En 2026, qu’est-ce qui fragilise le collectif ?
Caroline Haquet (CH) – Ce qui nourrit un collectif, c’est souvent la stabilité. Le collectif aime avancer dans un environnement connu et calme. En ce moment, le moins que l’on puisse dire, c’est que nous ne sommes pas dans cet environnement paisible. L’entreprise peut, donc, aider le collectif à trouver cette réassurance en donnant notamment du sens dans tout ce qui est réalisé au quotidien. Elle doit aussi rassurer concernant tout ce qu’il se passe autour de nous (guerres, catastrophes climatiques, etc.) Les collaborateurs se demandent s’ils vont être touchés. Ce sont vraiment des préoccupations sur lesquelles nous devons être présents pour que les équipes continuent à s’épanouir au sein de l’entreprise.
Que mettez-vous en place pour favoriser ce collectif ?
CH – Chez Manutan, nous avons ritualisé les comportements managériaux pour que les collaborateurs puissent avoir accès à l’information, être réunis régulièrement, bénéficier de points réguliers avec leur manager. L’idée n’est pas de réinventer les choses, mais de s’assurer que nous sommes véritablement solides dans nos convictions et dans nos pratiques afin que tout le monde travaille bien ensemble.
Cette démarche renforce-t-elle le rôle de l’entreprise ?
CH – Oui, il faut avoir conscience qu’aujourd’hui l’entreprise est l’un des endroits les plus plébiscités par les Français. Un endroit en qui ils ont confiance. Nous avons la grande responsabilité de faire de l’entreprise une « safe place ». Cela signifie qu’en venant au travail, ils savent qu’ils se sentiront bien.
Enfin, qu’attendez-vous de vos managers pour renforcer la cohésion des équipes ?
CH – Nous attendons d’eux qu’ils soient présents, qu’ils soient à l’écoute aussi. Ils doivent comprendre qu’en fonction des individus au sein de leurs équipes, les impacts des grands mouvements à l’œuvre actuellement ne seront pas les mêmes. Ils peuvent être minimes ou très importants. Nous ne connaissons pas la vie de nos salariés, ni celle de leurs familles. Le manager doit toujours être empathique pour pouvoir déceler des signaux faibles et s’assurer ainsi qu’il n’y a pas de collaborateurs en difficultés.