13 millions de personnes ont des problèmes de santé mentale en France. Soit 25 % de plus depuis le Covid-19. Si des stars américaines comme Selena Gomez, ou des sportifs français comme Teddy Riner, tentent de démocratiser le sujet, 70 % des individus considèrent toujours qu’il est tabou d’en parler. La plupart du temps, les personnes concernées ont honte de confier leurs souffrances, y compris à leurs proches. Dans le documentaire, « Santé mentale. Briser le tabou », écrit et réalisé par Juliette Paquin, diffusé sur M6, ce mardi 6 mai, des célébrités et des anonymes livrent des témoignages forts pour libérer la parole. Car, plus la prise en charge est rapide, plus elles pourront emprunter le chemin de la résilience.
Faire évoluer les mentalités
Contrairement à ce que l’on pense parfois, les troubles liées à la santé mentale ne se résument pas qu’à « la folie », ou au fait d’être un « psychopathe ». Ces pathologies, moins visibles et compréhensibles que les maux physiques, prennent des formes variées, se déclarent pour diverses raisons, et ont des conséquences différentes. Dans ce documentaire, Yannick Noah, chanteur et ancien champion de tennis, raconte, par exemple, avoir traversé une profonde dépression après son sacre à Roland-Garros en 1983. Idem pour les champions de natation, Florent Manaudou et Camille Lacourt, ainsi qu’Arnaud, ingénieur dans l’industrie. « C’est sournois, confie ce dernier. La dépression ne vous rend pas incapable de faire les choses tout de suite. Elle est là, et quand arrive le moment opportun, elle vous fracasse ». Le mal-être s’exprime, ensuite, par des crises d’angoisse, des pleurs, des insomnies, des prises/pertes de poids, etc.
Quant à Pomme, chanteuse, elle est atteinte d’anxiété chronique, entraînant des troubles alimentaires, tandis que l’humoriste Constance est bipolaire. Joséphine, elle, présente un trouble de la personnalité borderline. « J’ai une succession de phases maniaques où je dors peu, sors beaucoup, me sens importante et indestructible. » Cependant, dans les semaines qui suivent, « je suis tétanisée dans mon lit, je ne vois personne, j’ai envie de mourir. Les deux états sont dangereux », car 50 % des personnes bipolaires souffrent d’une addiction. De son côté, l’acteur François Berléand relate ses épisodes de paranoïa, mythomanie, troubles schizophrénique, tandis que l’animateur Eric Antoine et la créatrice de contenus Crazy Sally évoquent leur burn-out. David présente des troubles schizophréniques et Zelliana des troubles dissociatifs de l’identité.
Le rétablissement passe par un bon diagnostic
Ces troubles aux multiples visages prennent racine dans différentes causes : violences intra-familiales dans l’enfance, perte d’un proche, harcèlement moral au travail, ivresse de la réussite. Plus les traumatismes sont lourds et répétés, plus la parole peut mettre du temps à se libérer. Cependant, les risques de dégradation, voire d’irréversibilité, de la santé mentale augmente. C’est pourquoi, les célébrités et les anonymes de ce documentaire recommandent d’en parler dès que possible. « Dans toutes les familles, il y a des vulnérabilités. Les vulnérabilités ne sont pas des faiblesses. Mais, il s’agit d’en avoir conscience pour les prévenir. Les pathologies peuvent être héréditaires », souligne le Dr Jean-Victor Blanc.
Ensuite, il s’agit d’établir le bon diagnostic et de trouver le bon traitement. Ce processus peut s’avérer long, provoquer des effets secondaires indésirables, et nécessiter une réadaptation fréquente. Un traitement adapté « ne change pas la personnalité, il la rétablit », rassure le psychiatre. Le plus fréquent, selon lui, sont les épisodes dépressifs et les addictions. « Cela peut toucher tout le monde à tout moment », explique-t-il. En revanche, « contrairement aux idées véhiculées dans l’imaginaire collectif, la dépression est une pathologie qui se traite plutôt bien. Quelqu’un qui est dépressif ne l’est pas toute sa vie ! »
Actuellement guéris ou en voie de guérison, les différents témoins de ce documentaire-manifeste insistent sur le fait qu’il faut en parler à son entourage ou à un professionnel qualifié avant de « craquer complètement ». « Quand on ne va pas bien, il faut changer de route ! », encourage Camille Lacourt.