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Management : la Gen Z « prête à faire des compromis, pas des compromissions »

Une majorité de jeunes actifs se disent prêts à prendre en responsabilités dans les prochaines années, d'après le sondage OpinionWay pour l'ANDRH, dévoilé ce mardi 30 septembre. Cependant, leur perception d'un "bon" management diffère de leurs aînés. Explications de Matthieu Bax, DRH chez Dior et vice-président de l'ANDRH, Sophie Sureau, directrice de l'ISG RH, et Hubert Cotté, directeur chez Workday.

Contrairement à ce qu’il est fréquent d’entendre, le sondage* d’OpinionWay pour l’ANDRH démontre qu’une large majorité d’actifs de moins de 30 ans (74 %) sont toujours attirés par les postes de managers. Presque 8 jeunes interrogés sur dix se voient assumer des responsabilités de leadership dans les cinq prochaines années (77 %). Pour plus de 7 d’entre eux (74 %), c’est une étape nécessaire vers la réussite professionnelle. Leur perception de leur rôle de (futur) manager diffère toutefois de leurs aînés.

1. Un statut managérial réversible

Premièrement, 83 % des jeunes actifs aspirent à ce que ce statut de manager soit réversible. En effet, ils ont conscience qu’ils évoluent dans un contexte économique et sociétal changeant où les carrières ne seront pas aussi linéaires qu’avant. Ils gardent à l’esprit qu’ils peuvent changer de poste ou d’entreprise à tout moment. « Ils envisagent de devenir manager puis de ne plus l’être – par choix ou de manière contrainte. Certaines périodes de vie sont propices à assumer ces responsabilités, d’autres moins. Ils se laissent libres de sortir de ce rôle », affirme Matthieu Bax, DRH chez Dior et vice-président de l’ANDRH.

Autrement dit, pour ces jeunes, poursuit-il, « le management devrait être une succession de missions ponctuelles plutôt qu’un échelon. Il devrait y avoir des allers-retours possibles afin de continuer à apprendre sur le terrain. Le manager deviendrait alors un « manager de projet ». Chaque projet aurait du sens pour celle ou celui qui le supervise. Mais, ce modèle managérial existe peu aujourd’hui, notamment en France. »

2. Un mode de management renouvelé

Deuxièmement, les jeunes actifs sont prêts à occuper des postes à responsabilités, y compris lorsque cela implique une charge de travail plus importante (78%), mais ils comptent bien en renouveler la forme. D’après l’étude menée par OpinionWay et l’ANDRH, ces derniers attendent : un accompagnement adapté à la prise de responsabilités avec des formations ou du mentorat (91 %) ; une reconnaissance claire du rôle et des efforts accomplis au-delà de la rémunération (90 %) ; une charge de travail compatible avec la santé et le bien-être (89 %) ; et un équilibre respecté entre vie professionnelle et vie personnelle (89 %).

Ils ont également une vision bien précise de ce qu’ils seraient en tant que leader. À leurs yeux, le bon dirigeant reste celui ou celle qui performe (44 %) en assurant la pérennité économique de l’entreprise ; qui est suffisamment charismatique pour inspirer et fédérer (42 %) ; et enfin qui est engagé (42 %) en portant des valeurs fortes et en agissant de manière responsable sur le plan sociétal et environnemental. « La légitimité d’un manager n’est pas automatique. Il doit être reconnu pour ses compétences, notamment en matière de leadership, par ses équipes », précise le DRH de Dior et vice-président de l’ANDRH.

Quant aux prises de décisions, les jeunes actifs penchent pour le mode consultatif (39 %) et collaboratif (38 %). « Les jeunes collaborateurs ne sont pas contre l’autorité, ils sont contre l’autoritarisme. Le « je décide, tu exécutes » est inenvisageable pour eux aujourd’hui », insiste Hubert Cotté, directeur chez Workday.

Plus de sincérité que leurs aînés

S’il est encore trop tôt pour savoir si cette nouvelle génération d’actifs incarnera les idéaux qu’elle défend, elle semble « plus sincère dans ses démarches que ses aînés, atteste le dirigeant Hubert Cotté. Les jeunes sont prêts à faire des compromis au travail, mais pas des compromissions. Il existe des lignes à ne pas franchir, sinon ils partent immédiatement vers une autre entreprise où ils pourront être eux-mêmes. »

« Ils sont parfois plus courageux que nous l’étions, complète la dirigeante de l’ISG. Ils osent dire, par exemple, que c’est à chacun de se responsabiliser en refusant le surinvestissement imposé dans la sphère professionnelle. Ils disent à leur manager qu’ils tiennent à préserver du temps pour leur vie privée. » Les jeunes actifs ont en effet rééquilibré leurs droits et leurs devoirs liés au contrat de travail, d’après nos experts : « Avant il fallait performer pour bénéficier de ses droits. Désormais, les jeunes s’en tiennent à leur fiche de poste dès le départ. Ils ne veulent pas de dette avec l’entreprise, ni dans un sens, ni dans l’autre. »

Pour conclure, la Gen Z « ne rejette pas en bloc la vision managériale d’antan, mais la réinvente, notamment depuis le Covid-19. Les modèles managériaux sont toujours instables depuis cette période. Les jeunes collaborateurs apportent de l’humanisme et de la maturité dans les entreprises. C’est challengeant ! Cette dynamique amène les organisations à repenser leur culture ainsi qu’à transformer les nouvelles attentes professionnelles en actions concrètes bénéfiques pour l’ensemble de l’organisation », termine Sophie Sureau.

*Le sondage d’OpinionWay pour l’ANDRH, publié mardi 30 septembre, repose sur un échantillon national représentatif de 1 002 actifs en entreprise de 50 salariés ou plus, de moins de 30 ans, de formation au moins Bac +5. Les interviews ont été réalisées du 5 au 23 mai 2025 par questionnaire auto-administré en ligne.

1 commentaire

  1. Fan2

    Bravo à la Gen Z qui assume ses devoirs tant dans la sphère professionnelle que la sphère privée !
    Cela donne confiance en l’humanité et l’envie de performer.

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