Enfant, il était entouré de férus de littérature. À commencer par sa mère, libraire, et son père, professeur de français. Son goût pour la lecture a contribué à son désir d’écriture : « Lire est à la fois un acte banal et extraordinaire. Lorsque nous lisons un roman, des feux d’artifice se produisent dans nos têtes. Le lecteur devient lui-même créateur », constate-t-il. Si le quadragénaire a navigué entre plusieurs genres littéraires, il est connu pour sa plume affûtée dans la catégorie des polars : « J’ai appris sur le tas, en comprenant progressivement ce que j’étais en train de faire. J’ai su m’affranchir des règles du thriller pour tout me permettre et me distinguer des autres. Inventer une histoire est beaucoup plus excitant que se limiter à la vérité. »
L’auteur n’a ni protocole de travail précis, ni fréquence régulière à laquelle il publie des livres. Parfois, il en sort un tous les ans, parfois il disparaît des radars pendant plusieurs années. « Je tiens à garder une certaine liberté. Le cheminement de la création est un enchaînement d’idées. Elles ne tiennent parfois à pas grand-chose et ne se préméditent pas. C’est avant tout très instinctif ! Je peux écrire, effacer, recommencer. Mais je progresse. Il n’y a jamais de temps perdu », détaille-t-il.
Un succès retentissant
En 2012, son second ouvrage La Vérité sur l’affaire Harry Quebert (Éditions de Fallois) le propulse sur la scène internationale. Il reçoit le Grand Prix du roman de l’Académie française et le Prix Goncourt des lycéens. De quelques centaines de ventes, il passe à près de 5 millions de livres écoulés dans le monde. Une période vertigineuse dont il se souvient : « C’est un très grand changement dans ma vie. Je l’attendais un peu ce succès. Je l’espérais en tout cas. Quand il est arrivé, j’étais prêt et je ne voulais pas le gâcher. » Pour autant, « je n’oublie pas, aujourd’hui encore, toutes les fois où j’ai signé dans des librairies vides. J’ai surtout vécu cette reconnaissance extérieure comme un bel encouragement pour la suite. Je devais me montrer à la hauteur », assure-t-il.
Défi relevé ! S’en suivent de nombreux autres romans à succès : Le Livre des Baltimore (2015), La Disparition de Stéphanie Mailer (2018), L’Énigme de la chambre 622 (2020), L’Affaire Alaska Sanders (2022). Et comme le romancier n’en finit pas de surprendre, il est revenu en mars 2025 avec La Très Catastrophique Visite du Zoo, un livre pour toute la famille. Là encore, ce renouveau était un choix : « Il ne faut pas se renouveler de manière artificielle. Il faut le vouloir véritablement, rester authentique avec son évolution. L’important c’est de donner le meilleur de soi-même. Les lecteurs le ressentent. » Avant de conclure : « J’aime cette idée de m’améliorer en permanence, de continuer à grandir en tant qu’écrivain. » Il se pourrait bien qu’un nouveau projet littéraire soit (déjà) en train de germer dans sa tête…