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Gil Breda, DRH de Transavia : « Réagir vite et bien est au cœur de nos préoccupations »

Alors que le secteur aérien a été malmené par différentes crises ces dernières années, Transavia semble tirer son épingle du jeu. L’augmentation de sa flotte d’avions a notamment entraîné une hausse des recrutements en 2024, d’après son DRH, Gil Breda. Une dynamique qui devrait se poursuivre en 2025. Explications.

Quels ont été vos enjeux de recrutement en 2024 ? Et quels sont-ils pour 2025 ?

Nous avons des plans de recrutement ambitieux depuis 2023. L’année dernière, cette dynamique s’est traduite par près de 600 recrutements : 300 parmi notre personnel navigant hôtesses de l’air et stewards, 150 parmi nos pilotes, et plus d’une centaine au sol dans les métiers de la maintenance, de l’informatique, de la finance, etc. Dès juillet 2024, nous avions quasiment finalisé la totalité de ces recrutements. Ils incluent une trentaine d’alternants qui nous ont rejoints en septembre dernier. Nous avons une vraie volonté d’accompagner les jeunes actifs dans leur professionnalisation. En fonction de nos besoins, et de leurs compétences, nous en titulariserons certains à la fin de leur contrat. En 2025, nous continuerons de mener cette stratégie ambitieuse avec de nouveaux recrutements.

Les métiers du secteur aérien se féminisent-ils ?

Comme toutes les entreprises, Transavia publie, chaque année, son index de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. En 2024, notre indicateur était constant et favorable : il atteignait 88 sur 100. Cela représente 56 % d’hommes et 44 % de femmes au sein de nos équipes. Si ces chiffres sont encourageants, ils ne sont pas pleinement satisfaisants. Aujourd’hui encore, les hommes sont plus nombreux à exercer le métier de pilote, et les femmes plus nombreuses à être hôtesses de l’air. Il faut reconnaître qu’une partie de nos métiers ne sont pas sédentaires : ils impliquent des déplacements loin du domicile, un rythme décalé, etc. Mais, en définitive, pilotes et hôtesses de l’air sont confrontés aux mêmes conditions de travail. C’est pourquoi, je pense que ces disparités genrées persistantes s’expliquent par des stéréotypes qui collent à la peau de certains métiers. Les jeunes filles et les femmes ne se projettent pas dans des carrières de pilote. En cascade, nos recrutements sont le reflet de cette inhibition. Notre préoccupation est de donner de la visibilité à nos métiers, en intervenant régulièrement dans les collèges, les lycées, les écoles d’ingénieurs et de commerce. Des journées d’immersion à l’aéroport de Paris-Orly sont également proposées. Cela leur permet de mieux comprendre le secteur aérien et de s’y projeter.

La prise en compte de la santé des femmes au travail est-elle une réponse aux inégalités professionnelles ?

Oui, tout à fait ! Lorsque nous avons signé un accord de qualité de vie au travail, il y a quelques mois, nous avons mis l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes au cœur de nos dispositifs. Cette progression passe notamment par la santé des femmes au travail. À titre d’exemple, cela se traduit par un aménagement possible de l’organisation de travail pour les salariées atteintes d’endométriose, ou du temps de travail en cas d’allaitement. Autre initiative : l’allongement du congé parental d’éducation ouvert également aux hommes.

Récemment, certains vols ont été suspendus pour des raisons géopolitiques. Comment les équipes sont-elles réorganisées en interne ?

En tant que compagnie aérienne, nous sommes touchés par tous types de crises (sanitaires, géopolitiques). Cela peut arriver à tout moment. Savoir réagir vite et bien est au cœur de nos préoccupations. Il en va de la sécurité de notre personnel et de nos passagers. Mais, nous ne décidons pas tout seuls. Nous nous tournons vers les autorités ministérielles compétentes en la matière, ainsi que des relais locaux, pour savoir si nous avons toujours l’autorisation de voler sur ces lignes internationales. Puis, à l’échelle du groupe, nous nous demandons si les conditions de sécurité dans lesquelles nous pouvons exploiter ces lignes sont respectées. Ensuite, en fonction du délai d’annulation des vols, nous sommes en mesure de redéployer le personnel sur d’autres destinations, ou bien, ce sont des jours où les salariés restent mobilisables sous certaines conditions.

Enfin, comment répondez-vous à l’éco-anxiété qui traverse la société ?

L’environnement occupe une place centrale dans nos orientations stratégiques. Nous mettons en œuvre des actions concrètes pour apporter des solutions à la crise écologique. Nous investissons massivement, par exemple, dans de nouveaux avions moins émetteurs de CO₂, affichant par ailleurs des vertus sonores. Ces investissements représentent plusieurs centaines de millions d’euros. Nous adoptons également une démarche écoresponsable pendant les vols : nous sensibilisons nos pilotes à des pratiques plus respectueuses de l’environnement, et nous incitons notre personnel de bord à proposer des produits de meilleure qualité et renouvelables. Ces investissements représentent plusieurs centaines de millions d’euros.

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