Constatez-vous une hausse de l’individualisation ?
François Clément Grancourt (F.CG) – Oui ! Nous l’observons pour différentes raisons depuis quelques années. La première se situe dans la vie personnelle en raison de vies bien remplies. Mais aussi, dans la vie professionnelle, avec des parcours de carrière moins linéaires qu’avant. Nous changeons d’entreprise plus fréquemment. Nous avons aussi différentes formes de travail. L’objectif des entreprises est de résoudre ou bien d’apprendre à vivre avec cette évolution des relations, notamment au travail.
Est-ce un phénomène inquiétant selon vous ?
F.CG – Je ne sais pas si je pourrais dire que c’est une tendance inquiétante. Cependant, ce qui est vrai, c’est que les années à venir vont être difficiles pour les organisations ainsi que l’ensemble du corpus social. Face aux évolutions du monde, il va falloir s’adapter de manière extrêmement rapide. Les entreprises vont devoir regarder davantage ce qui se passe dehors. C’est précisément là où le collectif a toute sa force et où un excès d’individualisme pourrait poser de véritables problèmes aux organisations. Il faut arriver à le déceler le plus vite possible pour actionner les bons leviers en faveur de l’esprit d’équipe.
Quelles bonnes pratiques ont été mises en place par vos membres ?
F.CG – Elles sont très diverses ! Aussi variées que nos membres. L’un d’eux donne, par exemple, du temps à ses collaborateurs pour qu’ils aillent dans des associations. Ces expériences humaines permettent de renforcer le vivre-ensemble. Car nous sommes des salariés, mais aussi des citoyens toujours en lien avec l’extérieur. Faire vivre l’entreprise et le rôle du collaborateur, en prenant en compte ce contexte global, est important. L’entreprise peut aussi inciter ses collaborateurs à aller voter. Si cela peut paraître surprenant, c’est une requête qui revient beaucoup. Ensuite, cela passe par grandir ensemble en se partageant certains savoirs.
Pour terminer, c’est la transmission entre générations. De nouvelles générations arrivent dans le monde du travail. Il n’y a pas qu’une jeunesse, il y en a plusieurs. Il faut se demander comment elles pourront être formées dans le but de reprendre le flambeau à leur tour. L’idée est de réussir tous ensemble. Il y a plein de dimensions dans cette notion, comme avoir une vision et des valeurs communes pour pouvoir agir en cohérence et tournés vers le même objectif en tant que collectif soudé. Nos membres partagent leurs initiatives. Ils peuvent alors choisir celle qui leur convient le mieux et/ou simplement enrichir leurs propres pratiques.