Les cadres ont du mal à appréhender les contours de l’épuisement professionnel, rapporte l’étude de l’APEC. Leur entourage professionnel et familial a également des difficultés à identifier les signes avant-coureurs d’un burn-out. Leur investissement important (engagement, grande disponibilité, flexibilité des horaires, recherche de performance), ainsi que les attentes élevées de leur entreprise, brouillent les frontières avec le surinvestissement menant à une fatigue extrême.
Un (trop) grand investissement
L’immense majorité (95 %) se disent, en effet, très investis dans leur travail, tandis que la plupart sont prêts à se surpasser pour dépasser leurs objectifs (85 %), quitte à travailler les soirs et les week-ends (68 %). Cette implication les expose à des risques psychosociaux élevés, de surcroît lorsqu’ils sont cadres managers, parmi lesquels on retrouve : un stress intense (64 % pour les cadres managers contre 54 % pour l’ensemble des cadres), ainsi qu’un sentiment de faire face à une charge de travail insurmontable (65 % contre 55 %). Ces signes avant-coureurs sont mal identifiés, car ils sont interprétés comme étant des passages « temporaires » ou « obligés » dans une carrière répondant à un environnement exigeant.
Les obligations légales et bonnes pratiques concernant les situations d’épuisement professionnel
Source : Apec, janvier 2025
Lorsqu’un burn-out survient, l’étude explique par ailleurs qu’un « processus de réhabilitation, plus ou moins long, composé de différentes phases (décompression, régénération, reconstruction) pour digérer la situation » est nécessaire. Ensuite, vient le moment de redéfinition d’un projet professionnel et/ou de reconstruction d’un rapport sain au travail. Objectif ? Retrouver un équilibre de vie personnel et professionnel durable. Pour ce faire, ils peuvent repenser leurs priorités, ajuster leurs attentes à l’égard de leur environnement professionnel, et (re)découvrir ce qui donne du sens à leur carrière. Un soutien important des proches, et d’un professionnel de santé, accélère le processus de reconstruction personnelle et de reprise/changement d’activité.
Les obligations légales et bonnes pratiques concernant les situations d’épuisement professionnel
Source : Apec, janvier 2025
Cette introspection est, donc, à la fois personnelle, interpersonnelle, et peut aussi être impulsée par leur entreprise. Celle-ci peut proposer un accompagnement personnalisé, offrant ainsi un cadre sécurisant pour transformer cette épreuve en opportunité de réajustement et/ou de renouveau professionnel.
Les femmes cadres, en première ligne
A noter qu’il existe, selon l’étude de l’APEC, des inégalités entre les cadres femmes et les cadres hommes en la matière. En raison d’une mauvaise répartition de la charge mentale liée aux tâches domestiques et/ou parentales, les femmes cadres concilient plus difficilement leur vie personnelle et professionnelle. 85 % des femmes estiment, à ce titre, que ces difficultés affectent négativement leur santé mentale, contre 77 % d’hommes cadres. 54 % des femmes indiquent également ressentir régulièrement un stress intense lié à leur activité professionnelle, contre seulement 43 % des hommes. Ce qui les conduit à faire davantage de burn-out que leurs homologues masculins. Un phénomène similaire a été démontré par Santé publique France (SpF) en mars 2024 chez l’ensemble des travailleurs femmes et hommes.
Les obligations légales et bonnes pratiques concernant les situations d’épuisement professionnel
Source : Apec, janvier 2025
Par la suite, le retour au travail peut prendre différentes formes : réintégration à l’identique sur un poste donné, réaffectation avec des missions et/ou des horaires aménagés, changement d’entreprise sur une même fonction, ou alors, changement radical de métier et de statut (reconversion, entrepreneuriat, mobilité géographique, etc). Cette reprise d’activité s’accompagne très souvent, selon les données de l’APEC, d’une véritable volonté de changement de rapport à l’entreprise, et plus largement au travail. Leur appréhension de la sphère professionnelle est plus distante et vigilante.
Pour conclure, cette reprise est une période sensible qui met à l’épreuve le nouveau projet professionnel et les espoirs qui l’accompagnent, à commencer par un meilleur équilibre de vie. L’entourage (famille, manager, collègue) a, là encore, un rôle majeur à jouer pour rendre ce retour au travail optimal.
*L’étude « Reprise du travail après un épisode d’épuisement professionnel » publiée le16 janvier 2025 par l’APEC est une enquête qualitative, composée de 52 entretiens, menée entre mai et juillet 2024 par Ipsos.