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Covid-19 : Au travail, les repas, les réunions et les open-space à la source des contaminations

, par Fabien Soyez

Une étude épidémiologique de l’Institut Pasteur sur le Covid-19 fait apparaître le rôle central des bureaux partagés, mais aussi des réunions d’équipe et des repas entre collègues dans les contaminations.

Mauvaise nouvelle : déjeuner avec vos collègues à midi, que cela se déroule la cantine ou dans un restaurant à l’extérieur, est un facteur important de contamination au Covid-19. De même que travailler à plusieurs dans un open-space, même avec un masque. C’est le constat de l’étude ComCor de l’Institut Pasteur, menée en partenariat avec la Cnam, Santé publique France, et l’Institut Ipsos (1).

Rendue publique le 17 décembre 2020, cette enquête épidémiologique réalisée pendant les périodes de couvre-feu et de confinement permet de dresser un tableau précis des circonstances et des lieux de contamination au Covid-19. Notamment au travail.

 

29 % des contaminations sont causées par le travail

Premier enseignement : 44 % des personnes infectées connaissent la personne source qui les a infectées. Et quand elles n’ont pas lieu au sein du foyer (35 %) ou du cercle familial (33 %), les contaminations se passent entre amis (21 %), mais surtout dans le milieu professionnel (29 %). Second enseignement : les repas jouent “un rôle central” dans ces contaminations, “que ce soit en milieu familial, amical, ou à moindre degré professionnel”. Selon l’étude, “les bureaux partagés sont également importants.”

“En milieu professionnel, les open-space et les lieux de restauration sont associés aux contaminations quand il a été possible d’identifier la personne source de la contamination. L’isolement vis-à-vis des personnes hors du foyer est largement pratiqué (97 % des participants), mais débuté trop tardivement (lors de la réalisation du test ou de son résultat seulement, et non dès les premiers symptômes ou la connaissance d’un contact avec une personne infectée) dans un tiers des cas”, écrit l’Institut Pasteur.

Si les moments de restauration au travail “représentent des circonstances à risque de transmission”, le respect des gestes barrières et l’aération des locaux “sont aussi importants en bureaux partagés quand le télétravail n’est pas possible, ainsi que l’éviction des personnes symptomatiques”, peut-on lire dans l’enquête Comcor.

 

LIRE AUSSIAvec le télétravail, l’open space cédera-t-il la place aux espaces collaboratifs ?

 

Open-space, déjeuners entre collègues et réunions

Les salariés (non soignants) infectés étudiés étaient une majorité à respecter l’obligation du port du masque, se lavaient les mains plus de 10 fois par jour, et ne télétravaillaient pas. Les principales activités à l’origine de leur contamination étaient le “travail à un bureau” (45 %) et les réunions de travail (25 %).

Les lieux professionnels en cause étaient les bureaux partagés où se côtoyaient 2 à 5 personnes (35 %), mais aussi ceux où seules deux personnes travaillaient ensemble (15 %). Selon l’étude, en moyenne, quel que soit leur nombre, les salariés en open-space concernés portaient un masque dans 40 % des cas. Mais ils se trouvaient aussi bien souvent dans la même pièce avec les fenêtres fermées (83 %), plus de 15 minutes (38 %). La cafétéria du personnel est tout aussi responsable des contaminations (15 %), de même que les lieux de restauration (12 %).

Lorsque le contexte de la contamination n’est pas identifié, mais “suspecté” par les personnes infectées, il s’agit le plus souvent d’événements professionnels (35 %), bien avant le cadre familial (20 %) ou amical (18 %). Ces événements “suspects” survenus au travail étant en majorité des réunions (10 %) et des repas entre collègues (25 %).

 

(1) À noter que l’étude ComCor comporte toutefois des biais, relevés par les chercheurs eux-mêmes. “Ces résultats sont à considérer avec beaucoup de prudence : ils ne concernent que la période du couvre-feu et celle du confinement, et peuvent être entachés de biais importants du fait de la sélection de la population d’étude qui ne représente qu’une fraction faible de toutes les infections, et de la possibilité que certaines réponses aient été influencées par la connaissance du statut malade ou non malade de la personne qui a répondu”, écrivent-il.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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