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Télétravail, pourquoi la France ne s’y met pas ?

, par Nicolas Monier

À quelques jours d’une grande journée nationale de mobilisation, le télétravail devrait s’imposer plus que jamais dans les entreprises. C’est encore loin d’être le cas. De récents chiffres publiés par le cabinet de recrutement Robert Half abondent dans ce sens. Seul un collaborateur sur trois aurait eu recours au télétravail en 2018.

 

Si la journée du 5 décembre prochain, date d’une journée de grève sans doute très suivie, est dans la tête de bien de dirigeants, rare sont encore les salariés à pratiquer le télétravail. Le cabinet de recrutement Robert Half vient en effet, avec un certain sens du timing, de publier plusieurs chiffres sur cette méthode de travail encore boudée par les organisations. Les chiffres sont éloquents. Seul un collaborateur sur trois aurait recours au télétravail en 2018. Et seulement 3 % des salariés utiliseraient cette méthode au moins une fois par semaine. Robert Half souligne que 12 % des collaborateurs accepteraient de revoir leur salaire à la baisse pour pouvoir bénéficier davantage du télétravail.

 

Une réticence encore marquée

 

“La mise en place des RTT a été vécue par les équipes dirigeantes comme un acquis social. On accordait une certaine flexibilité entre vie privée et vie professionnelle. Les organisations dirigeantes ont peut-être le sentiment d’avoir à refaire un pas en ce sens avec le télétravail. La France, contrairement aux pays anglo-saxons, est un pays qui accorde encore beaucoup de place au présentéisme”, explique Noémie Cicurel. Et la directrice du recrutement chez Robert Half France de saluer les ordonnances Macron qui ont permis justement de flexibiliser le télétravail.

 

Les ‘millenials’ plébiscitent la méthode

 

Robert Half révèle également que 68 % des ‘millenials’ choisiraient de collaborer avec une entreprise proposant le télétravail. En revanche, la prochaine grève du 5 décembre 2019 met tout le monde d’accord y compris chez les séniors qui s’emparent de cet événement pour se mettre au télétravail. “Les millenials sont beaucoup plus pragmatiques que leurs aînés. Ils n’ont pas le culte de la présence à tout prix”, note Noémie Cicurel. Bien évidemment, les récents outils collaboratifs articulés autour de la mobilité permettent désormais un contrôle effectif et en temps réel du salarié pratiquant le télétravail. Les derniers freins culturels peuvent ainsi sauter grâce aux nouveaux développements technologiques. Qui plus est, rien n’est gravé dans le marbre, il est toujours possible de revenir en arrière si la solution s’avérait peu efficace.

Nicolas Monier

Nicolas Monier


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