Des services à la carte pour soutenir les collaborateurs
Aide-ménagère en cas d’immobilisation, soutien psychologique, assistance administrative ou juridique, accompagnement périscolaire, portage de repas… Les collaborateurs d’APRIL bénéficient de divers services à la carte, via le dispositif « For Me by APRIL ». Le groupe lyonnais, spécialiste de la distribution d’assurances et de solutions de financement, veut ainsi faciliter le quotidien de ses collaborateurs et de leurs proches. Son objectif ? Soutenir les salariés face aux « coups durs » qu’ils peuvent rencontrer et offrir un appui dans les domaines de la santé, du juridique ou du social. « Les collaborateurs peuvent solliciter de manière gratuite et confidentielle des interlocuteurs spécialisés autres que ceux de l’entreprise », explique Maud Padilla, DRH du groupe.
Les salariés d’APRIL bénéficient également d’une conciergerie médicale. « Cela leur permet d’accéder plus rapidement à des spécialistes et de réduire les délais d’attente », poursuit-elle. Afin de faciliter encore davantage le quotidien des collaborateurs, le groupe a également déployé tous les services classiques d’une conciergerie dans ses nouveaux bureaux lyonnais. Toujours sur le volet care, l’entreprise propose régulièrement des ateliers de prévention avec des médecins dépêchés sur site pour des dépistages de maladies cardiovasculaires, de dermatologie, de cancer du sein ou de problèmes de vision.
Vers une personnalisation croissante des avantages
Comme le souligne Jean-Noël Chaintreuil, spécialiste de l’évolution du travail et des pratiques RH, les avantages octroyés aux salariés tendent de plus en plus vers la personnalisation : « Avec des frontières entre vie personnelle et professionnelle toujours plus ténues, les collaborateurs expriment davantage leurs vulnérabilités et attendent que l’entreprise prenne en compte leur situation personnelle et s’adapte à eux. » Cette attention se manifeste notamment vis-à-vis des plus jeunes générations, sensibles à d’autres formes de reconnaissance. Jean-Noël Chaintreuil cite ainsi leur souhait de se voir proposer des formations à la carte en lien avec leur hobby, ou encore des « congés pour engagement personnel ». Venu des États-Unis, celui-ci permet de consacrer du temps à une cause, une ONG ou un projet social.
Des attentes multiples, notamment pour les salariés aidants
C’est particulièrement vrai également pour les salariés aidants, qui représentent aujourd’hui un salarié sur cinq, et pour lesquels des aménagements de temps de travail ou des congés spécifiques sont désormais très attendus. Le groupe de protection sociale Malakoff Humanis l’a bien intégré et octroie à ses salariés déclarés comme « aidants » des congés exceptionnels supplémentaires rémunérés, mais aussi davantage de jours de télétravail. Ils peuvent en outre bénéficier, via un fonds social alloué à hauteur de 250 000 euros par an, d’aides financières jusqu’à 1 500 € pour couvrir divers types de prestations : aide-ménagère, portage de repas à domicile, prestations d’auxiliaire de vie ou de garde de nuit, remboursement de transports médicaux…
De nouvelles plateformes pour centraliser la gestion des avantages
La montée des dispositifs personnalisés s’accompagne d’une transformation des outils RH. De nouvelles plateformes centralisent la gestion des avantages salariés, jusque-là dispersée entre RH, CSE et direction financière, pour simplifier la vie des entreprises et offrir plus de visibilité aux collaborateurs. Mūcho, soutenue par BNP Paribas, propose une solution tout-en-un combinant avantages prépayés, protection sociale et épargne salariale. Worklife et Bimpli misent sur une carte unique et une application pour suivre dépenses de mobilité, repas ou télétravail, tandis que Benefiz et May laissent les salariés composer eux-mêmes leur « pack » d’avantages. Des acteurs comme Glady ou HappyPal élargissent le champ aux loisirs, à la culture ou aux cadeaux. Ces solutions numériques, de plus en plus adoptées par les RH, offrent une vision globale des coûts et renforcent la cohérence des politiques sociales.
La mobilité douce, nouveau levier d’attractivité
Autre tendance marquante : l’attrait croissant des salariés pour les aides à la mobilité douce. L’État ayant renforcé son appui à cet avantage salarié, le vélo en entreprise semble désormais promis à un développement similaire à celui du titre-restaurant. Chez Malakoff Humanis, les collaborateurs bénéficient d’une enveloppe de 900 € par an, avec une déduction de la prise en charge employeur pour les transports en commun. De son côté, le groupe APRIL alloue à ses collaborateurs 150 € d’indemnité marche et un budget de 420 € par an pour l’achat d’un vélo, le covoiturage ou des accessoires liés à la mobilité douce. En outre, l’entreprise a mis en place des ateliers d’entretien et de réparation de vélos.
Enfin, la rémunération, souvent revisitée, reste un levier clé pour séduire et fidéliser les collaborateurs. Les entreprises rivalisent d’ingéniosité pour partager la création de valeur : dispositif d’actionnariat salarié chez APRIL, épargne salariale à la carte chez Malakoff Humanis, ou primes et abonnements spécifiques selon les accords d’entreprise.
Des pratiques encore peu structurées
Si la France reste pionnière en matière d’avantages sociaux, leur gestion demeure souvent éclatée et peu structurée, révèle une étude Mücho x Toluna Harris Interactive. Titres-restaurant, épargne salariale, mutuelle ou télétravail font partie du paysage, mais leur pilotage est rarement centralisé. Les entreprises proposent en moyenne 7,3 avantages sur les 15 recensés : 9,7 dans les structures de plus de 250 salariés, contre 7 dans celles de 10 à 49 salariés. Si 85 % des dirigeants considèrent leur développement comme un enjeu important, 39 % des salariés avouent mal connaître les dispositifs dont ils bénéficient. Et près d’un dirigeant sur deux n’a jamais mesuré leur impact sur les collaborateurs.