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Nouveau départ : La création d’entreprise, un bon pari pour les cadres ?

, par Mathilde Seifert

Temps de lecture estimée : 4 minutes

Passé un certain âge ou après une certaine expérience, pour de nombreux cadres, l’heure de la reconversion sonne, avec l’envie de créer son entreprise. Le confinement a peut être accéléré les choses. Mais attention tout de même : ce choix n’est pas à prendre à la légère et peut avoir des conséquences imprévues.

Les cadres sont de plus en plus nombreux à se reconvertir en créant leur entreprise. Ainsi, près de 3 cadres sur 10 rêvent de se lancer en free lance ou de créer leur entreprise. Un constat qui peut s’expliquer par plusieurs paramètres à commencer par le besoin de renouer avec une certaine indépendance. Cela peut également naître de l’envie de développer une idée, un projet personnel auquel ils pensent parfois depuis de nombreuses années. Enfin, ces derniers peuvent également se retrouver face à un épuisement de leur motivation. Après de longues années passées au service d’un grand groupe où le quotidien professionnel rime bien souvent avec stress et conditions de travail pénibles. Il est tout à fait normal d’envisager de se lancer à son compte. Cependant, l’âge et l’expérience en tant que cadre ne fait pas tout.

 

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Un nouveau départ

La création d’entreprise représente un nouveau départ, une nouvelle aventure qu’il faut vivre en faisant abstraction de sa vie d’avant. L’entrepreneuriat est un tout autre métier, peu importe le secteur dans lequel vous évoluiez avant. Les experts en création d’entreprise interrogés dans le cadre de ce dossier sont unanimes. Grâce à ses connaissances, l’ancien cadre a en sa possession les clés pour assurer une structuration et une bonne organisation de son entreprise. Mais il est essentiel de garder à l’esprit que cette perspective fait naître un équilibre des pouvoirs totalement différent. Effectivement, gérer un service dans une grande entreprise n’est pas le même travail que d’accompagner son équipe à la construction d’une nouvelle PME. Cette transition qui peut prendre des allures de formatage n’est pas évidente mais tout de même nécessaire. “Attention donc à ne pas garder les habitudes d’une grande entreprise si vous en avez quitté une”. Il faut garder en tête que vous recommencez tout de zéro. Pour la plupart et au début, la création d’entreprise rime avec PME. Il est donc essentiel de réfléchir et d’agir dans cette logique-là. Aussi, il est normal d’être pressé que son entreprise prenne rapidement de l’ampleur. Cependant, il faut bien avoir conscience que le succès entrepreneurial ne vient pas du jour au lendemain.

Il faut également faire extrêmement attention au contrat qui vous lie à votre ancienne entreprise. En effet, même en ayant démissionné ou rompu le contrat d’une manière ou d’une autre, il faut veiller aux clauses de non-concurrence qui peuvent vous rattacher à votre ancien employeur. Suivant le domaine d’activité passé et à venir, cela peut poser problème. Là encore une telle clause n’est valable que si “elle est indispensable à la protection des intérêts de l’entreprise, tient compte des spécificités de l’emploi du salarié, est limitée dans le temps et dans l’espace, c’est-à-dire dans une zone géographique concernée et s’accompagne pour le salarié d’une contrepartie financière”, explique la CCI. Ce point n’est pas à prendre à la légère car selon les clauses du contrat, l’ancien salarié peut être dans l’obligation de cesser son activité.

 

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Clause de non-concurrence

Lorsque l’on a une idée précise de projet de création d’entreprise et que l’on ambitionne de se lancer, c’est le moment d’évaluer sa situation personnelle afin de déterminer si celle-ci est compatible avec le projet. Et ce, surtout après une carrière parfois longue en tant que salarié, et parfois même dans la même entreprise. Pour cela, le futur entrepreneur peut s’interroger sur sa situation professionnelle actuelle, sa situation familiale et patrimoniale ou encore sur ses compétences et sa personnalité. Le questionnement fait partie des maîtres-mots du jeune créateur. Avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, il est en effet primordial de prendre sa décision en mesurant correctement les conséquences.

Le sentiment de grande liberté peut quelquefois cacher les réalités du quotidien de l’entrepreneur. La création d’une entreprise repose essentiellement sur son auteur. Il n’est plus question d’un simple job alimentaire, d’un salaire fixe à la fin du mois ou des différents avantages octroyés lorsque l’on est salarié. Il est donc d’autant plus important d’être en phase avec toutes les facettes de sa future entreprise et nécessaire de garder à l’esprit les contraintes que cela représente sans se croire invincible. L’équipe est véritablement la clé de voûte d’un projet et représente près de la moitié de la réussite de l’activité. “Il faut définir ses talents pour comprendre de quelles compétences complémentaires le projet aura besoin”, précise Nathalie Carré, chargée de mission entrepreneuriat CCI France. Travailler en équipe permet également de s’entourer de personnes dotées de compétences complémentaires. “Les partenaires, financiers ou non, vont accorder de l’importance à l’entreprise mais surtout s’attacher à comprendre le porteur de projet, ses associés ou ses partenaires”, explique l’experte avant d’ajouter “un excellent projet peut être mal exécuté en raison des porteurs du projet. L’exécution représente 30 % de la réussite”.

Une fois l’idée trouvée, l’équipe constituée, et une première stratégie définie, il faut entrer dans le vif du sujet à savoir : le business model. Cette étape, autrement dit la description générale du projet, va venir expliquer de quelle manière l’activité va générer une certaine valeur pour le client, la transmettre pour par la suite percevoir un retour. “Le business model permet de comprendre les liens entre la proposition de valeur de créateur, ses clients, ses partenaires et ses revenus mais également comment l’entreprise va être organisée”, détaille Nathalie Carré. C’est ici que se décide la cible visée, le mode de distribution, le type de communication à adopter mais aussi la rentabilité financière et la notoriété escomptée. “Pour un futur entrepreneur qui souhaite s’installer, il peut être très important de prendre attache avec un expert-comptable afin de déterminer la forme juridique la plus adaptée à son activité”, explique Kamel Ramdani, chef d’entreprise. En fonction de cela, le régime social et fiscal du dirigeant peut totalement changer. Ainsi, cela peut éviter des mauvaises surprises.

 

Article initialement publié dans le n°126 de Courrier Cadres, d’avril-mai 2020. Retrouvez l’intégralité de ce numéro en PDF sur notre boutique en ligne.

 

 

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