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Silicon Valley : “Les Gafa aiment les ingénieurs français pour leurs compétences et leur esprit critique”

, par Julie Falcoz

Qu’ils soient entrepreneurs ou cadres dans de grandes entreprises, certains Français choisissent de réussir en dehors des frontières françaises. Car les entreprises californiennes sont bien souvent friandes de leurs profils.

 
San Francisco a toujours été une ville de pionniers, attirant de grandes vagues d’immigration. D’abord en 1849 avec la ruée vers l’or. Ensuite, ce sera la conquête du pétrole. Puis, vers les années 1960, la Silicon Valley naît en même temps qu’une industrie locale de semi-conducteurs et de circuits intégrés. Aujourd’hui, c’est le berceau de la tech avec les plus grandes entreprises comme Google, Uber, Facebook, Apple…

 

La recette gagnante

Mais pourquoi toutes ces multinationales réussissent-elles aussi bien dans la Silicon Valley ? “C’est un écosystème très particulier, propice au développement des entreprises, précise Géraldine Le Meur, cofondatrice de l’incubateur The Refiners. Surtout, il y a un certain nombre d’ingrédients qui le favorisent.” D’abord, de l’argent. La Silicon Valley est “l’épicentre des investissements”, grâce notamment à l’arrivée d’investisseurs en même temps que les circuits intégrés, et “une culture de la prise de risque encore très présente”. Ensuite, un environnement stimulé par deux des meilleures universités américaines, Stanford et Berkeley. Puis, un immense marché potentiel vu la taille du pays. “Réussir ici, c’est réussir partout aux États-Unis. C’est très compétitif, les entreprises se frottent aux meilleures”, explique Laurence Fabre, directrice générale de la chambre de commerce franco-américaine. Enfin, ce pôle d’attraction attire beaucoup de gens du monde entier, favorisant une certaine diversité culturelle.

 

Esprit critique à la française

Combien de nos concitoyens parmi eux ? Le consulat français estime leur nombre entre 60 000 et 70 000 dans la baie de San Francisco, dont 12 000 qui vivent et travaillent dans la Silicon Valley, sur une population totale de 416 000 salariés, cadres et ingénieurs. Les Français tirent-ils leur épingle du jeu dans cette conquête de l’Ouest ? Les avis divergent parmi les personnes interviewées. La plupart prétendent que non, en tout cas pas plus que d’autres nationalités dans la mesure où elles sont toutes représentées dans la Silicon Valley. D’autres affirment que les entreprises du cru sont friandes de leurs profils :  “Les Gafa aiment les ingénieurs français pour leurs compétences et leur esprit critique. Ils vont chercher la petite bête avant de sortir un produit ou un service alors que les Américains préfèrent le sortir rapidement et l’améliorer avec les feedbacks des utilisateurs, le fameux test & learn”, ajoute David Fayon, auteur de Made in Silicon Valley (Pearson). “Les écoles d’ingénieurs françaises sont connues et reconnues, c’est un gage de sérieux pour les entreprises américaines”, renchérit Géraldine Le Meur.

Les écoles de commerce et de design ne sont pas en reste non plus, tout comme la finance. “Pour le marketing et sales, c’est un peu plus compliqué car les manières de faire du business sont différentes en France et aux États-Unis. Les entreprises ont plutôt tendance à embaucher des Américains qui connaissent les codes”, indique Laurence Fabre. “Mais le talent français réussit très bien ici”, résume Réza Malekzadeh, general partner chez Partech, qui gère aussi la French Tech de San Francisco. Pourtant, le rôle de cette association est également de mettre en avant la France et de favoriser le networking : “Il y a un énorme travail à faire dans la Silicon Valley pour associer la France à quelque chose de positif”, annonce-t-il. En règle générale, il y a beaucoup de turnover parmi les bons profils. “Les entreprises se les disputent à coup d’avantages et d’actions”, révèle Laurence Fabre. La bonne recette pour trouver un emploi ? Réseauter. “Ici, le mot réseau prend vraiment son sens. Il faut se faire présenter par quelqu’un et faire jouer ses contacts pour réussir”, conclut Laurence Fabre.

 

Retrouvez la suite de cette enquête dans le numéro 118 de Courrier Cadres, en kiosque depuis le 29 novembre.

Au menu, les portraits de Frédérique Dame, partner chez Google Ventures ; Luc Dumont, Senior Vice President Corporate & Business Development chez Loopme ; Alex Dayon, président en charge de la stratégie chez Salesforce ; Brice Challamel, Global Transformation Lead chez Google ; et Mathilde Colin, cofondatrice et CEO de Front.

 
 

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Julie Falcoz
Journaliste


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