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Quels seront les plus grands défis des managers dans le monde du travail de 2030 ?

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Lors du Salon du Management 2025, une douzaine d'experts et de professionnels ont dévoilé quels pourraient être les plus grands défis du monde du travail de 2030 pour les managers. Leurs réponses sont aussi variées que les challenges à relever nombreux. Découvrez-les dans la vidéo ci-dessus, en 5 minutes chrono.

Dans un monde du travail aussi concurrentiel qu’imprévisible, en raison de crises simultanées, le rôle des managers en entreprise devient central. Si les défis à relever sont déjà nombreux, ils le seront peut-être encore davantage dans les années à venir. Voici trois enjeux managériaux à l’importance grandissante.

1. Prendre soin de sa santé physique et mentale

Selon la conférencière Laetitia Vitaud, le plus grand défi sera celui de la durabilité. Les managers devront « trouver une manière de travailler qui nous permettra de le faire pendant plus longtemps » en raison du probable report de l’âge légal de départ à la retraite en France. Elle rappelle que les Danois viennent de le reporter à 70 ans. Une dynamique que pourraient suivre les pays européens dans les années à venir. Pour Jérémy Lamri, CEO de Tomorrow Theory et cofondateur du Lab RH, ce sera l’engagement des collaborateurs. « Attirer, développer, et fidéliser dans un contexte où les attentes évoluent vite et où les profils sont variés et dispersés, détaille-t-il. Et ils devront faire tout cela, sans s’épuiser eux-mêmes ! »

Cette nécessité de prendre soin de sa santé physique et mentale est une condition sine qua none pour une carrière durable, selon Adrien Chignard, psychologue du travail et cofondateur de Sens et Cohérence. « Nous oublions trop souvent que prendre soin de soi, ce n’est jamais de l’égoïsme, c’est de la responsabilité et de la lucidité de la part de chacun (…) Si un manager donne toujours plus d’énergie, toujours plus d’émotions agréables aux personnes avec lesquelles il travaille, il risque de taper dans ses ressources, en empiétant d’abord sur sa vie personnelle. Mais au bout d’un moment, il risque d’être en burnout. »

2. (Ré)humaniser les rapports professionnels

De son côté, la DRH de l’APEC, Vanessa Robert, pense que le plus grand défi des managers sera l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) au sein des organisations. Cet outil « va venir chambouler les modes de travail », affirme-t-elle. En précisant que c’est déjà le cas aujourd’hui, mais que ce phénomène devrait continuer à prendre de l’ampleur. Face à cette digitalisation croissante, Corentin Eveno, enseignant en rhétorique, pense que l’enjeu managérial des prochaines années sera « de remettre de la communication constructive. À l’heure de l’IA, la communication orale devient encore plus importante. »

Louis Vareille, réuniologue, estime en effet que cette réhumanisation sera incontournable. « La réunion sera l’un des lieux pour remettre de l’humanité dans ce monde digitalisé. » Un constat partagé par Aurélien Rothstein, CEO d’Engagement et Performance. Le futur du travail sera « collectif ou ne sera pas. La digitalisation et la généralisation du télétravail augmentent la distance relationnelle. Le monde du travail s’étiole. Si nous ne prenons pas soin du collectif, en pensant qu’il suffit de déployer un outil collaboratif pour que l’équipe fonctionne, eh bien, nous prenons le risque d’aboutir à des résultats dramatiques ».

3. Répondre à des attentes variées

D’après Patrick Scharnitzky, directeur associé d’AlterNego, les managers devront « résoudre une équation quasi impossible entre des injonctions de performance descendantes très importantes, parfois plus qu’avant. Mais dans le même temps, gérer des appétences montantes des équipes sur tous les sujets liés à la qualité de vie et des conditions de travail, ce qui n’était pas forcément le cas avant. » Bénédicte Tilloy, cofondatrice d’Ask for the moon et de 10h32 le rejoint : « Ils devront faire travailler ensemble sur un objectif très concret des collaborateurs qui ont une volonté d’être traités comme des individus différents les uns des autres. »

Les jeunes actifs sont particulièrement à la recherche de ce management personnalisé. Selon l’anthropologue Élisabeth Soulié, les managers devront aller « à la rencontre de cette génération Z. Les sujets ne préexistent pas à la relation, c’est la relation qui permet la mise au monde des sujets ». « La liberté ! », lance quant à elle Laura Lange, philosophe. « Nous sommes au devant d’une redéfinition de l’engagement, du rapport à la contrainte, à l’autorité, etc. Demain, nous devrons nous demander ce qu’est la liberté ? Quelle place nous lui accordons au travail ? Quel impact cette notion aura-t-elle sur le management ? Alors, comment faire autorité dans un monde qui court après l’horizontalité des rapports ? »

Enfin, Aurélie Durand, coach, fondatrice du cabinet Ajadi et co-animatrice du podcast « Les petits cailloux« , termine cette série d’interviews en invitant managers et collaborateurs « à rester positifs. Il faut croire en l’être humain, croire en l’autre. Garder de l’optimisme, de l’énergie positive. Ensemble, nous pouvons nous en sortir ! »

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