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Walking meetings : “On avance dans la même direction, côte à côte, et plus face à face”

, par Fabien Soyez

Les salariés restent assis 7h24 par jour, ce qui n’est pas sans risques pour leur santé et leur productivité. Mais depuis peu, une nouvelle pratique se développe : les walking meetings. Des “réunions en marchant” qui stimuleraient la créativité, tout en favorisant le bien-être des participants. Élizabeth Laville, fondatrice et directrice d’Utopies, agence de conseil en RSE à l’origine d’un guide sur le sujet, nous en dit plus.

 

Pourquoi faudrait-il, selon vous, organiser des réunions en marchant ?

Inspirée des pratiques de certaines personnalités historiques ou actuelles (Rousseau, Aristote, mais aussi Steve Jobs et Mark Zuckerberg), la réunion en marchant est une pratique de plus en plus courante aux USA, mais elle reste méconnue en France. On peut citer une poignée d’entreprises, de Décathlon à Axa, en passant par Esthée Lauder et la Camif, mais elles sont encore peu nombreuses. Toutefois, les organisations sont dans une dynamique qui devrait les mener vers les walking meetings : elles cherchent à améliorer leur marque employeur et à développer la QVT, notamment en luttant contre la sédentarité et en désengorgeant les bureaux et les salles de réunion.

L’objectif des walking meetings est d’éviter aux salariés de passer trop de temps assis, pour des raisons de santé, mais aussi de productivité. L’idée est de sortir et d’organiser des réunions dehors, en marchant. En moyenne, nous passons 7h24 assis en moyenne, contre 8h endormis. Cette sédentarité a des conséquences pour votre santé, même si vous faites du sport après. Rester assis trop longtemps augmente le risque de mortalité, en favorisant les maladies cardio-vasculaires et le diabète de type 2. La sédentarité cause aussi des maux de dos ou des douleurs d’estomac.

Pour contrer cela, il faut se lever régulièrement pendant son temps de travail. La marche, accessible à tous, permet d’oxygéner son cerveau, mais aussi de se dégourdir les jambes, et les idées. Ainsi, si elle est bénéfique pour la santé, elle l’est aussi pour la créativité : selon une étude de Stanford, marcher augmente de 60 % les pensées divergentes, celles qui génèrent les idées créatives.

Mettre fin à la réunionite et privilégier les réunions en marchant a donc de multiples avantages, pour les entreprises (gain de productivité et de performances) comme pour les salariés, car cela stimule leur bien-être, mais aussi leur motivation. Discuter en marchant libère davantage la parole. La dynamique entre les personnes n’est plus la même : on avance dans la même direction, côte à côte, et plus face à face. La hiérarchie est atténuée. Les échanges sont plus authentiques, honnêtes, moins formels. Menez la même réunion en marchant, et vous constaterez que les conversations seront différentes, et même plus efficaces.

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Les walking meetings se prêtent-elles à toutes les réunions ?

L’idée n’est pas de changer toutes les réunions en walking meetings, mais de le faire de manière adaptée, pour de petites réunions.

Selon l’Université de Stanford, les pensées convergentes (celles qui aboutissent à une prise de décision et nécessitent un débat posé) se partagent mieux assis dans un bureau. Il est aussi difficile de faire marcher ensemble plus de 3 personnes.

Finalement, les réunions qui se prêtent le mieux à la marche sont celles où l’on échange des idées et des réflexions créatives en petit groupe, ainsi que les entretiens individuels (annuels ou d’embauche).

 

Concrètement, comment s’y prendre ? Quelles règles pour le bon déroulé des walking meetings ?

Un walking meeting se pense et se prépare en amont, de la même façon qu’une réunion classique. Étant donné qu’il s’agit d’une activité extérieure, il faut prévoir des chaussures adaptées, vérifier la météo, penser à emporter une bouteille d’eau… Il faut ainsi prévenir les participants de l’importance de se préparer, et éviter les “réunions-marches” surprise.

Il faut également planifier un itinéraire (autour du bureau, ou du bureau vers un parc dans la ville, par exemple), tenir compte de la largeur des trottoirs (éviter les rues résidentielles et privilégier les boulevards, afin de pouvoir marcher tous côte à côte), et fixer une durée à la réunion : entre 30 et 60 minutes, ou entre 3 et 6 km. À l’organisateur de prévoir également des outils (carnets, dictaphones) pour garder en mémoire les idées évoquées.

Les villes développent actuellement largement les espaces verts et les rues piétonnes. On assiste à une véritable réappropriation des rues par les piétons : il faut donc en profiter !

 

Que se passe-t-il en cas d’accident ?

Selon le Code du travail, l’employeur est responsable de tout ce qui peut arriver à ses salariés. Il doit tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité de ses équipes, notamment en les prévenant des risques et des comportements à adopter lors des walking meetings (respect du Code de la route, principalement).

Il doit aussi consigner toutes les mesures de prévention dans le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), et le mettre à jour avant de déployer à grande échelle les réunions en marchant, en spécifiant l’existence de ce genre d’activités.

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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Vos réactions (1)

  1. Franck TAVERRITI, le

    Sans oublier le standup meeting, approche complémentaire et très efficace.
    Ne nécessite qu’une table de réunion réglable en hauteur pour l’adapter à l’usage.
    Franck
    MAKIBA

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