Quels sont vos enjeux de recrutement en 2025 ?
Sophie Cardot (SC) – Nous recrutons de manière stable chaque année l’équivalent de 300 collaborateurs. Ces recrutements portent sur de nombreux métiers, notamment industriels. Nous investissons dans nos usines, avec l’instauration de nouvelles lignes de production, et ce pendant deux ans. Nous avons des postes de techniciens de maintenance qui s’ouvrent partout en France. Nous considérons, d’ailleurs, nos collaborateurs davantage comme des « Associés », car ils contribuent très activement à la performance et aux engagements de l’entreprise. Ils ont la possibilité de prendre des initiatives et de proposer des idées innovantes. La place de chacun est très importante. Cette notion est propre à notre entreprise familiale non cotée en bourse. Nous raisonnons sur du long terme, en générations, pas en trimestres. Ce qui nous permet de créer une relation unique et durable avec nos « Associés » qui ne travaillent pas « pour » Mars, mais « avec » Mars. Au total, nous sommes 5 000 pour un chiffre d’affaires de 2,9 milliards d’euros et 26 marques emblématiques (telles que Mars, M&Ms, Freedent, Ben’s Original, Royal Canin…).
Constatez-vous un déficit d’attractivité sur certains postes ?
SC – Nous avons, en effet, un double enjeu autour de l’attractivité. Le premier concerne nos usines dont les cycles de travail sont moins attractifs depuis le Covid-19. Nous cherchons à repenser les conditions de travail et à faire évoluer les équipes techniques en créant des parcours de développement et de qualification. Cela passe par de l’adaptation à l’automatisation et à la robotique. Ces nouvelles compétences pourront être valorisées en interne ou, plus tard, en externe. Le second enjeu est de mieux faire connaître nos métiers industriels. Nous participons à l’orientation des jeunes dans les collèges et les lycées, notamment en Alsace. Nous travaillons également sur la qualité de vie et les conditions de travail (QVCT). Nous avons, bien évidemment, pris le coche du télétravail au moment de la crise sanitaire. Nous avons ensuite conservé ce modèle de travail hybride (avec deux jours minimum sur site). Enfin, nous avons développé une initiative originale en offrant la possibilité de venir au travail avec son animal de compagnie. Des études ont prouvé que cette présence contribuait au bien-être. Cela favorise la fidélisation, le lien social et la lutte contre la sédentarité, grâce à la nécessité de promener les animaux pendant la journée de travail.
En tant qu’entreprise centenaire, à quels autres enjeux contemporains cherchez-vous à vous adapter ?
SC – Nous avons des valeurs fortes (qualité, efficacité, liberté, mutualité et responsabilité), déterminées par la famille Mars et sur lesquelles reposent nos décisions importantes. Cependant, nous avons conscience qu’elles doivent être régulièrement repensées et adaptées aux attentes professionnelles de toutes les générations. Derrière nos marques iconiques, il y a notamment des programmes d’employeur responsable. Le « Mars Ambassadors Program » permet à nos « Associés » de prendre part à des activités associatives ou caritatives, s’ils le souhaitent, sur leur temps de travail. Ils peuvent participer à des collectes alimentaires dans les hypermarchés avec la Banque Alimentaire ou Les Restos du Cœur. Ils peuvent également contribuer à des collectes de déchets en Alsace pour lutter contre la dégradation de l’environnement. Par le biais de nos produits canins, nous soutenons des refuges pour animaux, comme la Fondation 30 Millions d’Amis, ou des personnes en situation de handicap qui ont besoin d’un chien pour se déplacer. Nous leur offrons une semaine par an pour contribuer à un monde meilleur. Le monde de demain dépend de nos actions individuelles et collectives d’aujourd’hui. Ces initiatives donnent du sens au quotidien.
Vos engagements sont, donc, nombreux. Quelles sont vos priorités ?
SC – Nous accordons une importance particulière à la diversité et à l’inclusion : que ce soit l’égalité entre les femmes et les hommes, la lutte contre les discriminations à l’égard de la communauté LGBTQIA+ et l’intergénérationnel en entreprise. Ce troisième enjeu est le dernier à avoir émergé au sein de nos murs. Nous avons signé en avril 2025 la Charte 50+. Cette initiative marque une étape importante dans notre engagement en faveur de la valorisation des collaborateurs de plus de 50 ans. Chez Mars, quatre générations travaillent ensemble, dont 30 % ont plus de 50 ans et avec un âge moyen de 42 ans. C’est une vraie richesse ! Plusieurs actions sont en train d’être définies. Cela commencera par de la sensibilisation, de la formation, et du tutorat. Nous travaillons également beaucoup avec les services RH sur l’accompagnement des fins de carrière. Toutes ces actions émanent de nos « Associés ».
Concrètement, comment formez-vous vos managers à ces politiques ?
SC – Nous avons une université en interne qui propose tout au long de l’année des programmes de formation autour de compétences humaines ou de compétences opérationnelles à acquérir. Sur le volet managérial, dès qu’un manager nous rejoints de l’extérieur ou qu’il devient manager pour la première fois en interne, nous lui suggérons un programme spécifique appelé « Great Line Management ». Le futur manager apprend à recruter des équipes, à les développer, à les engager, à mener des discussions cruciales, et aussi, à continuer d’évoluer lui-même professionnellement. Enfin, nous avons un programme de trois ans, le « Graduated Early Talent », destiné à booster les jeunes qui décident de l’intégrer dans le but de devenir cadres dans nos comités de direction.