Parce qu’il est de nature éphémère, qu’il entraîne nombre de déplacements et une consommation importante d’énergie et de ressources diverses, le média événementiel se doit de tendre vers des pratiques vertueuses, sans quoi il prend le risque de se retrouver sous le feu des critiques. Les professionnels de la filière en ont conscience, si bien que l’adoption de pratiques plus vertueuses s’impose peu à peu. Les années post-crise du Covid ont vu beaucoup de centres de congrès et d’agences adopter la norme ISO 20121, conçue pour les métiers de l’événement. En février 2022 également, la filière signait avec l’État un Engagement pour la croissance verte en faveur de la transition vers l’économie circulaire, par la voix de l’Union des métiers de l’événement (UNIMEV). Mais si les acteurs institutionnels montrent le chemin, celui-ci est moins évident pour les petites entreprises qui composent une bonne part du secteur et n’ont pas toujours les compétences ou moyens nécessaires.
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Des labellisations en cours
Ainsi, à la demande de ses membres, le Bureau des Congrès de Nantes Saint-Nazaire Développement organise un événement afin de chercher des solutions entre professionnels. Baptisé « Changer le brief », il se tiendra le 6 octobre à Nantes. « L’idée est de réduire les externalités négatives des événements et pour cela il faut les repenser. Nous partirons du cahier des charges des clients pour réfléchir à des solutions pratiques et faire en sorte que chacun reparte avec des idées », résume Olivier Le Floch, directeur du Bureau des Congrès. Lequel a structuré la démarche depuis cinq ans, et a depuis élaboré une charte de lutte contre le gaspillage alimentaire. Parce qu’il est essentiel pour les destinations de constituer une offre cohérente sur leur territoire, certaines d’entre elles se sont emparées de la problématique à travers des programmes spécifiques. Comme l’Office de Tourisme et des Congrès de Bordeaux Métropole, qui a lancé en 2022 un dispositif dédié aux hôteliers, restaurateurs, agences, prestataires d’activité, traiteurs et lieux d’événement. Celui-ci s’est traduit par un accompagnement technique et financier, et a porté ses fruits puisqu’au terme de quatre ans, 150 entreprises se sont lancées dans une écolabellisation. Résultat, la métropole compte 8 000 chambres écolabellisées au sein de 90 établissements, et bientôt 11 de plus en janvier 2027. Par ailleurs, 10 restaurants sont aidés chaque année à calculer leur empreinte carbone et à lancer un plan d’action avec Food Index for Good.
Créer un élan local
À Lyon, également, un programme lancé en 2022 s’achève cette année, avec une même ambition d’inciter les professionnels du tourisme et de l’événement à s’engager vers une écolabellisation. Là encore, l’aide technique et financière doit permettre à ces derniers de surmonter la complexité perçue des normes et labels, et de couvrir une part des frais inhérents. « L’important, pour nous, est la dynamique locale que cela crée et le volume de chambres écocertifiées », précise Catherine Romeyer Bounaix, directrice du tourisme responsable à Only Lyon Tourisme et Congrès. Le bilan est « extrêmement positif » selon elle. 90 hébergements sont à ce jour écocertifiés dans la métropole lyonnaise, dont 24 accompagnés en 2025. Des chiffres à nuancer si l’on considère les autres professions ciblées, comme les restaurateurs, pour qui la démarche exige trop de temps, ou les prestataires événementiels, qui ont du mal à financer la certification ISO 20121. « Nous prônons la labellisation écoresponsable quand elle est possible. Si elle ne l’est pas, il n’y a rien de mieux que l’échange de bonnes pratiques entre acteurs qui s’emparent de ces sujets », poursuit Catherine Romeyer Bounaix, dont le service a également édité un Guide des bonnes pratiques de l’événementiel responsable, disponible en ligne.
Une dynamique collective
La transition vers la durabilité ne se limite pas à décrocher écolabels et certifications, mais ceux-ci peuvent être déterminants pour attirer certains événements, et ils le sont pour progresser au sein du Global Destination Sustainability (GDS) Index. Ce classement exigeant, reposant sur 70 critères, fait référence à l’international. Face aux destinations nordiques qui accaparent le podium chaque année, les métropoles françaises ne sont pas nombreuses à maintenir une participation régulière, qui requiert d’importants moyens. Elles font néanmoins bonne figure puisque Bordeaux est allé jusqu’à décrocher la 6e place en 2024, tandis qu’en 2025 Lyon s’est hissée au 8e rang, Marseille au 32e et Strasbourg au 37e.
Enfin, la voie vers des événements durables passe aussi par une meilleure inclusion des habitants. C’est l’objet du chantier en cours à Marseille, au Parc Chanot. Marseille Events, qui gère le site depuis début 2025 en délégation de service public, a entamé une transformation afin d’ouvrir davantage le Parc aux Marseillais et de briser l’îlot de chaleur créé par les surfaces artificialisées. Depuis septembre, s’enchaînent ainsi des phases de désimperméabilisation des sols, de végétalisation et de pose de nouveaux équipements. Au jardin du Palais des Arts, de longues tables de pique-nique permettront d’y partager des moments conviviaux, tandis que le parking de 10 000 m² va accueillir des arbres et des installations ludiques pour ados. Une nouvelle piste cyclable permet depuis peu de traverser le site de part en part ; enfin, un jardin d’expérimentation va prendre place sur l’actuelle zone des piscines d’exposition, pour offrir 8 000 m² d’espaces naturels. « Le Parc Chanot est situé au pied du métro, ce qui est un grand avantage en matière de RSE. La question est de savoir comment on l’aménage, notamment afin d’améliorer son acceptabilité pour les habitants, explique Pierre Arvis, directeur général de Marseille Events. Les congressistes voient également ces transformations et ils sont séduits. C’est un atout pour les congrès. » Rendez-vous est donné fin mars 2027 pour l’inauguration.