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Entretiens professionnels : ce que change la loi « seniors » en 2026

Cet article est issu du dossier "Chroniques d'experts"

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La loi dite "seniors" d'octobre 2025 rebat les cartes et impose une refonte en profondeur des entretiens professionnels. Voici ce qu'il faut savoir, et comment bien les mener.

Pour rappel, la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 impose une refonte en profondeur de l’entretien professionnel. Applicable depuis octobre 2025, elle donne aux entreprises jusqu’au 1er octobre 2026 pour se mettre en conformité. Du côté des équipes RH, la rupture est à la fois sémantique, calendaire et substantielle. En quatre points, voici ce qui change concrètement :

Avant octobre 2025Après — loi seniors 2025
Entretien professionnelEntretien de parcours professionnel
Entretien tous les 2 ans / bilan à 6 ansEntretien tous les 4 ans / bilan à 8 ans
Axé sur les souhaits de formationÉlargi : compétences, santé au travail, usure professionnelle, transitions, seconde partie de carrière
Pas d’entretiens dédiés aux seniors2 nouveaux entretiens : mi-carrière (45 ans) + préretraite (avant 60 ans)

⚠ Ce que les entreprises doivent faire avant octobre 2026 :

→ Réviser les trames d’entretien (ajout des thèmes : santé, usure, transitions)
→ Renégocier tout accord collectif existant sur les entretiens professionnels
→ Mettre en place un suivi traçable sur 8 ans (obligation BDESE)
→ Identifier les collaborateurs approchant de 45 ans et l’âge de départ en retraite

Tous les entretiens : qui fait quoi, quand et comment ?

La réforme de 2025 invite les DRH à revoir leur cartographie complète des entretiens professionnels. Car au-delà de l’entretien de parcours professionnel restructuré, les organisations disposent d’un écosystème d’échanges managériaux, dont certains sont obligatoires, tandis que d’autres relèvent des meilleures pratiques – et dont l’efficacité repose d’abord sur une bonne compréhension de leur rôle respectif.

Entretien de parcours professionnel ★Entretien annuel d’évaluationEntretien trimestrielEntretien de mi-carrière ★Entretien préretraite ★Entretien de reprise ★
Obligation légale✅ OuiNonNon✅ Oui✅ Oui✅ Oui (certains cas)
Quand ?4 ans + bilan à 8 ans1 fois par anChaque trimestre (×4/an)Vers 45 ansAvant 60 ansAu retour (congé, arrêt longue durée…)
Qui le mène ?Manager ou RHManager directManager directManager + RHRH + managerManager (RH si besoin)
Objet principalParcours, compétences, formation, santé, transitionsBilan performance, objectifs N+1Suivi objectifs, feedbacks, ressentisUsure pro, compétences, 2e partie de carrièrePréparation retraite, transmission des savoirsRéintégration, aménagement, besoins post-absence
Compte rendu écrit✅ Obligatoire — archivage 8 ansRecommandéRecommandé✅ Obligatoire✅ Obligatoire✅ Obligatoire
Risque si absentAbondement CPF (≥ 50 salariés)AucunAucunÀ préciser par décretÀ préciser par décretRisque prud’homal

★ Entretiens créés ou réformés par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025.

Ces entretiens ne se concurrencent pas : ils se complètent. Le trimestriel accompagne les collaborateurs au fil de l’eau, l’annuel dresse un bilan de performance, l’entretien de parcours professionnel prend de la hauteur sur la trajectoire globale du salarié, et les entretiens dédiés aux seniors jalonnent la 2e partie de carrière avec des enjeux spécifiques – prévention de l’usure, transmission des savoirs, préparation à la retraite. C’est leur articulation cohérente qui construit une politique de développement humain durable.

Aussi, les défis pour les équipes RH sont multiples – oscillant entre des aspects organisationnel et managérial : gérer des périodicités allant de 3 mois à 8 ans, anticiper les entretiens liés à l’âge ou à des événements de vie clés, assurer la traçabilité des engagements pris, et maintenir la qualité du dialogue dans la durée. Mais, la conformité seule ne suffit pas. Ce qui différencie les organisations où ces entretiens créent de la valeur, c’est la manière dont ils sont préparés, conduits et suivis d’effets concrets.

5 principes pour des entretiens qui ont de l’impact

Outre le cadre légal, c’est la qualité du dialogue qui fait la différence. La fréquence d’un entretien professionnel ne détermine pas son impact : ce sont la préparation en amont, la clarté des enjeux abordés et la rigueur du suivi qui transforment un moment formel en levier d’engagement durable.

→ Préparer des deux côtés. L’entretien se joue avant la réunion. Manager et collaborateur doivent disposer de la même trame en amont, avec les bonnes questions pour arriver en confiance.

→ Distinguer évaluation et développement. Mixer les deux sujets dans un seul entretien brouille le message. L’annuel évalue, le trimestriel accompagne, le parcours professionnel projette.

→ Formuler des engagements clairs. Un entretien sans suivi n’est qu’une conversation. Le compte rendu co-signé, avec des actions datées, transforme l’échange en acte managérial.

→ Penser long terme, pas seulement poste actuel. Les entretiens de parcours ou de mi-carrière sont l’occasion rare de parler de trajectoire globale. Ne pas les réduire à une revue de fiche de poste.

→ Outiller le suivi pour ne rien oublier. Avec des périodicités allant de 3 mois à 8 ans, et des entretiens liés à l’âge ou à des événements clés de vie, un outil de gestion fiable n’est plus un confort — c’est une nécessité pour piloter la conformité et préserver la qualité du dialogue au sein de l’entreprise.

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