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Carrière

Najat Vallaud-Belkacem : « Face au caractère anxiogène du monde, il faut trouver des leviers d’action »

Cet article est issu du dossier "Les écrivains, une source d’inspiration"

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PORTRAIT - Les années passent, mais les engagements autour de la lutte contre les inégalités de l’ancienne femme politique ne faiblissent pas. En mai 2025, elle a publié, avec l’économiste Benjamin Michallet, le livre Réfugiés. Ce qu’on ne nous dit pas (Stock).

L’humour est une arme redoutable pour faire passer ses idées. Dire qu’elle s’en sert avec une grande habileté est un euphémisme. Najat Vallaud-Belkacem a grandi dans un petit village au Maroc, avant de s’installer en France à l’âge de quatre ans. Tout au long de son adolescence, passée à Amiens, elle se forge un capital culturel solide, en dévorant les grands classiques de la littérature française. Si elle commence sa carrière professionnelle en tant que juriste, elle bifurque rapidement vers la politique. Et son ascension est fulgurante ! « À 25 ans, j’étais déjà dans le grand bain, en étant la porte-parole de la candidate Ségolène Royal à l’élection présidentielle. J’ai dû apprendre très vite ! », se souvient-elle. Jusqu’à devenir, en 2014, la première femme à prendre les commandes du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche au sein du gouvernement de François Hollande.

Vers plus d’inclusion

À l’issue de ses années gouvernementales, aussi passionnantes qu’éreintantes, l’ancienne ministre ressent le besoin de marquer une pause, ainsi que de se réapproprier son histoire. C’est ainsi qu’elle publie son autobiographie La vie a plus d’imagination que toi (Éditions Grasset). Une phrase que lui répétait sa maman. En 2022, elle prend la tête de l’association France Terre d’Asile. « Le fil rouge de ma vie, même si je ne suis plus élue avec un mandat politique, reste l’intérêt général, le bien commun. La lutte contre les injustices et toutes les formes d’inégalités », rappelle-t-elle. En parallèle, la dirigeante porte ses combats à travers des ouvrages engagés : « Face au caractère anxiogène du monde, il faut trouver des leviers d’action, même si cela nous paraît tout petit, ou que les actions n’aboutissent pas tout de suite. Au moins, nous touchons du doigt des bouts de solution. »

Au fil des années, ses publications se multiplient : de La Société des vulnérables (2020) au dernier en date Réfugiés. Ce qu’on ne nous dit pas. « Avec Benjamin, nous nous sommes associés, car nos profils sont complémentaires. Nous nous appuyons sur des faits et des chiffres pour inciter à la réflexion, dépassionner le débat, réhumaniser la question migratoire en France », explique-t-elle. « Nous devons déconstruire les idées préconçues que nous avons autour des personnes réfugiées, dont l’intégration est bénéfique pour notre économie », complète Benjamin Michallet, son coauteur.

Et les entreprises l’ont bien compris : « Ce sont des acteurs doués de raison, très volontaires en la matière. La majorité prône la diversité. Elles recrutent, forment et portent des récits positifs autour de ces personnes. Mais elles sont parfois limitées par des questions juridiques. » Le chemin est encore long, donc, mais la quadragénaire reste combative. Le contraire serait mal la connaître.

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