Après le cloud et le télétravail, le poste de travail entre dans une nouvelle ère avec l’intelligence artificielle. Sept travailleurs sur dix l’utilisent en entreprise selon le Work Relationship Index 2025 de HP, baromètre mondial explorant la relation qu’entretiennent les employés avec leur travail, mais ce chiffre reflète des réalités d’usage encore très hétérogènes. En effet, moins d’un quart (22 %) en font un usage quotidien et près de la moitié (44 %) avoue ne pas savoir quand ni comment l’exploiter. Plus révélateur : les dirigeants ont trois fois plus accès aux outils IA professionnels que leurs équipes, creusant l’écart entre employés d’une même entreprise.
Cette asymétrie survient dans un contexte morose, qu’elle vient alimenter : selon l’étude, seuls 17 % des salariés français disent avoir une bonne relation avec leur travail, en recul de 4 points sur un an.
La rupture technologique des PC IA
Avec la fin du support Windows 10, les entreprises doivent faire évoluer leurs équipements. Un défi se pose alors pour les DSI : conserver leur flotte d’équipements informatiques ou en profiter pour la renouveler pour des appareils plus performants ? La plupart ont anticipé ce tournant et ont déjà engagé des investissements afin d’amorcer la bascule vers les PC IA.
Ces appareils, dotés de processeurs NPU (Neural Processing Unit), peuvent exécuter l’IA localement, sans latence ni dépendance au cloud. Les gains concrets ? Une cheffe de projet enchaînant les visioconférences voit ses réunions automatiquement transcrites et résumées, les interventions en langues étrangères sont traduites instantanément, l’arrière-plan se floute automatiquement en cas de besoin. Un commercial obtient une mise en forme professionnelle de ses propositions en quelques secondes et peut ainsi se concentrer sur le fond. Ces transformations, subtiles mais impactantes, améliorent l’expérience quotidienne en faisant gagner du temps et en permettant aux collaborateurs de se concentrer sur les tâches à plus forte valeur ajoutée. L’avantage clé de l’IA embarquée : un traitement local des données garantissant une confidentialité renforcée et une disponibilité permanente, même hors connexion.
Formation et dimension humaine : les défis oubliés de la transformation
Le Work Relationship Index révèle un paradoxe troublant : alors que l’IA se généralise, les sessions formations reculent, passant de 41 % à 36 % entre 2024 et 2025. Face à ce constat, les DSI et les dirigeants d’entreprise se retrouvent en première ligne. Si la quasi-totalité reconnaît jouer un rôle stratégique, deux tiers (69 %) avouent faire face à des défis majeurs : sécuriser les usages face au phénomène du “Bring Your Own AI” (le collaborateur travaille sur des solutions IA personnelles), orchestrer une montée en compétences adaptée et mesurer concrètement l’impact des investissements.
Pourtant, les bénéfices sont tangibles. Selon l’étude, les entreprises qui démocratisent vraiment l’accès aux technologies voient leurs collaborateurs nettement plus engagés : les salariés disposant d’outils adaptés ont deux fois plus de chances d’entretenir une relation satisfaisante avec leur travail, et cinq fois plus lorsqu’ils estiment que leur entreprise investit pour eux. Les utilisateurs réguliers d’IA professionnelle sont aussi les plus épanouis : plus d’un sur deux parmi ceux qui se sentent bien au travail en font usage chaque semaine ; et un salarié sur deux estime que la technologie a amélioré son équilibre vie professionnelle-personnelle.
À l’heure où l’intelligence artificielle s’invite dans chaque métier, le PC IA devient bien plus qu’un outil, mais l’un des catalyseurs d’une meilleure relation avec son travail. La réussite tient à un équilibre entre accès équitable aux outils, formation ad’hoc et continue, transparence sur les usages et mesure des bénéfices réels. Les PC IA peuvent certes transformer l’ordinateur en assistant intelligent, mais l’essentiel du bien-être reste bien entre les mains des dirigeants d’entreprise, et dans la manière dont ils considèrent leurs collaborateurs.