, le manager peut chercher à connaître et à comprendre ses équipes afin de répondre à leurs besoins quotidiens. Le manager peut « questionner ses collaborateurs sur leur manière de travailler ainsi que sur leurs attentes vis-à-vis du management, tout en recadrant ce qui peut sembler illégitime », explique l’auteur. Cette discussion est une « excellente base pour tendre vers des relations managériales plus symétriques. Les échanges reposent moins sur l’obéissance et davantage sur la coopération. Ce qui a de quoi accroître l’épanouissement mutuel. »
2. Solliciter son propre manager
Ensuite, il s’agit de communiquer tout aussi ouvertement avec son propre manager. D’une part, pour nouer une relation de confiance qui s’avère d’autant plus importante dans les moments de crise. Mais aussi pour obtenir des conseils, clarifier les objectifs et les ajuster si nécessaire. « Il est fondamental d’échanger régulièrement avec son propre supérieur hiérarchique afin de saisir : la vision de l’entreprise, les pratiques managériales à mettre en œuvre, les objectifs à atteindre. Ils doivent être clairs et mesurables », poursuit Corentin Boniface. Il n’est pas possible de prendre du plaisir dans un rôle qui manque de clarté.
3. Echanger avec ses pairs
Dans un troisième temps, le manager peut organiser des points réguliers pour partager et réfléchir à ses problématiques du quotidien avec d’autres managers. Cette méthode est extrêmement efficace pour briser l’isolement – fréquent lorsqu’on occupe des postes à responsabilités. Mais aussi, pour se sentir écouté et soutenu par des personnes qui ont vécu ou vivent les mêmes situations. « Les autres managers ont peut-être déjà traversé certaines situations compliquées et ont réussi à trouver des solutions. Echanger avec eux peut être à la fois un gain de temps opérationnel et rassurant pour la suite », pense le consultant.
4. Créer un cadre sécurisant
Il est, par ailleurs, indispensable de créer un cadre de travail sécurisant – d’un point de vue physique et psychologique. Et ce, peu importe le niveau de pression et les différentes urgences à gérer. « Il faut parfois avoir la lucidité et le courage nécessaire pour déprioriser temporairement une ou plusieurs tâches afin de conserver du temps au management, aux équipes, à l’humain », insiste Corentin Boniface. Le manager peut également encourager ses équipes à déconnecter véritablement du travail les soirs, les week-ends et pendant les vacances ; à recadrer les collaborateurs aux comportements délétères ; ou à faire preuve d’empathie lorsqu’ils expriment certaines difficultés. En bref, toutes les actions en faveur de leur santé.
5. Se protéger soi-même
Enfin, le dernier point et pas des moindres : le manager doit aussi savoir se créer son propre cadre de sécurité – surtout si l’entreprise dans laquelle il exerce ne l’encourage pas particulièrement. S’il veut rester disponible et efficace pour ses équipes, il doit adopter certains réflexes, s’octroyer des temps réguliers de récupération. Le manager doit « prendre soin de lui en se fixant des limites réalistes à ne pas dépasser, comme ne pas déjeuner devant son ordinateur, ne pas quitter le bureau après une certaine heure, ne pas répondre positivement à toutes les sollicitations, etc. C’est indispensable ! », conclut Corentin Boniface.
Pour aller plus loin, découvrez l’intégralité du livre « Retrouvez le plaisir de manager ! » (Editions Eyrolles), publié en octobre 2025 par Corentin Boniface, consultant, formateur et coach professionnel.