Management

Ce que mon enfant m’a appris sur le management : 3 leçons inattendues de leadership

Cet article est issu du dossier "Chroniques d'experts"

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Après avoir exploré les parallèles entre parentalité et leadership autour de l’exemplarité, de la sécurité psychologique et du feedback positif, je poursuis cette réflexion avec trois nouvelles clés. Être attentif aux progrès, susciter l’envie plutôt que la contrainte, et offrir une vraie qualité de présence : autant d’attitudes que j’expérimente chaque jour avec mon enfant… et qui transforment aussi ma façon de manager.

Être attentif aux progrès et les célébrer

En devenant parent, j’ai découvert à quel point chaque petite avancée était précieuse. Le premier sourire, le premier babillage, la première fois que Bébé fait ses nuits, la première fois qu’il saisit un objet, etc. Autant de moments où j’ai pris le temps de m’émerveiller et de célébrer chaque progrès avec mon épouse et lui.

En management, nous avons tendance à nous focaliser sur ce qu’il reste à accomplir plutôt que sur ce qui a déjà été accompli et réussi. Résultat ? Les équipes peuvent ressentir de la frustration, un sentiment de stagnation, et un manque de reconnaissance.

Un bon leader sait mettre en lumière les avancées, même modestes. Il rappelle d’où l’équipe partait et ce qu’elle a déjà surmonté. Il célèbre non seulement les grandes victoires, mais aussi les petits succès qui jalonnent le quotidien. Car un collaborateur qui voit que son travail est reconnu a plus de chances de rester motivé et engagé.

C’étaient d’ailleurs les conclusions de l’économiste Elton Mayo en 1924, qui mena une série d’études dans l’usine de la Western Electric, à Hawthorne, en Californie. Il souhaitait déterminer les facteurs de performance des ouvriers. Mais après avoir fait varier des dizaines de facteurs à la hausse ou à la baisse, il comprit que le simple fait d’accorder une attention particulière à un groupe de personnes augmente son efficacité au travail. Pendant ses tests, les ouvriers se sentaient pris en considération. Ils avaient le sentiment de participer activement à un projet de groupe au lieu de subir passivement leurs heures de travail… et ça les motivait !

Vous voulez des collaborateurs efficaces ? Ayez de la considération pour eux. C’est l’effet Hawthorne.

Et pour montrer de la considération, vous l’avez compris, rien de mieux que de célébrer les victoires du quotidien.

De l’inspiration plutôt que de l’injonction

Il y a une chose fascinante avec les enfants : ils font bien plus ce qui les attire que ce qu’on leur impose. On ne force pas un enfant à marcher. On lui donne envie de le faire, en lui montrant l’exemple au quotidien. J’ai envie que mon enfant aime le sport, soit généreux, et valorise le travail, car je pense que ce serait bon pour lui. Alors plutôt que de lui ordonner de faire du sport, de partager ses affaires, et de faire ses devoirs, j’essaie, dans la mesure du possible, de lui partager les sentiments positifs que je ressens dans ces domaines. Ce que j’ai apprécié dans ma journée de travail, la vive émotion que j’ai ressentie lors de mon dernier ultra-trail, ou encore la joie que j’ai éprouvée lorsque j’ai partagé quelque chose avec quelqu’un. Mon objectif n’est pas d’obliger de faire à reculons, mais de susciter chez lui l’envie de faire.

En entreprise, c’est exactement la même chose. Un leader efficace ne se contente pas de fixer des objectifs et de donner des consignes : il suscite l’envie. Pour cela, il donne du sens, il explique pourquoi une tâche est importante, il relie le travail de chacun à une vision plus grande et fait circuler une énergie collective positive.

On dit souvent qu’on ne motive pas quelqu’un, mais qu’on crée simplement les conditions pour que sa propre motivation se déclenche. Avec mon enfant, j’ai appris que l’enthousiasme est contagieux. Avec mon équipe, j’ai compris que le leadership, c’est moins de commander et contrôler, et plus d’inspirer.

Offrir du temps de qualité à ses équipes

Avec mon enfant, j’ai vite compris qu’être présent physiquement ne suffit pas. Et je dirais même plus : la quantité de cette présence importe peu. Ce qui compte, c’est la qualité de cette présence. Être là, mais l’esprit ailleurs, téléphone à la main, ça ne trompe personne. Et surtout pas un bébé, qui ressent tout. Les moments de vraie connexion – un regard, un jeu partagé, un sourire, un biberon, une attention entière – sont rares et précieux. Ce sont eux qui construisent la relation.

C’est exactement la même chose dans nos équipes. On peut passer des heures au bureau sans jamais vraiment se connecter à ses collaborateurs. Enchaîner les points d’équipes en faisant ses e-mails. À l’inverse, dix minutes d’écoute sincère, d’échange sans distraction, d’attention dédiée, peuvent renforcer la confiance et le sentiment d’appartenance bien plus qu’une réunion de deux heures en mode multitâche.

Un bon leader, c’est quelqu’un qui sait créer ces moments de qualité. Qui s’intéresse vraiment, sans être intéressé. Qui prend le temps d’un café pour prendre des nouvelles. Qui écoute sans interrompre. Qui accorde une vraie présence. Dans un monde saturé de notifications, de deadlines et de réunions à rallonge, donner du temps de qualité est une forme rare – et précieuse – de leadership.

C’est d’ailleurs en suivant cette approche “Qualité plutôt que Quantité” que, chez Fasterclass, nous pouvons travailler tous en 100% télétravail. Nous nous réunissons tous les mois pour de vrais moments d’équipe, dans un endroit hors les murs, hors de nos routines, pour quelques jours de qualité.

Leadership et parentalité : un socle commun

Traiter nos équipes avec la même attention, la même bienveillance et la même exigence que nos enfants, ce n’est pas les infantiliser. C’est simplement leur montrer qu’ils comptent en tant qu’êtres humains.

Un leadership fort repose sur ce socle inébranlable : prendre soin des autres, inspirer, guider et faire grandir. Parce qu’un leader n’est pas qu’un chef, c’est un repère, un modèle, un point d’ancrage. Et parfois, un parent redécouvrant les fondamentaux du leadership à travers les yeux d’un enfant.

1 commentaire

  1. Adam

    Bonjour,

    Je souhaitais vous faire part de mon appréciation pour votre blog. Chaque article est une source d’inspiration et de valeur ajoutée pour vos lecteurs.

    J’aimerais aussi saisir cette occasion pour proposer une collaboration. Cela vous plairait-il d’accueillir un article invité de ma part ? Si c’est envisageable, pourriez-vous me préciser les modalités et éventuelles consignes à suivre ?

    Dans l’attente de votre retour, et encore bravo pour votre travail !

    Mes salutations les plus sincères,

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