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“En cette période de crise, les mauvais actes managériaux sont ressentis de manière encore plus vive par les collaborateurs”

, par Nicolas Monier

Courrier Cadres a voulu savoir comment les changements organisationnels, conséquences du Covid-19, allaient bouleverser notre manière de travailler. Arnaud Pottier Rossi, directeur associé Kalaapa, nous répond.

 

Comment percevez-vous les changements organisationnels, conséquences de cette crise sanitaire ?

Il est difficile de généraliser, il y a tellement de typologie d’activités et de structures, entre les entreprises du retail qui ont toutes fermé leurs magasins, les entreprises du BTP à l’arrêt, les entreprises du service et du conseil qui maintiennent une activité en intégrant une baisse du chiffre d’affaires, des effectifs réduits de moitié ou plus…

Ce que je perçois, c’est que les dirigeants, les managers et les RH traversent une crise incomparable. Plus que jamais ils doivent naviguer à vue, essayer d’absorber ce qu’ils peuvent. Ils sont en plein stress, essayant de répondre aux angoisses de leurs équipes (et de leurs clients) avec le peu d’informations qu’ils ont, tout en gérant eux aussi leur sphère privée chamboulée.

Ce que l’on peut observer également c’est la différence entre les entreprises qui font confiance à leurs collaborateurs et celles qui ont besoin de tout contrôler. Nous allons dire, qu’en cette période de crise, les mauvais actes managériaux sont ressentis de manière encore plus vive par les collaborateurs. Cela va laisser de lourdes cicatrices au sein des équipes, qui seront difficilement guérissables lors de la reprise.

Ensuite on peut observer qu’en réaction au confinement les gens ont besoin de (re)créer du lien, de mettre à profit leur intelligence collectivement pour gérer l’activité différemment, trouver des solutions pour occuper l’esprit et le corps des uns et des autres et d’eux-mêmes.

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Comment d’après vous l’intelligence collective peut permettre aux entreprises de faire face après cette phase de sidération ?

Il y a eu la phase de sidération. Puis la phase d’acceptation. Nous nous sommes tous dit ‘15 jours de confinement ça se gère…’ Que va-t-il se passer si nous passons à 30 ou 45 jours de confinement ? Nous allons certainement passer par une phase de résignation, puis de désespoir.

Et viendra la phase de reconstruction. Il y a fort à parier que la reprise va être difficile pour tout le monde. Quelles vont être les suites après un arrêt aussi brutal de l’économie française, européenne et même mondiale ? C’est inédit comme situation, et nous ne trouverons pas les réponses en restant chacun de notre côté. Il faudra trouver collectivement ces réponses.

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Comment devra t’on gérer l’après Covid-19 ?

Je pense que la toute première chose à faire lors de la reprise ce sera de faire confiance à ses collaborateurs. Ils auront soif de reprendre le travail, il faudra donc prioritairement célébrer les retrouvailles. Célébrons la liberté retrouvée, la joie de se revoir à nouveau.

Le cercle social du travail est un socle pour beaucoup d’entre nous. Laissons l’humain s’exprimer, reprendre ses marques ! La suite n’en sera que plus efficiente. À moyen terme et au regard des informations scientifiques, nous allons devoir adapter nos entreprises, nos économies et plus globalement nos sociétés pour faire face à des épisodes récurrents tels que le Covid-19. L’intelligence collective là encore sera la voie pour trouver les réponses.

 

 

Nicolas Monier

Nicolas Monier


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