Le slogan visible sur le site de la banque responsable a le mérite d’être clair : « Non, l’écologie n’est pas une punition. » La banque coopérative, adossée au groupe BPCE, continue de se donner pour mission d’accentuer son engagementen faveur des sujets sociaux et environnementaux, aux côtés de ses 1 800 collaborateurs répartis dans 70 centres d’affaires sur le territoire français. « Que ce soient nos collaborateurs, nos clients et nos sociétaires, qui sont 25 000 à nous rejoindre chaque année, personne ne vient chez nous par hasard. Nous avons tous de vraies convictions sur ces sujets », tranche Pascal Pouyet, son directeur général. Cette démarche implique « de faire des choix. Il y a des projets qu’on décide de financer et d’autres que nous ne financerons sous aucun prétexte. » L’intégralité des financements de production d’énergie, par exemple, va à des entreprises œuvrant dans le secteur des énergies renouvelables. À l’inverse, la banque responsable a déterminé une politique d’exclusion en ne finançant pas les projets qui tournent autour de l’extraction des énergies fossiles, des jeux d’argent, de l’armement ou encore de la pornographie : « L’argent de nos clients doit être utilisé pour des projets utiles à la société et à l’économie réelle ». En parallèle, elle propose une politique de finance solidaire, comme le fonds de partage « Faim et Développement », le premier en Europe. Depuis sa création en 1983, plus de 93 millions d’euros de dons ont été versés à des associations.
Plus de flexibilité
En interne, la banque responsable est également très attachée à sa politique de diversité et d’inclusion visant à intégrer les personnes en situation de fragilité de santé. Dès janvier 2023, elle a signé la Charte Cancer@work et a coconstruit un plan d’actions avec une poignée de collaborateurs volontaires, décrochant ainsi la labellisation Cancer@work. Encore aujourd’hui, « il y a de vrais tabous autour de la maladie en entreprise, développe Pascal Pouyet. Dans la manière dont la personne annonce sa pathologie, dont le manager réceptionne cette parole, dont l’entreprise l’accompagne tout au long du parcours de soins, et dont le retour est adapté à ses nouveaux besoins. »
Il s’agit en effet de rendre les conditions de travail ainsi que les pratiques managériales les plus compatibles possibles avec les contraintes de santé du salarié. Le dirigeant du Crédit Coopératif a constaté au fil des années que « beaucoup tiennent à rester en emploi pendant cette période de vie qui n’est pas facile ». Il précise que les managers ne sont pas seuls pour gérer cette situation : « Eux aussi doivent être accompagnés pour être suffisamment soutenants dans cette épreuve. » Les RH, l’assistante sociale, le médecin du travail ainsi que les collègues ont également un rôle clé à jouer dans la co-construction de ce poste sur mesure. « La solution proposée doit être réfléchie et personnalisée, car il n’y a pas un profil, ni une situation qui se ressemblent », précise-t-il.
La première des choses, « c’est de rassurer les personnes concernées en leur faisant comprendre qu’elles ne vont pas perdre leur travail. Des allers-retours au bureau doivent être envisagés pour leur permettre de suivre sereinement leur parcours de soins. Enfin, que le retour soit progressif, temporaire ou définitif, il faut opter pour plus de flexibilité dans la réalisation des missions. » Cette flexibilité passe par un aménagement du poste et/ou du temps de travail : une réorganisation interne des activités, plus de journées de télétravail, des jours de congés supplémentaires, etc. À ce jour, 30 salariés en ont bénéficié.
Tenir ses engagements
D’autre part, le dirigeant se félicite d’enregistrer un taux de 8,34 % de travailleurs en situation de handicap au sein des équipes – un chiffre bien au-dessus de l’exigence réglementaire de 6 %. Plusieurs dispositifs de soutien sont notamment proposés aux personnes en situation de handicap : une permanence « Handi’écoute » ainsi qu’une ligne « Handicap & vie au travail ». Elles permettent d’obtenir des informations rapides et des conseils concrets relatifs à de nombreuses situations professionnelles auxquelles les salariés concernés peuvent être confrontés. La banque responsable œuvre, enfin, activement pour élargir ces questions de diversité et d’inclusion aux salariés LGBT+. En janvier 2025, le Crédit Coopératif a signé la Charte de l’association L’autre Cercle.
Plus largement, afin de relever le défi de la transformation et de la digitalisation des métiers du secteur, la banque responsable a déployé une « COP Académie ». Son double objectif porte sur la sensibilisation ainsi que sur la montée régulière en compétences des équipes. « Cette initiative améliore leur employabilité et participe à donner du sens à leur quotidien. Ce sont des métiers d’avenir, intéressants et rémunérateurs. Nous attirons et fidélisons plus facilement nos collaborateurs. Un jour peut-être, nous ouvrirons ce savoir-faire à nos sociétaires et à nos clients », indique le directeur général. Dans le contexte international actuel, qui induit le retour en arrière des politiques RSE de certaines entreprises, principalement américaines, Pascal Pouyet appelle à « rester vigilant et à maintenir fermement ses engagements sur ces sujets. Ce sont des politiques qui se construisent et se renforcent dans la durée. Nous ne pouvons pas les changer au gré des tergiversations des uns et des autres. »
Et le dirigeant de conclure : « Nos métiers contribuent à la transition écologique et à la mobilité sociale. Si certains n’ont pas de capitaux ou d’autres richesses familiales, ils ne pourront pas acheter de logement, monter une entreprise ou une association. Le métier de banquier, c’est aussi d’accompagner ces personnes. »