Entreprise CC-Flex-office-2018

Flex-office : 77 % des entreprises passent par une phase de test

, par Camille Boulate

Une étude du cabinet JLL, spécialisé dans le conseil immobilier d’entreprise, parue ce jeudi 14 juin, analyse la tendance du flex-office. Résultats, si 84 % des personnes l’ayant essayé se déclarent satisfaites de leur nouvel environnement, 48 % des “non pratiquants” ont une opinion défavorable concernant ce mode d’organisation.

 

Après le co-working, le flex-office a la cote auprès des entreprises. Si seulement 3 % des salariés français travaillent dans une entreprise qui l’a adopté, ce nouveau mode d’organisation séduit de plus en plus d’employeurs. Mais quid des collaborateurs ? C’est pour analyser cette nouvelle tendance que le cabinet JLL, spécialisé dans le conseil immobilier d’entreprise, a effectué une vaste étude auprès de 14 entreprises pratiquant le flex-office, soit l’équivalent de 32 000 salariés et 417 000 mètres carrés de “bureaux agiles”.  Les résultats de cette enquête, parue ce jeudi 14 juin, mettant en évidence que le passage au flex-office s’inscrit systématiquement dans un impératif de transformation organisationnelle. “Il fait écho à une réflexion plus large sur le Future of Work et les enjeux de la conversion digitale. Il est conçu comme une réponse aux bouleversements des attentes clients et collaborateurs – vers plus de proximité, de réactivité”, insiste les auteurs de l’étude.

 

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Plus d’espaces collaboratifs

L’aspect primordial du flex-office reste de réduire le nombre de bureaux individuels. Ainsi, en moyenne, une entreprise qui déploie ce nouveau mode d’organisation propose 0,8 poste par collaborateur. Un chiffre qui apparaît comme le taux de mutualisation acceptable pour les employeurs, d’après l’étude. “On pressent que cet indicateur pourrait être optimisé à 0,7 – à condition que l’occupation soit mesurée en temps réel, et gérée de façon homogène sur tous les jours de la semaine, avec le lissage des jours de télétravail”, précise l’enquête. Toutefois, la diminution du nombre de postes de travail se fait au profit d’autres espaces, plus collectifs. Ces derniers sont, en moyenne, trois fois plus nombreux dans les entreprises ayant adopté le flex-office. Et 100 % des entreprises sondées ont misé au moins sur un lieu de vie emblématique (salle détente, cafétéria, terrasse, etc.) “Ces nouveaux lieux élargissent le champ des possibles, ils constituent un véritable tremplin pour travailler autrement. Dans ce type de projet, un tiers du temps de travail se déroule dans les espaces informels”, précise Flore Pradère, responsable de la recherche entreprises chez JLL et auteure de l’étude.

 

Une plus grande liberté

À l’usage, les salariés pratiquant le flex-office semblent conquis. 75 % se sentent plus libres dans leur façon de travailler, 70 % estiment être plus productifs et 56 % assurent que la collaboration avec leur équipe s’est améliorée. Mais pour les non convertis, les préjugés sont nombreux. Au sein de l’une des entreprises sondées, 48 % des “non pratiquants” ont une opinion défavorable concernant le flex-office, 61 % pensent qu’il n’est pas adapté à leur métier, 78 % n’y voient aucune opportunité et 75 % identifient des risques potentiels. C’est pour lever l’ensemble de ces barrières que plus des trois quarts des entreprises (77 %) ont misé sur une phase pilote pour permettre le Test and learn et embarquer les salariés autour de leurs futurs bureaux. “Cette étape est essentielle : dans chaque entreprise, l’annonce en flex-office passe par un mouvement d’opposition inévitable. Sans rejeter le concept en lui-même, les salariés considèrent que le flex ne peut s’adapter à leurs contraintes métiers ou à leur statut”, analyse l’étude.

 

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Les moins de 30 ans conquis

Sans surprise, le concept de flex-office séduit davantage les jeunes générations. Parmi les “non pratiquants”, les moins de 30 ans sont ceux qui ont l’opinion la plus favorable concernant cette transformation organisationnelle : 33 % se déclarent pour, contre 28 % en moyenne, toutes générations confondues. 28 % y voient même une opportunité (contre 22 %). Pour les “pratiquants”, 94 % des collaborateurs de moins de 30 ans en sont satisfaits, contre 84 % en moyenne sur toutes les générations. Enfin, le déploiement du flex-office par l’adoption quasi-systématique d’une politique de télétravail. “Le home-office est vu comme un complément à la palette des possibilités offertes par l’entreprise passée en flex”, annonce clairement l’étude.

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Camille Boulate


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