Les Grecs et les Romains faisaient du management sans le savoir. C’est peu ou prou au moment de la révolution industrielle qu’il est identifié comme tel et qu’il commence à prendre la forme qu’on lui connait aujourd’hui en France. « Son évolution est loin d’être terminée ! », s’est exclamé Albert David, professeur de management à l’Université Paris Dauphine-PSL, à l’occasion de la soirée d’inauguration de l’exposition* Allez hop au travail ! Le management toute une histoire, accessible à la Citéco à Paris.
« Le management a structuré l’entreprise et lui a permis d’être plus efficace, poursuit le professeur. Aujourd’hui, nous sommes toujours dans le modèle dominant de la performance, mais il y a des tentatives d’organisations plus humaines. La machine professionnelle est vraiment difficile à ralentir ou à faire bifurquer, car elle est devenue très sophistiquée et doit répondre à de nombreux défis simultanés. »
Les évolutions managériales reflètent les transformations à l’œuvre au sein de la société. « Elles évoluent au rythme des technologies, des mentalités, notamment des jeunes générations, dont les aspirations sont en profonde mutation. Face à ces changements, nous avons essayé d’imaginer les managers de demain », complète Philippe Gineste, directeur de la Citéco. Voici quatre profils qui sortent du lot.
1. Manager de l’inconnu
Le « manager de l’inconnu » pourrait être l’un des profils les plus plébiscités par les organisations. Ses diplômes : histoire des explorations et sciences de la générativité. Son travail : il consisterait à accompagner l’innovation en structurant progressivement les évènements présents ainsi que les futurs obstacles pas toujours connus. Ses compétences : elles seront indispensables, notamment, dans le domaine de l’ingénierie, particulièrement en proie aux bouleversements techniques et écologiques.
2. Manager en sciences des conséquences
Le « manager en sciences des conséquences » pourrait être le second profil incontournable en entreprise. Ses diplômes : philosophie, management de la responsabilité, sciences des conséquences. Son travail : il passerait par l’anticipation des impacts à moyen et long terme des décisions prises. Il aura en tête, à chaque instant, tous les futurs possibles. Ses compétences : elles seront essentielles pour prendre en compte les dimensions éthique, sociale, économique, ou écologique d’une décision prise par l’entreprise.
3. Manager-techno des coordinations humaines/non-humaines
Le « manager-techno des coordinations humaines et non-humaines », quant à lui, pourrait être le troisième profil très recherché par les organisations. Ses diplômes : management des interactions avec les machines, paléo-linguistique et ingénierie des conversations. Son travail : il l’amènerait à assurer la fluidité du dialogue entre des salariés humaines et leurs collègues non-humains, comme l’IA. Ses compétences : elles seront très techniques en droit de l’artificiel et en management des conflits.
4. Manager de systèmes participatifs massifs
Le « manager des systèmes participatifs massifs » serait, enfin, le dernier profil susceptible d’émerger dans les prochaines années. Ses diplômes : architecture des réseaux sociaux et psychologie de l’engagement solidaire. Son travail : il consisterait à mettre au point des modèles de coordination à grande échelle qui auront pour objectifs le développement de l’esprit critique ainsi que de la participation citoyenne. Ses compétences : elles porteraient sur l’organisation et l’animation de conversations à grande échelle.
À travers cette exposition, « nous souhaitons redorer le blason du management en faisant le grand écart entre le passé et le futur. Ces dernières années, nous l’avons peut-être mal compris, mal transmis. Nous avons peut-être oublié son sens premier. L’idée est de se remémorer certains fondamentaux, mais pour en faire quelque chose de nouveau. Nous pouvons, par exemple, revenir à un leadership plus ferme, sans pour autant, tomber dans les travers du paternalisme », termine le commissaire, Albert David.
*L’exposition dédiée à l’histoire et aux enjeux du management, co-construite avec l’Université Paris Dauphine-PSL, est installée dans les locaux de la Cité de l’Economie (Citéco) du 10 janvier au 1er juin 2025.
Bonjour , bel effort d’imagination …mais carrément perché !
J’attends avec impatience les annonces de recrutement de ces postes ?! 🤔😌
Il y a des profils plus concrets en ces temps mouvementés qui vont mêler aptitude à comprendre et motiver ses équipes , souvent bien éloignées des objectifs financiers qui ont détruit l’harmonie au travail … Et détruisent de façon certaine la valeur essentielle de l’entreprise , pour maximiser les profits court termes ou la bourse …
Bon courage à eux ! 😌