Mobilité région Auvergne-Rhône-Alpes
Carrière

Mobilité : « Une croissance importante à prévoir » dans la région Auvergne-Rhône-Alpes

Cette région est le deuxième territoire le plus dynamique en France. De nombreux profils qualifiés s’y installent pour ses offres d’emploi abondantes, mais pas que ! La proximité avec les Alpes y est aussi pour beaucoup. Randonnée, VTT, ski... Un environnement idéal pour les fous de sport.

C’est le deuxième territoire le plus puissant d’un point de vue économique en France ! La région Auvergne-Rhône-Alpes capte en effet 12 % du PIB français, contre 30 % pour l’Île-de-France, d’après les derniers chiffres de l’Insee. Ce qui ne manque pas d’attirer un nombre croissant d’habitants. Elle en enregistre aujourd’hui plus de 8 millions, dont 465 000 cadres dans le secteur privé. Parmi eux, 300 000 se trouvent dans des métropoles majeures de la région, comme Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand et Saint-Étienne. Leur salaire moyen brut est de 52 000 euros par an. « La région leur offre tout ce que Paris propose en termes de secteurs d’activité, de métiers, voire de salaires, mais avec une qualité de vie supérieure », affirme Nicolas Bonnet, directeur régional du sud de la France chez Hellowork.

Si les chiffres démontrent que Lyon reste un recruteur majeur sur le territoire, les villes environnantes ne sont pas en reste. Grenoble, au pied des montagnes, attire des profils tech (ingénieurs en cybersécurité et réseaux, data scientist), tandis qu’Annecy est une ville plus touristique avec son lac et sa myriade de TPE et PME. Quant à Clermont-Ferrand, à l’intersection de plusieurs parcs naturels, elle héberge le siège historique de Michelin ainsi que ses nombreux sous-traitants. « L’éventail d’activités dans la région est très large, explique Étienne Paris, directeur des opérations dans le sud de la France chez Expectra. Si l’une d’elles décline, ce n’est pas grave, d’autres prendront le relais. »

Deux secteurs clés

Certains secteurs sortent tout de même du lot avec la Vallée de la Chimie ainsi que l’industrie pharmaceutique. Des entreprises comme Sanofi, Boiron ou Air Liquide recrutent de nombreux ingénieurs chimistes, techniciens de laboratoire et pharmaciens dans l’industrie. Dans le même temps, « la région mène une véritable stratégie de transition écologique« , ajoute Étienne Paris. L’entreprise UNITe, spécialisée dans les énergies renouvelables, dont le siège est localisé à Lyon, en est l’incarnation : « Depuis plusieurs années, nous sommes en forte croissance. Nous allons presque atteindre 100 collaborateurs ! C’est un challenge lorsqu’ils viennent d’une autre région, mais lors des entretiens, nous nous assurons qu’ils aient une vision réaliste de Lyon et ses environs », assure son directeur général associé, Stéphane Maureau.

D’autres organisations, comme Framatome, se sont aussi installées dans la région pour répondre aux défis énergétiques de demain. Celles-ci recherchent pléthore d’ingénieurs dans le nucléaire : « Des programmes d’investissements massifs ont été lancés récemment dans ce domaine. Les carnets de commandes sont déjà pleins. Dans les dix prochaines années, une croissance importante est à prévoir », s’enthousiasme le directeur d’Expectra. Heureusement, il n’est pas toujours nécessaire d’aller chercher des candidats de régions voisines. Le vivier de talents sur le territoire est conséquent. La plupart sont issus d’écoles de renom – soit de commerce, comme l’emlyon business school, soit d’ingénieurs, comme l’Institut polytechnique de Grenoble. À noter que « ces écoles représentent, pour les cadres qui s’installent ici, des opportunités d’études supérieures pour leurs enfants », précise-t-il.

Face à ce dynamisme, la région pourrait (presque) se suffire à elle-même. Elle fait pourtant le choix de ne pas se couper des autres pôles économiques clés en France et en Europe. Grâce à sa proximité avec la Suisse et l’Italie, ainsi que sa plus grande métropole Lyon – localisée à seulement deux heures de train de Paris, une heure trente de Marseille, et dotée d’un aéroport international -, « la région reste un véritable carrefour économique », note Étienne Paris. Dans de nombreux secteurs, des déplacements professionnels réguliers sont indispensables entre Lyon et Paris, relate Stéphane Maureau à la tête d’UNITe : « Nous faisons moins de déplacements qu’avant grâce à la démocratisation de la visioconférence, mais nous devons continuer de nous rendre dans la capitale. Des décisions importantes sont prises dans les administrations centrales. Nous devons participer à la régulation de notre secteur en éclairant les décideurs sur notre réalité. » 

Lyon en expansion

Lyon se retrouve donc au cœur de ces enjeux. La ville s’est fortement développée ces dernières années et concentre désormais près de 20 % de la population régionale. « Les nouveaux citadins sont mieux accueillis qu’avant, se réjouit Béatrice Viguier, manager référente chez Expectra. Les quartiers se sont embellis, les commerces multipliés et les offres culturelles étoffées. Tout est plus vivant ! » Cette expansion a néanmoins entraîné une hausse du coût de la vie. « C’est là que le bât blesse, regrette Nicolas Bonnet. En seulement 10 ans, les locations d’appartements et les achats immobiliers sont devenus difficilement accessibles. » Quant aux moyens de déplacement, ils n’ont « pas été suffisamment anticipés. Nous avons perdu un peu de quiétude de ce côté-là », complète Béatrice Viguier.

Si certains ajustements sont nécessaires, les experts s’accordent à dire que « cette ville est un bon mélange d’urbanité et de nature. La transition d’un environnement à l’autre se fait facilement. Cela convient à beaucoup de jeunes parents. » Les principaux atouts de Lyon et ses environs portent en effet sur la proximité avec les Alpes ainsi que les vignobles réputés. « C’est un cadre épanouissant pour les amoureux de la montagne qui apprécient la randonnée, le VTT ou bien le ski. Ils peuvent s’y rendre fréquemment et en dehors de la saison touristique sans avoir à réserver de location de vacances », indique Nicolas Bonnet. Le dirigeant d’Hellowork soulève un point – et pas des moindres : « Si cet aspect contribue à améliorer les conditions de vie des cadres, la principale raison pour laquelle ils s’installent ici reste professionnelle. » Comme pour les actifs qui posent leurs valises à Paris, l’aménagement à Lyon « est plus temporaire qu’ailleurs. Les cadres saisissent une opportunité, mais ont en tête que ce n’est peut-être qu’une étape dans leur carrière. »

Pour conclure, la région Auvergne-Rhône-Alpes et sa métropole phare restent attractives pour de nombreux actifs. Cependant, comme d’autres régions et villes françaises en 2025, elles ont enregistré une légère baisse du nombre d’offres d’emploi ainsi qu’une baisse du nombre de recrutements. « Ce ralentissement s’explique davantage par un retour à la normale que par une véritable crise, estime Nicolas Bonnet. Mais c’est vrai que le contexte politico-économique actuel ne pousse pas les entreprises à prendre trop de risques. »

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