Management

Bérenger Briteau : Le leader « doit réussir à transformer son utopie en réalité »

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Lors du Salon du Management 2026, Bérenger Briteau, auteur et conférencier, est revenu sur le pouvoir du collectif pour atteindre les sommets. À condition toutefois que le leader ait une vision forte et soit en mesure de la diffuser auprès de ses équipes. Découvrez la vidéo, ci-dessus, en 5 minutes chrono.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un bon collectif ?

Bérenger Briteau (BB) – Ce sont des personnes qui ont envie d’aller dans la même direction, qui parlent le même langage, qui arrivent à trouver un équilibre entre performance et confiance relationnelle. Le collectif est une dynamique qui transcende l’individu. Pour faire le parallèle avec le sport de haut niveau, le collectif a le pouvoir d’inspirer. Le sport fait rêver et est un langage universel. Certains managers ont cessé de rêver, alors voir de grandes réussites sportives avec des personnes qui vivent une utopie dans un fonctionnement collectif, ça inspire. Il y a plein d’autres choses, mais c’est vraiment le point essentiel.

Quels rituels mettre en place pour fédérer son équipe ?

BB – Il s’agit de déployer des rituels qui vont favoriser la confiance d’un collectif dans sa capacité à réussir, comme : les retours d’expériences, la célébration des victoires, se dire franchement les choses. Pour cela, le leader (ou le manager en entreprise) doit créer des espaces de dialogue afin que les choses puissent être dites de manière authentique. Les joueurs (ou collaborateurs) ont besoin d’entendre certaines choses de la part de leur manager pour performer. Et inversement : le manager doit recevoir des retours de la part de ses équipes, ainsi que les membres d’une équipe entre eux. Il faut multiplier les espaces d’échanges structurés pour se découvrir, mieux se connaître et comprendre quel est le but commun à atteindre. Il est important de fixer ces moments dans les agendas de chacun sinon ils disparaissent.

Réussir à manager un collectif revient-il également à bien manager individuellement ?

BB – Oui, tout à fait ! Chaque individu doit être inscrit dans un plan stratégique avec un rôle particulier qui amène tout le monde à un endroit précis. Dans les équipes sportives, par exemple, il y a des remplaçants qui eux aussi ont des rôles spécifiques. Ils sont très investis même s’ils ne jouent que quelques minutes, parce que l’entraîneur a su créer cette motivation chez eux. En entreprise, ce phénomène est identique.

Quelle leçon peut-on tirer d’une victoire comme celle, par exemple, du PSG en juin dernier ?

BB – L’entraîneur Luis Enrique a fait un travail de dingue. Il a su créer au fil du temps – et grâce à ses réussites passées – une relation de confiance avec les dirigeants du club. Cette confiance lui a octroyé carte blanche dans la manière de superviser les joueurs. Ce n’était jamais arrivé auparavant. Ensuite, il a réussi à transformer son utopie du football en réalité. Il a fait rêver son collectif autour de cette utopie. Sans aucune concession que l’équipe gagne ou perde. Ce qui est important pour lui, c’est de respecter cette vision du football que l’équipe doit incarner dans son jeu. Il ne lâche rien sur ce point. C’est sa grande force. Il a des convictions tellement fortes que tout le monde connaît le chemin à emprunter.

Comment appliquer cette méthode en entreprise ?

BB – Il est important d’établir dans un premier temps une communication régulière et de qualité entre les différents niveaux hiérarchiques. Certains managers auront plus de marge de manœuvre pour agir dans un cadre défini. Le manager doit ensuite réfléchir à son utopie collective afin de la traduire en vision commune auprès de ses équipes – à travers des temps de dialogue. Il doit choisir des leaders de jeu pour relayer cette vision. C’est toute une stratégie à mettre en place. Mais encore faut-il savoir que ça existe et y consacrer du temps. C’est une démarche qui s’apprend. Le management ne consiste pas simplement à planifier des tâches, sanctionner ou récompenser. Le manager est un élément essentiel de la stratégie.

Perdre un leader, comme peut l’être Kylian Mbappé, est-ce pénalisant pour un collectif ?

BB – C’est difficile de lier la perte ou le gain de performance en fonction de la présence ou du départ d’un leader. Cependant, il est vrai que lorsque un leader s’en va, il permet à d’autres individus de prendre d’autres places. Le système peut s’équilibrer ou se rééquilibrer différemment. Là où avant tous les projecteurs étaient braqués sur une seule personne. Celle-ci n’est pas forcément individualiste, mais occupe une place parfois trop importante qui déséquilibre le bon fonctionnement d’un collectif. Les dynamiques collectives sont souvent des systèmes complexes qui ne reposent pas que sur une personne.

Enfin, un collectif peut-il justement fonctionner sans leader ?

BB – Non, d’après moi ! Tout collectif a obligatoirement besoin d’un leader. En sociologie, dans un groupe de 5-6 personnes, on observe systématiquement un leader qui se dégage. Même si ces personnes n’ont aucun leadership, mais qu’elles se mettent à travailler ensemble, un leader va émerger. C’est organique. La part du gâteau à se partager est toujours la même. Donc si un leader prend trop de leadership, les autres en prennent moins. C’est un phénomène intéressant à analyser quand on est manager.

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