En 2026, l’IA est-elle l’amie ou l’ennemie des managers ?
Sébastien Van Dyk (SVD) – Aujourd’hui, je dirais que l’IA est plutôt l’alliée des managers. Il y a encore évidemment quelques challenges : d’éthique, d’utilisation, d’adoption. Mais l’intelligence artificielle a déjà commencé à améliorer certains sujets comme la tonalité des échanges dans l’entreprise. A commencer par les mails. Là où l’IA est forte, c’est sur la sémantique, le langage. Ses mots sont plus justes, plus fins. Dans les reportings, les données aussi sont plus précises. Nous avons la capacité de faire les choses avec une conscience plus forte de l’écosystème qui nous entoure pour prendre de meilleures décisions.
Qu’est-ce que l’IA change dans le quotidien des managers ?
SVD – Déjà, il faut que tout le monde y ait accès pour favoriser la dimension collective de cet usage numérique. Ensuite, c’est l’adoption de ces changements à grande échelle – aussi bien dans son métier que dans ses pratiques quotidiennes. Et enfin, l’adaptation de l’organisation et des métiers eux-mêmes. Le manager doit s’inscrire dans ces trois grandes étapes pour vraiment bénéficier collectivement de l’impact de l’IA. Tout en veillant, comme je le disais, à l’éthique, au discernement, à l’humain d’abord.
Observez-vous encore des résistances de la part des équipes ?
SVD – Il y a eu une évolution forte cette année. Nous avons constaté un passage de 24 % d’utilisateurs à presque plus de 50 %. Nous voyons que les chiffres continuent de progresser. Donc, il n’y a pas de raison que cette dynamique s’arrête. En revanche, nous observons que certaines contraintes apparaissent. Des entreprises comme Microsoft, Amazon ou encore Uber remarquent que le coût du recours à l’IA devient conséquent. Ce point devient majeur. Le manager doit se demander comment assurer une performance économique et une responsabilité sociale au quotidien tout en surveillant les coûts grandissants.
Avez-vous des bonnes pratiques à partager ?
SVD – Dans les RH, par exemple, l’IA peut aider à compléter les enquêtes de satisfaction. Nous l’avons utilisée pour aller chercher dans les verbatims de nos collaborateurs encore plus d’éléments, plus de fiabilité dans les informations obtenues. Nous avons vérifié leur cohérence. Nous voulions être certains que rien ne nous échappe afin de continuer à améliorer l’engagement de nos collaborateurs. L’IA nous permet de traiter toutes ces données à grande échelle. Ce sont des milliers de citations que nous recueillons. D’habitude, elles sont exploitées de manière informelle à travers quelques discussions. L’IA permet donc de retrouver de l’objectivité. L’IA nous permet aussi aujourd’hui de proposer des catalogues géants de formations pour répondre notamment à l’enjeu du développement de nouvelles compétences. Les managers et leurs équipes ont souvent du mal à s’y retrouver pour choisir la bonne formation qui répond à l’acquisition des bonnes compétences. L’IA a désormais la capacité de les orienter, même si là encore le discernement est de mise. Le manager reste celui qui a le dernier mot par rapport à la machine.
Quels nouveaux défis se dessinent déjà en matière d’IA ?
SVD – L’éthique reste et restera un sujet crucial en matière d’IA. L’autre élément, cité précédemment, ce sont les coûts financiers et énergétiques associés pour les entreprises à l’usage de cet outil. Lorsque cet IA est privée, il est évident que les coûts sont élevés et augmentent. Ils sont supposés diminuer d’ici à 2030. Mais, à ce stade, ce n’est pas le cas. De grandes entreprises de la Silicon Valley ont commencé à ralentir cet usage parce que ça finissait par coûter plus cher qu’un salarié. L’inverse de la promesse initiale !