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Evénementiel : Des événements organisés au plus juste

Cet article est issu du dossier "Événementiel : Nouveaux lieux,
nouvelles expériences"

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Inflation, tensions géopolitiques, incertitudes économiques : ce ne sont pas les défis qui manquent pour la programmation d’événements. Dans ce contexte, les organisateurs redéfinissent leurs priorités pour s’adapter, sans renoncer à rassembler.

Six ans après la crise sanitaire du Covid-19, l’activité s’est rétablie à un haut niveau dans le secteur événementiel. La nécessité de se rencontrer et de rassembler ne souffre pas l’ombre d’un doute, et 96,6 % des événements planifiés cette année auront lieu en présentiel, et non à distance ou dans un format hybride. Ce chiffre, issu de l’enquête Interface MICE 2026 réalisée auprès de 90 responsables au sein d’agences MICE, ou organisateurs de réunions et d’associations, rejoint le constat que fait Danielle Castan, directrice du Palais des congrès du Futuroscope : « La part des événements hybrides est devenue marginale. Avec l’importance prise par les réseaux sociaux et le numérique, les organisateurs cherchent à créer des liens et des souvenirs. » On pourrait y ajouter le télétravail, qui nourrit le besoin de moments collectifs, et la recherche, pour les événements destinés à l’externe, d’un média efficace pour fidéliser ses clients ou se faire connaître. 2026 a plutôt bien débuté pour les professionnels, au vu du baromètre économique du premier trimestre publié par LÉVÉNEMENT. L’association, qui réunit une centaine d’agences de communication événementielle, témoigne d’une activité dynamique chez ses membres : une hausse de 20 % du chiffre d’affaires signé en comparaison de la même période en 2025. Mais cela ne va pas sans intensification de la concurrence et des appels d’offres, ni sans une visibilité réduite à trois mois pour une majorité d’agences. Les tensions sont là, qui s’accumulent. À commencer par celle qu’induit la pression sur les budgets.

Des formats qualitatifs

L’étude MICE 2026 réalisée par Coach Omnium avec le groupe 1001 Salles et IME se penche en détail sur les évolutions et les perspectives du marché. 66 % des organisateurs interrogés y témoignent d’un recul de leur budget en 2025. 2026 se présente un peu mieux, 47 % des entreprises prévoyant une stabilité de leur activité. Celle-ci pourrait toutefois être en trompe-l’œil car, face à l’inflation des coûts dans l’énergie, le transport et la restauration, conserver un budget à l’identique revient en réalité à une baisse. Cette pression exercée par les directions financières afin de maîtriser les dépenses est largement constatée, y compris ailleurs en Europe. L’événement, en conséquence, doit soit être mémorable et avoir un fort impact pour justifier l’investissement. Auquel cas le format se voudra qualitatif, au sein d’un lieu original permettant de changer de cadre, et le plus personnalisé possible. Il intègrera peut-être aussi une animation de cohésion, proposition toujours plus prisée. Certains lieux l’ont bien compris, comme le M24, musée du Sport automobile, qui propose désormais trois espaces dédiés à l’organisation de séminaires et d’événements professionnels au cœur du mythique circuit des 24 Heures du Mans. Soit la réunion revêt une moindre dimension stratégique et sera alors éventuellement organisée dans les locaux de l’entreprise. C’est l’une des tendances marquantes de l’étude de Coach Omnium : huit entreprises sur dix organisent des réunions dans leurs propres espaces, contre une sur deux avant la crise sanitaire.

Du côté des congrès, le marché est réputé pour sa grande stabilité tant les manifestations sont organisées longtemps à l’avance. Paris, qui avait perdu du terrain en raison de la tenue des Jeux olympiques, est remonté sur le podium du classement ICCA en 2025. La ville a accueilli 174 congrès internationaux répondant aux critères de l’ICCA, ce qui la place au deuxième rang mondial. Elle a surtout attiré un total de 1 200 congrès, son record historique selon l’office de tourisme Paris Je t’aime. Et l’activité y reste bien orientée. « Nous avons de bonnes perspectives pour les années qui viennent, 2027, 2028 et 2029, grâce au fait que les congrès réservent en général longtemps à l’avance. De nombreuses candidatures pour des congrès internationaux à Paris sont aussi en cours », assure Marta Gomes, directrice en charge du commerce et du marketing à Viparis.

De nouvelles opportunités

Pour autant, le secteur n’est pas à l’abri des répercussions de l’actualité internationale. L’impact des conflits mondiaux est même en forte progression selon l’IAPCO, association réunissant des organisateurs professionnels de congrès. En partenariat avec cinq autres organisations du secteur, celle-ci a mené une enquête sur le sujet, dont les résultats ont été annoncés lors du salon IMEX à Francfort, le 20 mai. Il en ressort que 73,8 % des organisateurs interrogés ont été affectés par les tensions géopolitiques dans leur capacité à organiser ou accueillir des réunions internationales, contre 53,9 % l’année précédente. Il s’agit souvent de perturbations des voyages des participants, mais cela peut inclure une baisse de fréquentation internationale ou des pertes économiques, notamment en raison de l’escalade des prix du carburant. Cela peut aller jusqu’à la nécessité de reporter, d’annuler ou de délocaliser un événement pour des raisons de sécurité. Autre facteur qui touche les congrès internationaux : les politiques gouvernementales. Il s’agit principalement des décisions américaines ayant abouti à des coupes budgétaires dans le secteur de l’éducation, de la science et de la recherche, mais aussi du durcissement des politiques de visa. En conclusion, selon l’étude, l’instabilité sociopolitique n’est plus un risque en toile de fond, mais un changement structurel.

Il reste à savoir comment les sociétés savantes basées en France et en Europe vont absorber ce climat incertain. Cela peut, contre toute attente, créer aussi des opportunités dans le secteur événementiel. Paris accueille ainsi cet été la Coupe du monde d’esport, ce qui n’était pas prévu. Habituellement organisée en Arabie saoudite, l’Esports World Cup 2026 a fait le choix de la France en raison de la situation géopolitique au Moyen-Orient. 2 000 joueurs représentant une centaine de pays disputeront la compétition à Paris Expo Porte de Versailles durant sept semaines.

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