Prêt à apprendre à dire non et à vous reconnecter à vos vrais besoins ? Alors, écoutez bien, ce 31ème épisode du podcast « Good Job ! » pourrait changer votre façon d’aborder le travail.
La suradaptation, qu’est-ce que c’est ?
Dans le monde du travail, l’adaptation est une qualité souvent valorisée. Pourtant, lorsqu’elle est poussée à l’extrême, elle peut devenir un piège : la suradaptation. Comme le résume, Karine Aubry, coach et autrice du livre Travail, dites non à la suradaptation (Dunod), une personne qui se suradapte « va trop bien répondre aux attentes, avec trop d’engagement, trop d’énergie, parfois en devançant les besoins de l’environnement. Et c’est là que cela devient néfaste. »
Ce mécanisme insidieux pousse de nombreuses personnes à masquer leurs besoins réels, à prendre sur elles face à des charges de travail démesurées ou à pallier des dysfonctionnements organisationnels, jusqu’à s’épuiser.
Pourquoi la suradaptation est-elle dangereuse ?
Les conséquences de la suradaptation sont multiples. Parmi les signaux d’alerte, on retrouve la fatigue chronique, le sentiment de frustration, et parfois même l’effondrement. « On peut s’adapter pendant des années en compensant une particularité dont on n’a même pas conscience. Et un jour, ça craque », explique Karine Aubry. Cette logique conduit souvent à des situations de burn-out ou de stagnation professionnelle, car les suradaptés peinent à se faire reconnaître pour leurs véritables compétences.
Comment repérer si vous êtes concerné ?
Certaines questions peuvent vous aider à identifier votre niveau de suradaptation :
- Ressentez-vous une fatigue disproportionnée par rapport à vos efforts ?
- Avez-vous l’impression que « le compte n’y est pas », malgré tout ce que vous donnez ?
- Êtes-vous hypersensible aux attentes des autres, au point de toujours vouloir les devancer ?
Karine Aubry, également autrice de Trop bon élève au travail, attention danger (Interéditions), précise : « La suradaptation, par essence, amène à regarder à l’extérieur de soi, à être tout le temps à l’écoute des réactions, des attentes. Cela empêche presque de se poser la question : est-ce que ça me va ? »
Quelques pistes pour sortir de la suradaptation
La première étape est la prise de conscience. « Ce petit sentiment d’injustice, que cette situation n’est pas juste, peut être un déclencheur », explique Karine Aubry. Une fois cette étape franchie, il est essentiel de se reconnecter à ses propres besoins et envies : « Qu’est-ce que je veux, moi ? »
Parmi les outils évoqués, la coach propose l’échelle du non progressif, une méthode pour apprendre à refuser progressivement, sans culpabiliser. Autre conseil marquant : s’inspirer des personnes que l’on ne supporte pas ! « Ceux qui ne s’adaptent à personne ont quelque chose à nous apprendre dans leur force de caractère et leur détermination, affirme Karine Aubry. Mais il faut se rappeler qu’il ne s’agit pas d’arrêter de s’adapter, mais de gommer l’excès qui est trop pour soi. »