Carrière expatries

Jobs around the globe

, par La Rédaction

Entre le foisonnement des jobboards internationaux et la veille des ouvertures de postes aux quatre coins du globe, le candidat à l’expatriation semble n’avoir que l’embarras du choix. Pourtant, chercher un emploi à l’international peut s’apparenter à la recherche d’une aiguille dans une botte de foin. Décryptage par Dominique Bordenave, consultante RH-Mobilité internationale et enseignant-chercheur à l’ESC-Pau.

 

Accessibles en un clic, les offres d’emploi à l’international favorisent l’appel du large. Las de la course d’obstacles d’une recherche, certains se plaisent à  s’imaginer travaillant à Clarke Quay au cœur du quartier d’affaires de Singapour. D’autres rêvent d’accéder aux confortables rémunérations du secteur pétrolier acquises en rotation entre la France et l’Afrique : trois semaines de coordination pour la mise en service d’installation, puis retour trois semaines au siège. Et pourtant, après plusieurs envois de candidatures en ligne restés sans réponse, n’avez-vous jamais pensé que la démarche était vaine ?

 

L’heure n’est plus au golden package

Recherche d’opportunités professionnelles, aspiration à une évolution de carrière plus rapide ou désir d’échapper à une morosité ambiante.…. Telles sont les motivations qui poussent les Français à tenter l’aventure hors des frontières. L’attrait d’un salaire supérieur ne s’inscrit pas en tête. D’après l’étude de la CCI-IDF1 la priorité est donnée au potentiel d’évolution de carrière (42%), suivi de l’intérêt du poste (37%). Cultures de travail plus souples et hiérarchies moins pesantes favorisent des évolutions de carrière rapide.  Pourtant, l’expatrié roi a vécu. L’heure n’est plus au mythique “golden package”. De plus en plus rigoureuses quant aux conditions d’expatriation, les entreprises françaises préfèrent le contrat local  à l’onéreux contrat de détachement.  Les contrats d’expatriés intégrant logement, bonus salarial, frais de scolarité font figure d’exception. Plus de la moitié des expatriés travaillent pour des sociétés locales2 et les entreprises françaises embauchant pour leurs filiales ont aussi recours au contrat local.

Les offres d’emploi à l’international : illusion ou réalité ?

“Marché de l’emploi à l’international” apparaît synonyme de “potentiel”. Mais un potentiel mal exploité reste en friche : le volume d’offres appelant à penser qu’adresser une candidature finira par payer.  Après quelques semaines, aucun retour. Conforté par ses échecs et ses certitudes, le postulant conclura hâtivement qu’il a peu de chance de concrétiser s’il ne prospecte pas sur place.  Or, dans la plupart des cas, à peine s’est-il posé les questions fondamentales. A-t-il bien ciblé un pays de destination ? Comment est constitué le marché et quels sont les besoins des entreprises ? Quel est son atout différenciateur par rapport à un candidat local ? Car c’est là une question-clé.

 

1 – CCI-Ile-de-France : Les Français à l’étranger, l’expatriation quelle réalité ; Jean-Luc BRIACABE et Robert SIMMON. 2014

2 – IPSOS : Liens et relation avec la France des Français résidant à l’étranger ;  Vincent DUSSEAUX, 2014.

 

D.BordenaveDominique Bordenave est consultante RH-Mobilité internationale et Enseignant-chercheur à l’ESC-PAU.

Pour aller plus loin, un autre article de Dominique Bordenave, “Expatriation : démontrer son “plus candidat”.

La Rédaction


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