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Jérémy Lamri : « L’intérêt de l’IA ne doit pas être que le gain de temps »

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Lors du Salon du Management 2025, Jérémy Lamri, CEO de Tomorrow Theory et cofondateur du Lab RH, est revenu sur l'intérêt de l'intelligence artificielle en entreprise ainsi que sur l'apparition à marche forcée du management hybride. Découvrez-le dans la vidéo ci-dessus en 5 minutes chrono.

En utilisant l’intelligence artificielle, l’un des risques pour les managers peut être la perte de variété dans leurs missions professionnelles, non ?

Jérémy Lamri (JL) – Cet aspect est hyper intéressant ! Sur le plan cognitif, et notamment de la charge mentale, le sujet de la libération des tâches parasites par l’IA en ouvre un autre majeur : la santé mentale au travail. Quand on fait un effort assez compliqué, assez profond, nous sollicitons, et donc consommons, beaucoup de nos ressources intellectuelles. Toutes les petites tâches que nous faisons en mode automatique disparaissent. Or, ce sont des manières de nous ressourcer, de penser à autre chose, de ne pas faire tourner notre cerveau tout le temps au maximum. Si demain l’IA nous prend ses missions, et que le télétravail nous enlève nos temps de trajets domicile-travail, alors, nous nous retrouverons à produire uniquement des gros blocs toute la journée. C’est à ce moment-là que le risque d’épuisement mental devient important.

Comment alors parvenir à manager sans se déshumaniser ?

JL – Certains puristes du management ne veulent pas entendre parler du management hybride. Ils se disent : « Quelle horreur de manager des machines ! Nous, nous, manageons des humains, et cela n’a rien à voir ! » Cependant, quand nous utilisons ChatGPT, il a besoin d’un contexte précis, d’un objectif, de questions claires. Ensuite, quand il nous fait un premier retour, il faut être capable de le challenger à nouveau pour obtenir un résultat encore plus précis. C’est exactement ce que nous ferions avec un individu que nous manageons bien. A la différence près que ChatGPT n’a pas besoin de reconnaissance ou de réassurance. Cette partie psychologique et émotionnelle est absente avec la machine.

En revanche, ce que j’observe, c’est que dans le management actuel, la partie très structurée (nécessaire à un usage efficace de Chat GPT, ndlr) est mal faite par beaucoup de managers. Demain, il y a donc une possibilité que manager à la fois des humains et des machines remette en place un cadre managérial. Car, aujourd’hui encore, beaucoup de problèmes d’épuisement mental viennent d’un mauvais management.

Etes-vous optimiste quant à l’intégration et l’adoption de l’IA au sein des entreprises dans les années à venir ?

JL – Je suis optimiste sous conditions. En l’état actuel des choses, je ne suis pas optimiste parce que très peu d’entreprises imaginent la nécessité de développer personnellement et professionnellement les individus pour travailler dans des environnements plus rapides. Deuxièmement, très peu d’entreprises se demandent ce que nous allons faire du temps récupéré par l’intelligence artificielle. Tant que nous ne nous serons pas préoccupés de ces sujets : « Comment les métiers vont se transformer si l’IA en prend une partie ? Comment continuer à collaborer ? Comment préparer les collaborateurs, non pas juste à prompter, mais aussi à prendre soin d’eux-mêmes ? etc », j’aurais du mal à être optimiste. Heureusement, nous travaillons actuellement pour que les entreprises prennent en compte ces différents enjeux.

Découvrez l’intégralité de l’interview en cliquant sur la vidéo ci-dessus.

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