Si sa renommée littéraire est aujourd’hui incontestable, l’écrivaine a grandi dans une famille modeste. « Mes parents ne gagnaient pas beaucoup d’argent. Mon cerveau fonctionnait bien, donc j’ai opté pour un métier stable dans le marketing. Je ne me suis pas autorisée à faire des études littéraires, ni à exprimer ma créativité », confie-t-elle. Des années plus tard, elle démissionne de son travail dans une grande entreprise pour suivre son mari, muté en Italie. Cependant, lors de leur installation à Milan, les choses se compliquent : baby blues, mauvaise nouvelle familiale et des cauchemars… En boucle. « Toutes les nuits, une image me revenait. J’étais face à ma tombe et je lisais : « Aurélie Valognes, écrivaine ». Je me suis souvenue que, lorsque j’étais petite, je disais à ma grand-mère que je voulais devenir écrivaine », relate-t-elle. Pas de doute, c’est un signe ! Chaque jour, elle se met à griffonner quelques notes dans un carnet à L’Antico Caffè. « J’ai commencé à écrire l’histoire que j’aurais aimé lire à ce moment-là. Une histoire drôle, qui fait du bien », explique-t-elle.
Oser quitter son emploi
Si la jeune femme garde cette activité secrète pendant un temps, elle finit par la dévoiler à ses proches, puis par publier son roman Mémé dans les orties sur Internet. Les avis positifs s’emballent aussitôt. En septembre 2014, Florian Lafani, éditeur chez Michel Lafon, la contacte. Son livre sort en grand format dans la foulée, puis en poche. Quelques années plus tard, le million de ventes est atteint ! Mais, toujours installée en Italie, elle n’entend pas le bruit du succès. « Je validais les couvertures des nouveaux livres entre deux réunions », dit-elle. En 2017, elle se procure Le Figaro, sous les recommandations de ses proches, et constate qu’elle figure parmi les écrivains français les plus vendus. La romancière doit se rendre à l’évidence : ses écrits sont un phénomène ! Elle finit donc par quitter son emploi pour se dédier pleinement à cette activité.
Depuis, elle en a publié de nombreux : de Né sous une bonne étoile (2020) à L’Envol (2023), La Lignée (2024), et La Fugue (2025). Ses premiers romans tournaient autour de l’injustice, des blessures à réparer et de la volonté de changer le monde, tandis que les derniers parlent davantage d’émancipation et de sororité. « En tant que femme, j’ai passé ma vie à m’adapter. J’ai construit une carapace pour ne pas me laisser chambouler. Heureusement, l’écriture m’a poussée à écouter ma sensibilité, à écrire avec le cœur, à devenir moi-même« , se réjouit-elle.Cet état d’esprit l’a amenée à acheter la maison en Bretagne de l’artiste Jane Birkin, disparue en juillet 2023 : « Je voulais un lieu à moi. J’entends préserver l’âme artistique qui règne dans cet endroit afin de permettre à d’autres femmes de réaliser leur rêve intime d’écriture. » Deux sessions se dérouleront en juin et en septembre 2026.