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Retour au bureau : faut-il vraiment revenir sur le télétravail ?

Cet article est issu du dossier "Chroniques d'experts"

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Alors que de nombreuses entreprises réévaluent leur politique de travail à distance, le retour au bureau s'impose peu à peu comme une tendance. Entre nécessité de recréer du lien, pression immobilière ou limites managériales, cette remise en question du télétravail soulève un enjeu clé : faut-il vraiment tourner la page d’un mode de travail plébiscité par une majorité de salariés ?

Cinq ans après la crise du Covid, de nombreux dirigeants ont exprimé leur volonté d’opérer un retour de leurs collaborateurs en présentiel. Les débuts avaient pourtant l’air prometteurs. Selon Statista, le travail à distance est passé de 17% à 36% entre 2017 et 2024, avec une augmentation significative dès le premier confinement. Pour encadrer cette pratique, les entreprises n’ont pas hésité à investir dans l’équipement de leurs collaborateurs en mettant en place des accords et des chartes d’entreprises.

Mais fin 2024 cette tendance subit un gros ralentissement, car sans pour autant mettre un terme définitif à la pratique du télétravail, les entreprises françaises redéfinissent les règles. Aujourd’hui selon l’Insee ce serait 1,9 jour de télétravail qui serait accordé par semaine contre 3,3 jours en 2021. Légitime ou non, cette remise en question ne doit pas faire perdre de vue ce que le « Travaillez où que vous soyez » a pu apporter comme bénéfices aux collaborateurs et donc par extension aux entreprises.

Fluidifier la collaboration à distance grâce à des outils adaptés

Certaines entreprises, partagées entre le manque de confiance de la part des responsables et ce que cela implique en termes de répercussions négatives sur l’esprit et le travail des équipes, ne savent plus où placer le curseur et leurs réticentes sont manifestes. Pourtant, les faits montrent que la majorité des salariés se révèlent plus engagés et productifs en télétravail. Ainsi, selon une étude Malakoff Humanis, 86 % des travailleurs seraient plus efficaces en travaillant à distance.

En effet, face aux perturbations liées aux bruits en open space, comme les sonneries de téléphone et les conversations entre collègues, beaucoup d’employés préfèrent s’isoler pour être plus efficaces et s’affranchir de ces parasitages. Ainsi, le manque de concentration coûterait près d’un tiers de leur temps et de leur salaire aux entreprises américaines d’après une étude Dropbox. À l’opposé, le télétravail à excès pourrait être, pour sa part, responsable d’un sentiment de solitude et d’isolement.

Afin de faciliter la collaboration et de réduire l’isolement, il est nécessaire de porter une attention particulière à l’expérience des employés, ce qui passe notamment par une sélection rigoureuse des outils de communication.

Si, à ses débuts, l’utilisation de la visioconférence au travail a été freinée par des problèmes de bande passante et des dysfonctionnements techniques, les avancées continues des solutions vidéo, l’optimisation des infrastructures réseau et l’émergence de plateformes de collaboration cloud ont progressivement permis de rendre ces réunions en ligne bien plus efficaces. Sa popularisation et son adoption au sein des entreprises ont notamment été favorisées grâce aux réseaux sociaux et aux applications comme Whatsapp et Facetime, où la vidéo s’est imposée comme un moyen de communication privilégié au quotidien.

De l’importance de rester tourné vers l’humain

S’il existe de plus en plus d’outils de connexion à distance, il est primordial de maintenir une culture du travail positive tournée vers l’humain, notamment en mettant en place des journées d’équipe, des réunions en personne ou encore des ateliers « en physique ». À ce titre, le Danemark est un exemple souvent évoqué pour sa culture du travail flexible et perfectionné qui s’appuie sur la communication, la collaboration et la responsabilité individuelle. Enfin, un autre facteur essentiel, l’agencement des bureaux commence à être pris en considération. Ainsi, de plus en plus d’entre eux sont désormais conçus avec comme préoccupation principale le développement et l’épanouissement des salariés. Mais ceci ne doit pas faire oublier le bureau “à la maison” qui mérite, lui aussi, une attention particulière.

L’adoption du télétravail doit donc permettre aux salariés d’avoir le choix entre plusieurs options, en gardant toujours l’humain au cœur de la décision, quelle qu’elle soit. Si de nombreux éléments aujourd’hui sont à considérer pour garantir le bien-être et la productivité des salariés, les limites géographiques et le lieu de travail ne devraient plus être perçus comme des obstacles à franchir.

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