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L’isolement au travail, maladie du siècle ?

, par Mathilde Seifert

Le 6ème baromètre de Paris Workplace, réalisé par SFL (Société Foncière Lyonnaise) en partenariat avec l’Ifop en juin 2019, mesure l’impact des interactions entre salariés sur les performances et le bien-être au travail.

 
L’édition 2019 du sondage Paris Workplace intitulé “et si on parlait ?” étudie les interactions entre employés dans le monde professionnel. Il révèle que les salariés, de plus en plus connectés, se sentent de plus en plus isolés. Les bureaux partagés ou les “open space” se multiplient. Ainsi un salarié est rarement seul. Cependant, la majorité (59 %) des Franciliens interrogés avouent qu’il leur arrive de se sentir isolés. Ce sentiment de solitude peut s’intensifier, allant jusqu’à impacter fortement leur travail.

D’après l’étude, une personne qui se sent souvent éloignée est moins heureuse, ressent un bien-être inférieur aux autres et davantage de stress. Cet isolement impacte également la confiance et l’estime de soi, le salarié s’estimant moins performant que son confrère. La moitié des personnes dans cette situation (49 %) ne se sentent pas soutenues en cas de difficultés, soit le double de ceux “rarement isolés”, et ne pensent pas ainsi rester durablement au sein de l’entreprise.

Ce mal-être provient souvent d’une faille dans le système de management. Le sentiment d’isolement peut se manifester aussi bien en bureau partagé qu’en télétravail. Sur 10 Franciliens interrogés, 4 d’entre eux travaillent au moins une fois par semaine à l’extérieur. Ils sont aussi 46 % à souhaiter pouvoir accéder à cette organisation de travail de temps en temps.

Si le travail à distance paraît être une option nécessaire pour certains, elle n’a aucun effet bénéfique sur le bien-être ou la performance. Au contraire, les adeptes du télétravail ont du mal à se concentrer, sont davantage susceptibles de s’ennuyer et s’avèrent plus stressés. Les télétravailleurs se révèlent être trois fois plus nombreux (24 %) que les autres salariés (8 %) à avoir peur de se faire licencier.

 

Trop de relations, tue la relation

S’il est important d’interagir avec ses collègues, il faut savoir faire preuve de juste mesure, nous enseigne le baromètre. Passé le seuil de 20 personnes, les conversations en “face à face” peuvent nuire à la concentration. Les salariés échangeant avec plus de 20 personnes sont plus nombreux (51 %) à se disperser que ceux qui communiquent avec entre 11 et 20 collègues (36 %). Ces derniers apparaissent plus stressés et susceptibles de subir des tensions avec leurs collègues ou leurs supérieurs.

Une chose est sûre, la qualité des relations entre collègues est un facteur de performance. En plus d’avoir des conséquences sur la performance, le fait d’entretenir de bonnes relations dans l’univers professionnel diminue le stress et procure plus de bien-être. Tout est question de bon équilibre et l’entreprise a son rôle à jouer dans ce processus. Il est important de privilégier un travail collaboratif, qui passe par la création d’espaces de convivialité autres que des salles de réunion, afin de se réunir et de travailler collectivement. “L’activity based office” et les bureaux partagés (2 à 6 personnes), comparés aux “open space” et aux bureaux individuels semblent, finalement, favoriser davantage les échanges vertueux.

 

 
 

Mathilde Seifert


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