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Cadres : les métiers qui recrutent en 2021, malgré la crise

, par Fabien Soyez

Avec le Covid-19, les cadres aussi ont vu une baisse des offres d’emploi. Mais les recrutements ont repris malgré la crise. Voici les secteurs qui chercheront le plus de cadres en 2021. Ainsi que les métiers les plus prisés.

Le Covid-19 a chamboulé le marché du travail. Même les cadres ont été impactés. En 2020, un quart des entreprises qui prévoyaient de recruter ne l’ont pas fait. Aujourd’hui, la situation demeure incertaine. Mais l’Apec observe un “frémissement” depuis trois mois. Du côté des cabinets de recrutement, même son de cloche. Robert Walters observait en octobre dernier une reprise des recrutements de cadres dans les services et la santé. Du côté de PageGroup, une étude permet de dresser la liste des secteurs qui recruteront en 2021. Malgré la pandémie.

 

Audit, conseil et expertise

Les métiers envisagés comme “porteurs” jusqu’en 2025 continueront de l’être. Principalement dans le secteur tertiaire, où de nombreuses fonctions restent en “tension”. Ainsi, les cabinets de conseil-gestion, les services aux entreprises et l’ingénierie – R&D devraient continuer de recruter.

Côté audit, conseil et expertise, les cadres devraient trouver des emplois sous toutes les formes : CDD, CDI, intérim, management de transition. Les métiers qui devraient recruter le plus de jeunes diplômés sont ceux d’auditeurs, de consultants en système d’information et de consultants en organisation. Du fait d’une forte digitalisation des offres, “ces profils resteront très prisés pour mener des projets de transformation numérique ou réglementaire”, observe PageGroup. Les consultants cybersécurité (expérimentés) resteront aussi très recherchés. Selon le cabinet, les organisations rechercheront également des seniors pour des fonctions de consultants en “transformation digitale” et “en expérience client”.

PageGroup constate en outre une reprise, malgré le deuxième confinement, des recrutements de directeurs financiers, RSE et juridiques. En 2021, les profils les plus sollicités seront ceux de juristes en droit social ou en droit des affaires. Ainsi que les responsables / directeurs conformité. La crise a par ailleurs renforcé les besoins des directions Ressources humaines. Quel que soit le secteur, les entreprises devraient recruter des gestionnaires de paie, des chargés de missions RH et des DRH.

 

Banques, assurances, digital et immobilier

La banque et l’assurance sont aussi des secteurs où les cadres peuvent rester optimistes. Dans une période incertaine, ils jouent “un rôle essentiel dans le maintien de l’économie”, observe Coralie Rachet, directrice générale de Robert Walters France.

Les banques traditionnelles “répondent aux néo-banques par une plus grande digitalisation et flexibilité de leur offre. Le secteur cherchera à se doter massivement de data scientists et de profils commerciaux agiles et connectés. Les analystes risques et les gestionnaires recouvrement, expérimentés, seront également très recherchés, dans un contexte porteur de risques”, indique PageGroup. Les jeunes cadres devraient de leur côté trouver facilement un emploi de chargés d’affaires ou d’analystes crédits.

L’assurance devrait aussi recruter. Qu’il s’agisse des compagnies d’assurance, des institutions de prévoyance, des mutuelles ou des cabinets de conseil. Les métiers qui devraient rechercher le plus de cadres devraient être les actuaires, les analystes d’affaires et les chefs de projets digital.

Dans le domaine de l’IT et du marketing, la crise continue de “booster les besoins en profils web spécialisés”, indique PageGroup. Les entreprises devraient faire appel à de nombreux profils liés à l’expérience client. Notamment des “product owner” (chefs de projet en mode agile) et des “UX Designers” (en charge de l’expérience utilisateur en ligne). Conséquence de l’impact du Covid-19 sur les ventes en ligne, elles recruteront aussi des responsables e-commerce et webmarketing. La crise ayant accéléré leur digitalisation, elles seront également à la recherche d’ingénieurs systèmes et réseaux, d’ingénieurs en cybersécurité et d’ingénieurs data.

Enfin, l’immobilier génère depuis septembre dernier un important volume de recrutement. Une conséquence, notamment, de la généralisation du télétravail, qui chamboule l’occupation des bureaux. Des postes de commerciaux et de directeurs de projets sont activement recherchés.

 

Logistique, énergies vertes et BTP

Selon la FFB, le BTP a enregistré une perte d’activité de 15 % en 2020, avec une baisse du nombre d’offres d’emploi de 25 %. De son côté, l’industrie devrait perdre entre 187 000 et 430 000 emplois directs ces deux prochaines années. Mais les deux secteurs, concentrés sur des projets de long terme, continueront malgré tout de recruter.

Dans le BTP, les entreprises, les cabinets d’architecture et les bureaux d’ingénierie / contrôle recherchont nombre de cadres. Parmi les postes à pourvoir : ingénieurs en travaux publics, directeurs de travaux, chargés d’affaires et “économistes de la construction” (ingénieurs d’études de prix).

Dans l’industrie, certains profils rares, pour des postes nécessitant une expertise technique et managériale, seront très prisés : les responsables maintenance, les ingénieurs en électronique embarquée et les “directeurs excellence opérationnelle” (responsables des chaînes de production).

La logistique recrutera aussi massivement des cadres. Conséquence, là encore, du boom de l’e-commerce et de la grande distribution face au Covid. Des coordinateurs logistiques aux planificateurs de production, des responsables logistiques aux responsables d’entrepôt.

À noter que la filière des énergies renouvelables “reste porteuse”, selon Coralie Rachet. Le cadre réglementaire en RSE, mais aussi une “volonté politique de ré-industrialiser la France avec des énergies propres” profiteront à ce sous-secteur. Qui demeurera en quête de milliers de cadres. En particulier dans l’hydrogène “vert” et l’éolien. Les emplois recherchés seront surtout ceux de chefs de projets et de coordonnateurs. Les entreprises de l’éolien prévoient à elles seules de recruter 2 000 salariés en 2021. Dont des cadres “spécialisés dans l’environnement et l’économie, afin de réaliser des études”. Ainsi que des spécialistes des travaux publics ou de la construction de parcs éoliens.

 

Santé, biomédical et industrie pharmaceutique

La santé reste en première ligne face à la pandémie, et continuera de recruter des cadres de direction, ainsi que des directeurs de qualité. Les profils les plus sollicités seront aussi ceux d’infirmiers conseil et d’assistants médicaux. Les entreprises participant prochainement à la stratégie nationale de vaccination, les infirmiers en santé au travail seront aussi très recherchés.

Dans l’industrie pharmaceutique, des postes seront à pourvoir dans les laboratoires et les sociétés de biotechnologie. La crise ayant notamment provoqué une forte demande en médicaments et en matériel médicalLes profils de pharmaciens spécialisés en contrôle-qualité, pénuriques, sont déjà très prisés. Ainsi que les directeurs des affaires réglementaires et les responsables “market access” (stratégie d’accès au marché des médicaments).

La crise a par ailleurs accéléré la digitalisation des soins. “Ainsi, les profils hybrides maîtrisant informatique et santé seront très recherchés”, observe PageGroup. Notamment des ingénieurs d’application en dispositifs médicaux et des chefs de produits e-santé.

 

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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