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MICE : l’éco-responsabilité, un chantier bien lancé

Cet article est issu du dossier "Le tourisme d'affaires, plus haut, plus fort, plus responsable"

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Le chemin pour respecter l’Accord de Paris sur le climat et ses engagements pris en 2015 sera long, mais la filière des conférences et des congrès fait sa part d’efforts. Entre défis et dynamique collective, les pratiques des professionnels se transforment.

À l’image de la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan, accueillie à Nice du 9 au 13 juin 2025, conférences et congrès sont des tribunes privilégiées pour porter les grandes causes. Sans pour autant être neutres en matière d’impact environnemental : là est tout le paradoxe. Or, mission a été donnée à la filière nationale de devenir un levier de transition écologique.

Les choses ont pris forme lors du sommet du G7 à Biarritz, en août 2019. Premier événement du genre à être certifié ISO 20121, la norme internationale de management durable des événements, ce fut le top départ pour une profession sommée d’opérer une transformation. Suivi, en 2022, par la signature avec l’État d’un engagement pour la croissance verte en faveur de l’économie circulaire. Trois ans et demi plus tard, ce qui est encore un vaste chantier se traduit néanmoins par des avancées.

Un label structurant

Plateforme de référence, le label Destination Innovante Durable a fait la preuve de sa capacité à mobiliser et structurer la progression de la filière. Prenant lui-même pour pilier la norme ISO 20121, ce référentiel, créé par l’association France Congrès et Evénements (FCE), fait des bureaux de congrès les chefs d’orchestre d’une démarche impliquant l’ensemble des parties prenantes d’une destination. Les premiers à être labellisés l’ont été début 2022. Quinze villes, sur quarante-six membres, le sont désormais, les dernières en date étant Orléans et Arcachon. Deux autres le seront possiblement avant la fin de l’année. En janvier dernier, une seconde version du label a été lancée.

Plus ambitieuse, elle vise à « proposer des pratiques événementielles et touristiques qui prennent concrètement en compte les limites planétaires, en intégrant une capacité à mesurer ses émissions et à proposer des formes de contribution à des projets locaux », explique Emmanuel Dupart, directeur délégué de FCE. La nouvelle version oblige notamment à mesurer son empreinte environnementale. Six villes, sur les quinze ayant le label, y satisfont déjà : Angers, Deauville, La Baule, Metz, Nancy et Rennes.

Classements internationaux

En parallèle, les destinations ayant les moyens se lancent dans les classements internationaux, comme le Global Destination Sustainability Index (GDS-Index), qui mesure les performances responsables des villes. Si les pays nordiques excellent dans ce tableau, accaparant chaque année les premières places, Bordeaux s’est distinguée en 2024 par une sixième position mondiale. Un groupe de travail réunissant huit destinations françaises s’est par ailleurs formé autour du GDS-Index pour mutualiser leurs pratiques.

Des actions concrètes

Labels, classements et certifications s’obtiennent au prix d’actions concrètes. Ainsi, à Rennes, une batterie d’indicateurs permet de connaître précisément l’évolution de l’impact environnemental du centre de congrès, le Couvent des Jacobins, certifié ISO 20121. Grâce à l’installation de douze fontaines à eau, la consommation de milliers de bouteilles en plastique a été évitée ; les déchets, en baisse de 11 % en 2024, sont en totalité valorisés, recyclés ou compostés ; tandis que les consommations d’électricité et de gaz ont baissé de 24 % et 19 % entre 2019 et 2024.

De son côté, le Bureau des congrès de Nantes Saint-Nazaire s’est lancé, aux côtés de professionnels, dans une expérience inédite en vue de lutter contre le gaspillage alimentaire. En mai et juin 2023, une dizaine d’événements professionnels a fait l’objet de mesures des déchets alimentaires. Leur analyse a permis d’en tirer une charte d’engagement et un guide pratique, publiés fin 2024.

Un soutien local

Éminemment collective, la démarche des destinations engagées requiert un investissement non négligeable de la part des acteurs locaux que sont les hôtels, restaurants, sites d’accueil et prestataires. Pour accélérer le mouvement, certaines villes y participent directement. À Lyon, par exemple, 80 % des frais de certification des labels éco-responsables, comme Clef Verte, sont pris en charge la première année. Cela a permis à la métropole de voir 33 % de son parc hôtelier éco-labellisé en 2024.

Un calculateur carbone dédié

Toute progression devant se mesurer, la filière événementielle a son propre calculateur carbone, lancé il y a un an par l’Unimev (Union française des métiers de l’événement) et Choose Paris Region. Patiemment mis au point, conçu pour s’adapter aux spécificités de métiers divers, Cleo Carbone est en cours de déploiement. Son utilisation en entreprise demande un long processus de prise en main pour collecter les données.

Avec cinquante licences commercialisées et mille utilisateurs potentiels, sa diffusion est jugée encourageante. « On sent une prise de conscience et une volonté de participer, selon Gauthier Renaud, responsable du développement durable au sein d’Unimev. Les émissions de gaz à effet de serre permettent de fixer des objectifs quantifiables, des trajectoires. C’est parlant et c’est un sujet de plus en plus intégré. »

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